Pas de trêve pour les accusés (dont certains pourraient faire la prison à vie) dans l’affaire de l’assassinat de Martinez Zogo, ce journaliste considéré comme quelqu’un qui savait beaucoup de choses des magouilles financières des grandes autorités du pays. Le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, fait pression sur la justice, à en croire le lanceur d’alerte Boris Bertolt qui explique tout.
L’affaire Martinez Zogo n’a pas fini de surprendre depuis bientôt trois ans. Entre une ordonnance du juge Sikati non exécutée ; un arrêt subit de l’instruction du magistrat militaire Ndzie au moment où d’autres pistes s’ouvraient ; des affectations disciplinaires de magistrats ayant travaillé sur le dossier, l’affaire est loin d’avoir révélé toutes ses surprises. Et en voici une autre.
À la suite d’une rumeur savamment répandue, faisant état d’une libération très prochaine d’Amougou Belinga par la cour d’appel du Centre, le secrétaire général de la présidence de la République, dont le nom est revenu à de nombreuses reprises dans l’affaire depuis l’arrestation de son ami, Martin Savom, a de nouveau fait parler de lui.
En effet, dans une correspondance datée du 2 décembre 2025, Ferdinand Ngoh Ngoh écrit au ministre de la Justice, Laurent Esso.
Il lui a dit : « J’ai l’honneur de vous répercuter les très hautes instructions du chef de l’État vous prescrivant, en ce qui vous concerne, de veiller à ce que le tribunal militaire vide sa saisine au fond, sans aucune mise en liberté provisoire et dans le strict respect des règles de la procédure ».
Le hic dans cette correspondance est qu’elle vient trahir aux yeux du public, un cas flagrant d’empiètement de l’exécutif sur le pouvoir judiciaire prévu et réprimé par le code pénal en son article 126 qui stipule que : « Est puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans, le représentant de l’autorité exécutive qui intime des ordres ou défenses à des cours et tribunaux ».
Pour faire court, Ngoh Ngoh alias l’homme à la punk veut piéger le ministre Laurent Esso en lui demandant de se rendre coupable d’empiètement sur le pouvoir judiciaire en ordonnant à la cour d’appel du Centre de rejeter la demande de mise en liberté provisoire de Jean-Pierre Amougou Belinga et autres. Car, ils sont nombreux dans le dossier à avoir demandé une mise en liberté provisoire.









