Actualités of Tuesday, 24 February 2026

Source: www.camerounweb.com

Anicet Ekane: le nouveau rebondissement spectaculaire

Image illustrative Image illustrative

Trois mois après son décès en détention, l'affaire Anicet Ekane connaît un double dénouement ce 23 février 2026. D'un côté, l'enquête diligentée par le ministère de la Défense a rendu ses conclusions : le président du Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM) serait mort de "mort naturelle". De l'autre, le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal Militaire de Yaoundé a ordonné la remise officielle de la dépouille à sa famille, ouvrant enfin la voie aux obsèques.


Anicet Ekane avait été arrêté le 24 octobre 2025, dans le contexte des troubles post-électoraux qui ont suivi le scrutin présidentiel du 12 octobre. Détenu à la cellule du Secrétariat d'État à la Défense, il y est décédé le 1er décembre 2025, dans des circonstances qui ont immédiatement suscité l'indignation au Cameroun et au-delà de ses frontières.

Pendant près de trois mois, sa dépouille est restée sous scellés, retenue par les autorités militaires, inaccessible à sa famille, à ses proches et à ses camarades politiques. Une situation inédite et douloureuse qui a alimenté une vive controverse sur les conditions réelles de sa mort, et provoqué de nombreuses revendications de la part de son entourage, de l'opposition camerounaise et de la communauté internationale.

"Mort naturelle" : une conclusion qui ne clôt pas le débat
L'enquête du ministère de la Défense a donc tranché, du moins officiellement : Anicet Ekane serait décédé de mort naturelle. Une conclusion qui, dans un contexte aussi chargé politiquement, ne manquera pas d'alimenter les interrogations. Comment un homme meurt-il de "mort naturelle" en cellule, quelques semaines seulement après son arrestation ? Quelles ont été les conditions exactes de sa détention ? A-t-il bénéficié d'un suivi médical adéquat ?
Autant de questions que l'opposition camerounaise et les défenseurs des droits humains n'ont pas manqué de poser depuis le premier jour, et auxquelles les conclusions du ministère de la Défense ne semblent pas, à ce stade, apporter de réponses pleinement satisfaisantes.


C'est désormais chose faite. Par courrier adressé au Directeur de l'Hôpital Central de Yaoundé, le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal Militaire de Yaoundé a ordonné ce 23 février la levée des restrictions pesant sur la dépouille. La veuve du défunt, Sogue Jeanne Edwige, prend officiellement la responsabilité du corps "en nom et pour le compte des ayants droit". Elle assumera désormais les frais de conservation à la morgue jusqu'à la mise en bière, selon un programme funèbre qu'il appartient à la famille d'arrêter.
Une bonne nouvelle, certes, mais assortie d'une amertume difficile à dissimuler : c'est à la famille qu'il revient de régler les frais de conservation accumulés depuis trois mois de rétention imposée par l'État.


Pour le MANIDEM, pour l'opposition camerounaise dans son ensemble et pour tous ceux qui ont bataillé pour que la famille d'Anicet Ekane puisse rendre dignement hommage à leur disparu, ce dénouement représente un soulagement mêlé de tristesse. Le programme des obsèques n'est pas encore arrêté à l'heure où nous publions ces lignes, mais leur imminence est désormais certaine.
Anicet Ekane, figure historique de l'opposition camerounaise, sera bientôt inhumé. La question de la vérité sur les circonstances exactes de sa mort en détention, elle, reste entière.