Actualités of Tuesday, 10 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Exclusif : Paul Biya sans pitié, un diplomate camerounais limogé pour avoir qualifié l'attaque contre l'Iran d' illégitime

Image illustrative Image illustrative

Le monde feutré de la diplomatie camerounaise est secoué par une affaire aux résonances géopolitiques. Simon Pierre Omgba Mbida, chef d'antenne protocolaire et consulaire du Ministère des Relations Extérieures (MINREX) à Douala, a été relevé de ses fonctions par le ministre Lejeune Mbella Mbella. Son tort : s'être exprimé publiquement sur la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran — sans y avoir été autorisé par sa hiérarchie.


C'est sur les antennes de Canal 2 que Simon Pierre Omgba Mbida a scellé son sort. Dans une déclaration qui a visiblement irrité le sommet du MINREX, le diplomate avait qualifié l'attaque israélo-américaine contre l'Iran d'illégitime, accusant les États-Unis de bafouer le droit international et les institutions internationales au profit de leurs seuls intérêts nationaux. Des propos qui, sur le fond, reflètent une analyse partagée par de nombreux juristes et observateurs internationaux — mais qui, pour un diplomate en exercice, ne peuvent être exprimés publiquement sans l'aval express de la tutelle.
En diplomatie, la règle est absolue : un fonctionnaire du corps diplomatique ne parle pas au nom de sa propre opinion. Il parle — ou se tait — au nom de la position officielle de son État.


Le limogeage a été suivi d'effet immédiat. Ce mardi 10 mars 2026, le Gouverneur de la Région du Littoral, Samuel D. Diboua, a procédé à l'installation de Madame Dangezana épouse Essimi, ministre plénipotentiaire, en qualité de chef par intérim de l'antenne protocolaire et consulaire du MINREX à Douala — comme en atteste un message-porte officiel cosigné et daté du 9 mars 2026.
La cérémonie s'est tenue ce matin à 11h30 en salle des conférences des services du Gouverneur, en présence de l'ensemble du corps diplomatique et consulaire du Littoral, convoqué en urgence.

Une affaire qui interroge les limites de la liberté d'expression diplomatique
Au-delà du cas personnel d'Omgba Mbida, cette affaire pose une question de fond : jusqu'où un diplomate camerounais peut-il s'exprimer librement sur des crises internationales, notamment dans un contexte où la guerre au Moyen-Orient divise profondément la communauté internationale et met en jeu des alliances stratégiques auxquelles le Cameroun n'est pas indifférent ?

En choisissant de sanctionner immédiatement et sans ambiguïté, le MINREX envoie un signal clair à l'ensemble de son corps : sur les questions géopolitiques sensibles, le silence vaut mieux que l'opinion personnelle, aussi fondée soit-elle.