Le pillage d'or est dénoncé dans le pays. C'est un scandale qui est en train d'être divulgué depuis des semaines maintenant. Ferdinand Ngoh Ngoh serait en train de se moquer des Camerounais, lance Paul Chouta qui se montre direct dans une de ses nombreuses sorties à ce sujet, dans laquelle il évoque Indira Baboke, son père et d'autres visages connus de la République.
Alors que ses amis et certaines pontes du régime bien identifiés exploitent voracement et boulimiquement l'or du Cameroun, Ferdinand Ngoh Ngoh pont une note confidentielle pour distraire l'opinion. Cette note confidentielle qui ordonne au patron de la gendarmerie d'enquêter sur le trafic d'or n'est que de la poudre aux yeux. L'histoire du Cameroun est pavée de "commissions d'enquête" dont les rapports finissent dans les tiroirs oubliés de la bureaucratie. Ce document pose une question fondamentale : peut-on être à la fois juge et partie ?
Les chiffres qui s'évadent du sous-sol camerounais donnent le tournis. Entre 15 tonnes de métal précieux "évaporées" et des complicités au cœur du premier cercle du pouvoir, le Cameroun ne saigne pas : il est dépecé. Les auteurs de ce pillage sont connus : il s'agit d'Oswald Baboke et de sa fille Indira Baboke, du député Bonivan, neveu de Paul Biya, de Brenda Biya qui dispose de cinq permis d'exploitation, des amis de Ferdinand Ngoh Ngoh himself, etc.
Le document signé par Ferdinand Ngoh Ngoh en février 2026 n'est pas arrivé par hasard. Il fait suite à un constat d'échec monumental révélé par les rapports de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie).
Le contraste est abyssal. Sur une quinzaine de tonnes d'or sortie du pays, à peine quelques centaines de kilogrammes ont été déclarés. Plus de 15 tonnes par an, selon les registres douaniers internationaux, sortent du Cameroun pour les Émirats arabes unis où Indira Baboke s'est installée pour mieux écouler le précieux minerai. Le manque à gagner : l'État camerounais perd chaque année environ 165 milliards de francs CFA en taxes non perçues. La valeur marchande de l'or sorti illégalement est estimée à près de 900 milliards de francs.
Imaginez ce que 165 milliards de francs CFA pourraient financer : des dizaines d'hôpitaux de référence, des milliers de kilomètres de routes bitumées, ou l'électrification totale des zones rurales de l'Est qui sont aujourd'hui sacrifiées sur l'autel du profit privé. Ce document signé de Ferdinand Ngoh Ngoh c'est du n'importe quoi car nous sommes dans un Système de Prédation « En Famille ».
Pourquoi une telle impunité ? La réponse semble se trouver dans l'arbre généalogique et politique des acteurs cités par les observateurs et la société civile. L'implication de figures telles que Oswald Baboke, le puissant directeur adjoint du cabinet civil, de sa fille la chanteuse Indira, ou encore du neveu du chef de l'État, en passant par Brenda Biya ou encore des amis israéliens de Ferdinand Ngoh Ngoh, dessine les contours d'une aristocratie minière qui se croit au-dessus des lois.
Le député Bonivan, Oswald Baboke et d'autres "pontes" du régime complètent ce tableau. Ce ne sont pas de simples orpailleurs ; ce sont les architectes d'un système où l'influence politique sert de sauf-conduit pour acheminer des lingots vers les comptoirs de Dubaï.
La note de la présidence prescrit une commission "mixte" et "de toute urgence". Mais au Cameroun, le scepticisme est de mise. Comment une commission peut-elle enquêter sur des personnalités qui tiennent les cordons de la bourse et de la sécurité ?
On craint que cette enquête ne serve qu'à sacrifier quelques lampistes — des petits exploitants chinois ou des collecteurs locaux — pour protéger les véritables parrains du trafic.
L'or du Cameroun ne sert plus à construire le pays, il sert à entretenir des styles de vie princiers et à financer les futures batailles de succession à Etoudi. Le pillage de l'or est le symptôme d'un mal plus profond : la privatisation de l'État. Tant que les "Hautes Instructions" ne se traduiront pas par des mandats de dépôt contre les membres du "premier cercle", le Cameroun continuera de regarder ses richesses s'envoler, laissant derrière lui des cratères béants dans l'Est et une dette grandissante pour le reste du pays.









