Actualités of Thursday, 26 February 2026

Source: www.camerounweb.com

La décision impopulaire de Paul Biya pour les dix Camerounais expulsés des USA

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Ces derniers jours, la nouvelle est très répandue. Plusieurs citoyens de nationalité camerounaise ont été expulsés des États-Unis d’Amérique. Ils ont été par la suite séquestrés à la police judiciaire de Yaoundé, demandant de l’aide, comme résumé par Paul Chouta dans sa sortie relayée.

Trump et Biya ont deux choses en commun : la maltraitante de leurs semblables. Alors que d'autres ressortissants africains expulsés de l'Amérique bénéficient d'un accueil digne, dix Camerounais, renvoyés des États-Unis sous l'administration Trump, sont arbitrairement et inhumainement détenus à la police judiciaire d'Elig-Essono à Yaoundé depuis leur arrivée le 17 février.

Ils sont séquestrés dans une promiscuité forcée. Les dix détenus, dont une femme, sont entassés dans une même cellule, étroite et insalubre. Ils sont agglutinés dans la pénombre absolument et dorment à même le sol à la merci des punaises.

Depuis deux semaines qu'ils sont en détention, ils n'ont pas pu avaler une seule goutte d'eau potable pour étancher leur soif. La police leur refuse l'accès à l'eau potable sans motif valable. Seul Dieu les maintient encore en vie.

Contrairement aux expulsés éthiopiens ou sénégalais logés dans des résidences meublées, les Camerounais sont accueillis par des gardes armés et maintenus de manière barbare dans les geôles de la police judiciaire comme des bandits de grands chemins. Comme cela ne suffisait pas, leurs compatriotes policiers se moquent d'eux.

Pour camoufler cet acte déshumanisant, le régime de Biya brandit un prétexte sécuritaire infondé. Le gouvernement justifie cette détention par une "vérification d'antécédents" liée au saccage d'ambassades. Or, Johnny, l'un des détenus, souligne une incohérence majeure : l'ambassade du Cameroun à Washington n'a jamais été vandalisée.

Leur expulsion des États-Unis jusqu'au Cameroun a été jalonnée par des violences inouïes. Le témoignage de Johnny révèle l'extrême brutalité de la procédure américaine. Johnny s’était rendu à un rendez-vous de routine pour l’ajustement de son statut migratoire avec son avocat, dans le Maryland où il résidait à l’époque, lorsqu’il a été arrêté par l’ICE et conduit dans un centre de détention. Son avocat n’a plus été autorisé à le voir. Trois jours plus tard, il a été transféré en Louisiane, où il a comparu devant un juge expéditif prêt à lui refuser l’asile. Il a été immédiatement envoyé dans un centre de détention (septembre 2025) où il a passé quatre mois avant d’être expulsé des États-Unis.

Les agents de l'ICE ont eu recours aux chaînes et aux passages à tabac pour forcer l'embarquement dans des vols spéciaux. Johnny raconte qu’ils ont été traînés enchaînés, puis forcés à monter à bord de vols spéciaux à destination du Cameroun par la police américaine de l’immigration. Toute personne qui tentait de résister à l’embarquement était violemment battue par les agents de l’ICE sous l’administration Trump.

Les agents de l’ICE lui ont déclaré qu’ils ne se souciaient pas des responsabilités financières laissées derrière lui, comme ses comptes bancaires, ses factures en attente ou sa famille laissée dans l’incertitude.

Pendant que tout ceci se passe, Yaoundé se mûre dans un silence coupable de l'État. Malgré la détresse de ses propres citoyens sur leur terre natale, le gouvernement camerounais s'enferme dans un silence total. Aucune explication n'est fournie sur le refus de les laisser rejoindre leurs familles, ni sur l'accord opaque passé avec Washington.

Ces compatriotes, après avoir subi les traumatismes du système migratoire américain, se retrouvent aujourd'hui otages de leur propre pays dans des conditions indignes. Les organismes de défense des droits humains et la société civile doivent se pencher sur cette affaire.