Actualités of Thursday, 26 February 2026

Source: www.camerounweb.com

EXPLOSIF : les non-dits de l'affaire de drogue saisie à Douala

EXPLOSIF : les non-dits de l'affaire de drogue saisie à Douala EXPLOSIF : les non-dits de l'affaire de drogue saisie à Douala

Deux tonnes de stupéfiants incinérées en grande pompe, des ministres en rang d'honneur, des caméras braquées sur les sacs de cocaïne et de Tramadol : le gouvernement camerounais s'est offert, le 24 février dernier, une séquence sécuritaire aussi spectaculaire que médiatisée. Pourtant, à mesure que la fumée de l'incinération se dissipait, d'autres questions, bien plus embarrassantes, commençaient à monter. Qui est le propriétaire de cette cargaison évaluée à près de 50 milliards de FCFA ? Quelle compagnie aérienne l'a acheminée, et pourquoi aucune sanction ne lui a été infligée ? Pourquoi l'urgence d'incinérer sans transparence, avant même que le réseau soit démantelé ? Et surtout : cette opération de communication savamment orchestrée n'aurait-elle pas servi, avant tout, à détourner l'attention d'un autre dossier brûlant — le sulfureux contrat liant le Port Autonome de Douala à la société SGS ? Pour de nombreux observateurs, l'odeur de la poudre ne suffit pas à masquer celle du scandale.



EXPLOSIF : LES NON-DITS DE L'AFFAIRE DE DROGUE SAISIE À DOUALA

Le silence entretenu sur l'origine et l'identité de l'importateur ou le propriétaire des stupéfiants saisis à l'aéroport de Douala est très suspect et interroge. Cette opération ressemble beaucoup plus à une manœuvre de diversion politique signée gouvernement camerounais.

La saisie record de ces prétendus stupéfiants présentée comme un coup de maître des autorités camerounaises, n'est-elle pas plutôt un coup de génie de la communication gouvernementale ? Images fortes, présence du ministre des Finances, déclarations martiales, incinération expéditive et sans transparence de la soi-disant drogue : tout y était pour frapper l'opinion et masquer la réalité.

Un scénario parfaitement rodé
Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, le Directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, et le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, ont personnellement supervisé la présentation de la cargaison interceptée. La mise en scène était claire : montrer un État vigilant, efficace et implacable face aux trafics internationaux. Mais dans les cercles avertis, cette séquence médiatique est loin d'être perçue comme anodine.

Si l’État est si efficace, pourquoi ce mystère total sur la logistique ?
​Où sont les noms ? D'où provient cette drogue ? Qui est l'expéditeur? Qui est le destinataire? Qui est l’importateur ? Quel est le propriétaire caché derrière ces tonnes de poison ?

​Où sont les sanctions ? Quelles compagnies aériennes ont transporté cette cargaison ? Pourquoi aucune ligne n'a été suspendue ? Pourquoi aucune tête n'est tombée dans la chaîne de transport mais plutôt le responsable de la Police Judiciaire de Douala qui est limogé 24h après? Quelle était l’urgence d'incinérer ces stupéfiants sans transparence aucune ?

​"Saisir la marchandise est une chose, démanteler le réseau en est une autre. Pour l'instant, on nous montre le butin, mais on cache les coupables."

Le contrat SGS, l'éléphant dans la pièce
Au moment précis où éclate la communication sur la drogue saisie à Douala, un autre dossier brûlant secouait l'opinion : le contrat liant le Port Autonome de Douala à la société SGS. Un dossier aux ramifications financières, juridiques et politiques lourdes, qui mettait en cause des choix stratégiques majeurs dans la gestion des flux portuaires et douaniers. Coïncidence ? Difficile d'y croire. Dans l'art de la manipulation politique, on appelle cela un "contre-feu". On jette de la drogue aux yeux de l'opinion pour qu'elle ne regarde pas les milliards et les zones d'ombre du dossier SGS.

Dans ce contexte, la médiatisation intense de la saisie d'une prétendue drogue apparaît, pour de nombreux observateurs, comme une opération de communication destinée à reprendre le contrôle de l'agenda public et à diluer l'attention portée à l'affaire SGS.

Pourquoi ce déploiement de force médiatique maintenant ? Pour les esprits éveillés, l'odeur de la poudre ne parvient pas à masquer celle du scandale.

Des zones d'ombre qui en disent long
Si l'opération de mise en scène de la saisie en elle-même ne souffre d'aucune contestation, plusieurs zones d'ombre demeurent. Les autorités ont peu communiqué sur les destinataires exacts de la cargaison, sur les circuits logistiques internationaux ou encore sur les responsabilités dans la chaîne de transport. Plus troublant encore : aucune annonce forte n'a été faite concernant d'éventuelles sanctions contre les compagnies aériennes impliquées dans l'acheminement de cette cargaison sensible, ni sur d'éventuelles suspensions de lignes pour besoins d’enquête.

La manipulation de l'opinion, un art gouvernemental

Dans les stratégies de communication gouvernementale, il n'est pas rare de mettre en avant des opérations sécuritaires spectaculaires pour réorienter l'attention du public lorsque des dossiers économiques sensibles menacent d'entamer la crédibilité des décideurs. La séquence observée à Douala semble répondre à ce schéma : forte exposition médiatique d'une opération consensuelle de lutte contre la drogue au moment même où un scandale contractuel impliquant des intérêts économiques majeurs suscitait interrogations et crispations.
L'opinion publique, une fois de plus, prise pour cible

Aujourd'hui, l'opinion camerounaise observe avec acuité les enchaînements de l'actualité. La concomitance entre la mise en scène de la saisie de drogue à Douala et l'intensité des débats autour du contrat SGS avec le PAD alimente une lecture politique de cette séquence. La vraie question demeure : s'agit-il d'une simple opération sécuritaire mise en valeur par la communication

gouvernementale, ou d'une stratégie assumée pour détourner l'attention d'un dossier économiquement et politiquement explosif ? La réponse est claire : le gouvernement camerounais a une fois de plus choisi de jouer avec la vérité.
Monsieur le Ministre des Finances, Louis Paul Motaze et autres, le temps des photos est terminé. Le peuple ne veut plus voir les colis, il veut voir les visages.

Ceci étant dit, une question lancinante brûle sur les lèvres : À QUI APPARTIENT RÉELLEMENT CETTE DROGUE ? Tant que ce nom restera secret, votre saisie « record » ne sera rien d'autre qu'une sinistre opération de communication.

Paul Chouta