Actualités of Friday, 20 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Jeune Afrique révèle pourquoi Paul Biya a toujours refusé de remplacer ses vieux compagnons

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Pendant des décennies, Paul Biya a maintenu autour de lui une garde rapprochée de compagnons vieillissants que rien ne semblait pouvoir déloger — ni l'âge, ni la maladie, ni les appels répétés au renouvellement. Le double remplacement le 17 mars 2026 de Cavaye Yeguie Djibril et de Marcel Niat Njifenji rompt avec cette logique. Dans une analyse exclusive publiée ce 20 mars, Jeune Afrique explique pourquoi cette rupture est aussi exceptionnelle qu'elle est tardive — et ce qu'elle dit sur l'état d'un système en fin de cycle.


Jeune Afrique formule avec une clarté remarquable le principe qui a régi les départs sous Biya : « le chef de l'État n'a pas pour habitude de permettre à ses compagnons de route de quitter leurs fonctions autrement que contraints et forcés ». Une règle qui explique des décennies de maintien en poste d'hommes dont les capacités physiques et mentales déclinaient visiblement — Cavaye avec ses « inquiétants signes de faiblesse » lors de la présidentielle d'octobre 2025, Niat avec ses absences répétées au point de se faire remplacer à sa propre cérémonie des vœux début 2026.

Pourquoi cette inertie ? Jeune Afrique n'écrit pas la réponse explicitement, mais elle la dessine : les vieux compagnons sont des dépositaires de secrets, des garants d'équilibres, des boucliers contre les ambitions adverses. Les remplacer, c'est ouvrir des brèches dans une architecture de fidélités construite sur des décennies.

Niat voulait partir — Biya avait refusé
Jeune Afrique révèle un fait peu connu : Marcel Niat Njifenji avait lui-même laissé entendre qu'une mise à la retraite lui conviendrait. Paul Biya — de « deux ans son aîné » à 93 ans — n'avait jamais donné de suite favorable. Une résistance qui dit quelque chose de profond sur la psychologie du chef de l'État : laisser partir un compagnon de cet âge, c'est se confronter à l'idée que le temps passe pour tout le monde — y compris pour lui.



Jeune Afrique note que les remplacements étaient devenus inévitables au regard de l'état de santé des deux présidents sortants. Mais le magazine ouvre la porte à une lecture plus politique : la recomposition n'a pas seulement répondu à une nécessité médicale — elle a aussi, visiblement, servi les intérêts du clan Nanga de Chantal Biya, qui a placé ses pions à l'Assemblée avec Datouo et au Sénat avec Aboubakary Abdoulaye.

La vraie question, que Jeune Afrique pose en conclusion sans y répondre : « Paul Biya a-t-il enfin entendu les appels au renouvellement ? » Ou a-t-il simplement permis à une force extérieure à lui — la famille, le clan, la maladie — de faire ce qu'il refusait de faire depuis des années ? « Les remplacements de Niat et de Cavaye annoncent peut-être une nouvelle ère », conclut le magazine. Peut-être.