Il supervise l'élaboration du projet de réforme constitutionnelle. Et selon les révélations exclusives de Jeune Afrique publiées ce 10 mars 2026, il pourrait en être le principal bénéficiaire. Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence de la République, serait le favori désigné pour occuper le poste de vice-président si Paul Biya décide finalement de créer cette fonction — une position aujourd'hui absente de l'architecture institutionnelle camerounaise depuis la disparition de l'État fédéral en 1972.
La situation est pour le moins singulière. Selon Jeune Afrique, c'est Ferdinand Ngoh Ngoh lui-même qui a supervisé l'élaboration de la mouture finale du projet de réforme constitutionnelle actuellement entre les mains de Paul Biya. Un projet dont l'une des mesures phares serait précisément la création d'un poste de vice-président — poste pour lequel son nom revient en premier dans toutes les discussions rapportées par le magazine panafricain.
En d'autres termes : l'homme pressenti pour être nommé a lui-même participé à la rédaction du texte qui rendrait cette nomination possible. Une configuration qui, dans les chancelleries, s'appelle un conflit d'intérêts — et qui, à Yaoundé, s'appelle de la politique.
À la tête du secrétariat général de la présidence depuis 2011, Ngoh Ngoh est aujourd'hui l'un des hommes les plus puissants du système Biya. Proche parmi les proches du chef de l'État, coordinateur des dossiers sensibles, interlocuteur incontournable pour quiconque veut accéder à Etoudi — sa position lui confère une influence réelle sur la gestion quotidienne du pouvoir. Ce qui en fait, sur le papier, un candidat naturel à une vice-présidence conçue pour stabiliser la transition.
Mais Jeune Afrique rapporte également que dans le camp du pouvoir lui-même, « chacun a son candidat et a un intérêt à essayer de forcer la main du président ». L'ascension de Ngoh Ngoh à ce poste ne ferait pas que des heureux — loin de là.
La promotion de Ngoh Ngoh n'est pas la seule piste. Jeune Afrique signale qu'une seconde hypothèse crédible circule dans les couloirs du pouvoir : celle de la nomination d'un anglophone à la vice-présidence, dans le contexte de la crise qui endeuille les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2016. Une option qui rejoindrait la logique historique du poste — les vice-présidents Foncha et Muna étaient tous deux des figures du monde anglophone dans la République fédérale des années 1960.
Nommer un anglophone serait un geste fort de réconciliation nationale. Nommer Ngoh Ngoh serait un geste fort de continuité du système. Paul Biya, seul arbitre, n'a encore rien tranchée.









