Le conflit entre la ministre de l'Habitat Célestine Ketcha Courtes et la Mairie de Yaoundé sur le chantier de la route Madagascar-Cité Verte vient de prendre une nouvelle dimension. Cathy Meba, nièce de Paul Biya et Conseillère régionale dans la région du Sud, est sortie du silence — et son intervention ne laisse aucun doute sur le camp qu'elle choisit.
« Si c'est pas de la sorcellerie, je ne sais pas ce que c'est »
Dans une prise de parole publique, Cathy Meba n'a pas ménagé la Mairie de Yaoundé. Commentant l'ordre de service du 17 mars 2026 qui prolonge de deux mois le délai de livraison d'une route que le Pape Léon XIV doit emprunter dans quinze jours, la conseillère régionale sort une formule qui dit tout : « Ordre de service de prolongation des délais 2 mois, sur une route que le pape doit emprunter dans 15 jours. Si c'est pas la sorcellerie, je ne sais pas ce que c'est. »
Cathy Meba s'en prend ensuite directement à la décision de la Communauté Urbaine de Yaoundé d'interpeller et de placer en garde à vue les ouvriers de l'entreprise mandatée en urgence par la ministre pour sauver le chantier : « Une entreprise accepte sans être payée de sauver les meubles et l'image du Cameroun. Vous enfermez les employés dans la cellule de la Communauté Urbaine. »
La nièce du chef de l'État conclut par une formule qui sonnera durement dans les oreilles du maire Luc Messi Atangana : « Moi je pense que Mme le MINDUH vous a même raté hein. » Sous-entendu : si la ministre avait voulu aller au bout de son intervention, les conséquences auraient pu être bien plus lourdes pour la Mairie.
La prise de position de Cathy Meba n'est pas anodine. En tant que nièce du président de la République, sa parole publique dans ce dossier constitue un signal politique difficile à ignorer pour les protagonistes du conflit. Elle place clairement la Mairie de Yaoundé du côté de ceux qui compromettent l'image du Cameroun à quelques semaines d'une visite pontificale qui constitue l'un des temps forts diplomatiques du régime en cette période post-électorale tendue.
L'affaire est désormais au-dessus des simples querelles de compétences institutionnelles. Elle touche à l'honneur national — et à la question de savoir qui, en dernière instance, portera la responsabilité si le tronçon emprunté par le Pape n'est pas prêt le jour J.









