À Ebolowa, le Conseil Régional du Sud fonctionne actuellement en mode de survie administrative. Selon la correspondance officielle du Gouverneur Félix Nguele Nguele, datée du 4 mars 2026, l'institution est prise en étau entre les irrégularités financières de la précédente mandature et un blocage budgétaire qui paralyse sa capacité à fonctionner normalement. Une situation d'une gravité telle que le Gouverneur a dû prendre une mesure d'exception pour éviter l'arrêt total de l'institution.
Premier volet du blocage : le collectif budgétaire de l'exercice 2025, pourtant adopté par l'organe délibérant du Conseil Régional en septembre 2025, n'a jamais été transmis pour approbation au Gouverneur. Résultat : l'exercice 2025 se déroule — ou s'est déroulé — sans que la tutelle n'ait pu valider la répartition des dépenses et des recettes. Un flou administratif total sur la régularité et l'équilibre financier d'une année entière.
La situation prend une dimension encore plus alarmante à l'approche de la session consacrée à l'adoption du compte administratif 2025 : comment adopter un compte de fin d'exercice quand le budget modificatif de l'année concernée n'a jamais été approuvé par l'autorité de tutelle ?
Second volet — et non des moindres : le budget de l'exercice 2026 n'a toujours pas été voté par l'organe délibérant. Dans ce vide budgétaire, le Gouverneur a indiqué avoir été contraint, « conformément aux textes en vigueur », de signer l'acte autorisant le fonctionnement du Conseil Régional par douzième provisoire — un mécanisme d'urgence qui permet à une institution de survivre sur la base du douzième mensuel de son budget précédent, en l'absence de budget approuvé.
Un fonctionnement au ralenti, fragile, et qui ne peut être que temporaire.
Ce double blocage — budgétaire et institutionnel — intervient dans un contexte particulier : celui de l'élection récente d'un nouveau Président du Conseil Régional. Le Gouverneur souligne lui-même que « le changement intervenu à la tête de l'exécutif régional impose désormais une clarification complète de la situation financière héritée de la précédente mandature, ainsi qu'un rétablissement rigoureux de la régularité budgétaire ».
En d'autres termes : le nouveau président hérite d'une maison en désordre, avec des comptes non approuvés, un budget d'urgence et une dette bancaire occultée. Une situation que la tutelle veut maintenant remettre d'équerre — en faisant, si nécessaire, la lumière sur ce qui s'est passé avant.









