Il y a huit ans, dans la chaleur de Libreville, un jeune gardien camerounais soulevait la Coupe d'Afrique des Nations et lançait une phrase qui résonnerait longtemps dans les mémoires : « On nous a traités d'enfants, mais nous sommes les champions d'Afrique. » Ce gardien, c'était Fabrice Ondoa. Et depuis ce soir de janvier 2017, plus aucun portier camerounais n'a tenu le même trophée entre les mains.
Au coup d'envoi de la CAN 2017 au Gabon, Fabrice Ondoa n'était pas l'homme dont tout le monde parlait. Formé à la Fundesport, le jeune gardien s'imposait pourtant match après match comme le titulaire incontestable dans les buts des Lions Indomptables, empilant les arrêts décisifs dans une compétition où le Cameroun, souvent relégué au rang d'outsider, allait créer la sensation.
Le soir de la finale contre l'Égypte, Ondoa fut au rendez-vous. Sang-froid, maîtrise, autorité dans sa surface — il sécurisa la victoire 2-1 qui offrit au Cameroun sa 5ème étoile continentale. Ce soir-là à Libreville, une génération entière de supporters retint son nom.
Depuis ce sacre, les Lions Indomptables n'ont plus remporté la Coupe d'Afrique des Nations. Ni en 2019 en Égypte, ni en 2021 au Cameroun même — pourtant pays organisateur et grandissime favori —, ni en 2023 en Côte d'Ivoire. Fabrice Ondoa demeure ainsi, à ce jour, le dernier gardien camerounais champion d'Afrique — un titre dans le titre, qui grandit avec chaque édition manquée.
Un record qui n'en est pas un dont on se vante, mais qui dit quelque chose d'important : ce que ce gardien a accompli en 2017, dans l'ombre et sans le statut de star, reste à ce jour inégalé par tous ses successeurs.
C'est dans cet esprit que Kamerfoot Officiel lance sa nouvelle rubrique « Mémoire des Lions » — un espace dédié à la préservation de l'histoire du football camerounais, celle des hommes qui ont porté les couleurs nationales avec panache, souvent sans le retentissement qu'ils méritaient. Fabrice Ondoa en est la première figure. D'autres suivront.
« On nous a traités d'enfants, mais nous sommes les champions d'Afrique. » Huit ans après, la phrase tient toujours debout.









