Samuel Eto’o est né un 10 mars. À l’occasion de son 45ème anniversaire, un cadeau lui a été offert. On peut l’appeler « cadeau empoisonné », à entendre plus au sens figuré qu’au propre puisqu'il sert en même temps que dessert le bénéficiaire. Il vient de Jean Ediegnie qui se justifie.
Mes chers compatriotes, aujourd’hui 10 mars, une date particulière dans l’histoire du football camerounais. C’est en effet l’anniversaire de Samuel Eto'o, l’un des plus grands footballeurs que le Cameroun et l’Afrique aient connus.
Depuis minuit, les messages affluent déjà de partout : fans, supporters, personnalités publiques, acteurs du football. Le directeur adjoint du cabinet civil de la présidence, Oswald Baboke, lui a d’ailleurs déjà adressé ses félicitations.
Tout au long de la journée, beaucoup continueront donc de lui dire joyeux anniversaire président. Longue vie à la légende. Merci pour tout ce que vous avez fait pour le Cameroun. Et ils auront raison, car sur les terrains de football, Samuel Eto’o restera toujours une légende. Mais pour ma part, je ne lui offrirai pas un cadeau d’anniversaire classique.
Je préfère lui offrir quelque chose de plus utile. Quelques réflexions sincères pour l’aider à réussir pleinement sa mission à la tête de la Fédération camerounaise de football. Car aujourd’hui, Samuel Eto’o n’est plus seulement un ancien footballeur. Il est aussi le dirigeant du football camerounais et sa mission est immense : redonner au football camerounais toute sa grandeur.
Nous sommes désormais dans la cinquième année de sa gouvernance. Les soutiens pensent qu’il a beaucoup fait. Les détracteurs estiment que les résultats tardent encore à se voir. La vérité, comme souvent, se situe probablement entre les deux. C’est donc sans polémique, mais avec amour pour notre football, que je me permets de rappeler dix petites choses que Samuel Eto’o pourrait améliorer pour redonner au football camerounais toute sa grandeur.
Réconcilier durablement tous les acteurs du football camerounais. Le football camerounais a longtemps été fragilisé par des tensions : conflits institutionnels, rivalités entre dirigeants, querelles entre différentes structures du football. Un projet sportif national ne peut réussir que dans un climat apaisé et rassembleur.
Stabiliser l’organisation du championnat professionnel. La disparition de la Ligue de football professionnel et la mise en place du Comité transitoire du football professionnel montrent une réalité : notre championnat cherche encore sa stabilité institutionnelle. Or un championnat solide repose toujours sur une organisation claire et durable.
Sécuriser les finances des clubs. Aujourd’hui encore, plusieurs clubs fonctionnent avec : des budgets très limités, des salaires irréguliers, des infrastructures précaires. Un championnat solide commence toujours par des clubs financièrement stables.
Rendre le football camerounais attractif pour les investisseurs. Beaucoup d’hommes d’affaires hésitent aujourd’hui à investir dans le football local. Pourquoi ? Parce que l’environnement économique du championnat reste incertain et risqué. Sans investisseurs privés, il devient difficile de construire un football durable.
Améliorer les conditions de travail des arbitres. L’arbitrage est l’un des piliers d’un championnat crédible. Pourtant, certains arbitres se plaignent encore : d’indemnités tardives, d’un manque d’encadrement, de désignations parfois contestées. Un championnat respectable doit garantir un arbitrage respecté et protégé.
Valoriser davantage les joueurs du championnat local. Le Cameroun possède énormément de talents. Mais beaucoup de joueurs locaux restent : peu médiatisés, peu visibles à l’international, peu valorisés économiquement. Un championnat doit devenir une véritable vitrine pour ses joueurs.
Construire un véritable modèle économique pour le football camerounais. Dans les grandes nations de football, les revenus viennent de droits TV, sponsors, marketing sportif, partenariats internationaux. Au Cameroun, ces leviers restent encore largement sous-exploités.
Investir davantage dans la formation des jeunes. L’avenir du football camerounais se prépare dans : les académies, les centres de formation, les compétitions de jeunes. C’est là que naissent les futurs Lions Indomptables.
Moderniser la communication du football camerounais. Aujourd’hui, le football se vit aussi sur les réseaux sociaux, les plateformes digitales, les médias internationaux. Un championnat invisible devient rapidement un championnat marginal.
Penser à l’héritage. Dans quelques années, la question sera simple : qu’aura réellement laissé le passage de Samuel Eto’o à la tête du football camerounais ? Les grandes figures du sport deviennent légendaires non seulement par leurs exploits… Mais surtout par les institutions qu’elles construisent.
Samuel Eto’o a déjà marqué l’histoire du football africain par ses buts et ses trophées. Aujourd’hui, il a l’occasion d’écrire une autre page de l’histoire : celle d’un bâtisseur du football camerounais. Alors en ce 10 mars, joyeux anniversaire président et que cette nouvelle année vous rapproche encore davantage de votre mission.









