Actualités of Friday, 27 February 2026

Source: www.camerounweb.com

Justice: lourde condamnation pour André Onana face à Fabrice Olinga

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Dans un dossier qui avait secoué le football camerounais depuis l'été 2025, la juridiction saisie a rendu son verdict : André Onana est jugé coupable et condamné à verser des dommages et intérêts à Fabrice Olinga. Un dénouement judiciaire aussi inattendu que retentissant.

Le football camerounais n'a pas fini de digérer ce verdict. Alors que tout semblait opposer les deux anciens coéquipiers sur le seul terrain de l'image et de la réputation, c'est finalement la justice qui a tranché — et son verdict surprend plus d'un observateur. Fabrice Olinga remporte le procès qui l'opposait à André Onana. Le gardien de Manchester United, qui avait porté plainte contre lui pour diffamation et abus de confiance, est finalement sorti perdant de cette bataille judiciaire. Il est condamné à verser des dommages et intérêts à celui qu'il avait attaqué en justice.

Tout avait commencé à l'été 2025 avec une publication fracassante de Fabrice Olinga sur les réseaux sociaux. Dans un message au ton violent et aux accents mystiques, l'attaquant camerounais avait accusé André Onana de "pratiques occultes" et de trahison, allant jusqu'à proférer des menaces explicites à l'endroit du gardien international. Les captures d'écran avaient envahi la toile en quelques heures, déclenchant une onde de choc dans tout le landerneau footballistique camerounais.

En réponse, André Onana avait saisi la Police Judiciaire de Yaoundé, faisant convoquer Olinga sur la base de deux chefs d'accusation : diffamation et abus de confiance. La scène semblait écrite d'avance : d'un côté, la mégastar établie au sommet du football européen ; de l'autre, un joueur dont la carrière n'avait jamais véritablement tenu les promesses d'un début fulgurant. Le rapport de force, au moins médiatiquement, paraissait sans appel.
La justice en a décidé autrement.


Sans que les détails complets du jugement n'aient encore été rendus publics, la décision rendue par la juridiction compétente est sans ambiguïté : André Onana est reconnu coupable dans ce dossier et condamné à réparer financièrement le préjudice subi par Fabrice Olinga. Ce retournement de situation judiciaire constitue une surprise majeure, tant l'opinion publique camerounaise avait largement pris fait et cause pour le portier de Manchester United, considéré comme la principale victime des diatribes publiées en pleine nuit sur les réseaux sociaux.

Ce verdict soulève inévitablement des questions. Qu'est-ce qui a convaincu la juridiction de se prononcer en faveur d'Olinga ? Quels éléments de fond ont pesé dans la balance ? Les attendus du jugement, une fois rendus publics, seront lus avec une attention particulière par les deux camps.

Cette affaire ne se résume pas à une simple querelle entre deux footballeurs. Elle cristallise des tensions bien plus anciennes et bien plus profondes au sein du football camerounais. Les deux hommes se connaissent depuis l'enfance : tous deux ont été formés à l'académie Fundersport, fondée par Samuel Eto'o — aujourd'hui président de la FECAFOOT. Si Fabrice Olinga est resté un proche indéfectible d'Eto'o, André Onana, lui, a progressivement pris ses distances avec le président fédéral, sur fond de désaccords autour de la gestion de la sélection nationale.

Un contexte qui, sans permettre aucune conclusion hâtive sur les motivations des uns et des autres, donne à ce verdict judiciaire une résonance qui dépasse largement le simple cadre d'un litige entre particuliers.

La condamnation d'André Onana à verser des dommages et intérêts à Fabrice Olinga clôt le volet judiciaire de cette affaire — du moins en première instance. Mais elle ne referme pas, loin s'en faut, le débat plus large qu'elle a ouvert : celui des divisions internes qui continuent de fragiliser les Lions Indomptables, de l'utilisation des réseaux sociaux comme arène de règlements de comptes, et du rôle que la FECAFOOT entend jouer — ou ne pas jouer — pour protéger l'image de ses joueurs et de sa sélection.

André Onana reste, sportivement, la figure la plus bankable du football camerounais. Mais ce verdict, aussi surprenant que symbolique, lui rappelle que la notoriété ne garantit pas l'immunité. Et que dans ce pays, les affaires de terrain ne se soldent pas toujours comme prévu.