Il y a des sorties qui marquent, et pas pour les bonnes raisons. Lors d'un séminaire de formation organisé à l'intention des journalistes camerounais, Samuel Eto'o, président de la FECAFOOT, a choisi d'ouvrir les hostilités plutôt que les débats. Debout face à une salle de professionnels de la presse, l'ancien Lion Indomptable a laissé entendre que les échanges avec la presse camerounaise se résument à des « débats de bars » qui ne l'élèvent pas et ne le mettent pas « à son vrai niveau » — préférant, dit-il, s'exprimer à l'étranger pour être mieux compris. Des propos qui ont provoqué la stupéfaction et l'indignation du journaliste et analyste médias Alain Denis Ikoul, qui signe une tribune cinglante pour rappeler à l'enfant de Ngambè quelques vérités fondamentales : c'est cette même presse camerounaise qu'il méprise aujourd'hui qui l'a porté jusqu'au sommet — et un président de fédération, aussi légendaire soit-il sur un terrain de football, n'a ni la légitimité ni le droit de donner des leçons de journalisme aux journalistes.
LE PRESIDENT DE LA FECAFOOT "INSU.LTE" LA PRESSE CAMEROUNAISE !!!
L’allocution du Président de la FECAFOOT ce matin à l’occasion du séminaire de formation des « journalistes » est totalement irrespectueuse, injurieuse, méprisante envers les journalistes camerounais, ceux-là qui l’ont pourtant porté jusqu’au sommet du monde.
Avec des airs totalement paternalistes, rébarbatifs et monarques, Samuel Eto’o se lève devant les journalistes en plein séminaire de formation et dit: «Beaucoup parmi vous ont estimé que je parle beaucoup plus à l'extérieur, mais parfois on a l'impression que c'est quand on parle à l'extérieur que le message passe. Quand on veut discuter au Cameroun, on nous amène dans des débats de bars qui ne nous honorent pas, qui ne nous élèvent pas, et qui ne me mettent pas à mon vrai niveau.»
Samuel Eto’o - une icône anhistorique ? bonjour l’ingratitude !
Ces propos d’une maladresse inouïe traduisent l’état d’esprit d’un dirigeant totalement dégingandé, et qui une fois au sommet, a oublié d’où il vient, ce qu’il est, et surtout où il va.
Il faut peut-être rappeler au President de la FECAFOOT qu’il est Bassa de Ngambè, qu’il est ancien international CAMEROUNAIS, qu’il est une légende du football camerounais, président de la fédération CAMEROUNAISE de Football. Il ne peut donc pas estimer que parler à la presse du pays dont il a la responsabilité de la plus grande fédération ne l’élève pas et ne le met pas à son niveau.
Dans ce cas, monsieur le président, lors de l’élection, il aurait fallu aller battre campagne en France, avec les français et pour conquérir la Fédération Française de football, car la FECAFOOT « ne vous élève pas, et n’est pas à votre niveau ». Vous ne pouvez pas narguer le peuple jusqu’à ce point. Comme le dit un proverbe de chez nous les Bantus: « On ne peut pas se nourrir de la viande du porc et mépriser le porc ».
Un manque de légitimité : Samuel n’a pas de leçons à donner aux journalistes
Un président de fédération donnant des leçons de journalisme aux journalistes, ce n’est qu’au Cameroun que cela est possible. On a bien envie de se demander ce que connait un footballeur en matière de journalisme pour savoir ce qui est pertinent ou impertinent dans un échange avec un journaliste.
Que sait monsieur Eto’o de la notion « d’impertinence journalistique ? ». S’il en savait quelque chose, il n’oserait pas parler de "débats de Bars". Monsieur le président, apprenez à rester à votre place.
Philippe Diallo, président de la fédération française de football, s’est fait récemment bousculer par Daniel Riolo dans une interview, avec des questions parfois totalement "lunaires", mais il s’est battu pour répondre sans jamais se plaindre de la l’impertinence des questions, car seul le journaliste sait ce qu’il recherche. Chez nous, Samuel veut diriger la fédération et enseigner le journalisme.
Samuel Eto’o explique également que parler à l’extérieur est une garantie d’une meilleure audibilité : ce qui est totalement faux, car le monde aujourd’hui est un village planétaire, avec les nouvelles technologies. Il suffit que l’interview de Samuel Eto’o se retrouve même sur la page Facebook de NTV de Bleriot Nyemeck, pour que tous les grands médias du monde viennent s’y abreuver.
Marshall Mc Luhan, grand théoricien des médias l’explique mieux avec sa formule « Message is médium ». L’exemple le plus parlant est la récente sortie de SEF sur Digital B de Bruno Bidjang, qui bat des records d’audiences. Digital B n’est pourtant pas en Europe.
Des journalistes totalement amorphes et apathiques : j’au eu honte !
Voir des journalistes regarder le President de la Federation tenir de tels propos, sans que personne ne le recadre, est la chose la plus choquante. Dans un environnement normal, tous les journalistes dans cette salle auraient dû se lever, sortir et abandonner Samuel dans la salle. Car ses propos de Samuel sont irrévérencieux et même irresponsables pour la fonction qu’il occupe actuellement.
Mais quand l’évènement est organisé par une demoiselle encore en difficulté dans son cursus secondaire, avec des DJ (Nahas) comme formateurs des journalistes (le monde à l’envers), on peut comprendre l’attitude du président de la fédération, qui en réalité n’est pas dupe. Samuel connaît les jeux médiatiques, et c’était aussi sa façon de passer un savon à son « bétail », un bétail qu’il a lui-même fabriqué.
Samuel Eto’o doit des excuses publiques à la presse camerounaise pour ces propos irrespectueux.
Alain Denis Ikoul | Un camerounais qui aime Samuel Eto’o









