Actualités of Monday, 23 February 2026

Source: www.camerounweb.com

Tensions dans la famille Biya : Katy Meba nièce du président tire à boulets rouges sur le pagne du 8 mars, Chantal Biya touchée

Image illustrative Image illustrative

Une prise de position publique qui dépasse la simple question du tissu et révèle des fractures profondes au sommet de la première famille camerounaise.

Ce n'est pas qu'un débat sur un morceau de tissu. Lorsque Katy Meba, fille du petit-frère du président Paul Biya, s'en prend publiquement à l'organisation du pagne officiel de la Journée internationale des droits de la femme, c'est toute une mécanique familiale et politique qui se fissure sous les yeux des observateurs avertis.


Sur les réseaux sociaux, Katy Meba n'a pas mâché ses mots. Dénonçant ce qu'elle qualifie de « véritable torture », elle fustige l'impossibilité pour les femmes ordinaires de se procurer le pagne du 8 mars auprès des distributeurs agréés, tandis que des revendeurs non officiels le proposent jusqu'à 15 000 francs CFA. « Comment vont faire nos mamans du village ? Ou encore les jeunes filles, les femmes qui disposent de petits budgets ? », s'interroge-t-elle, avant d'appeler carrément les femmes à boycotter le pagne l'année prochaine s'il n'est pas rendu accessible à tous.

Le message est social en apparence. Mais il est politique dans ses cibles. Car le pagne du 8 mars est historiquement associé à l'image et à l'influence de la Première dame, Chantal Biya, dont l'empreinte sur les mobilisations féminines au Cameroun est bien connue. S'en prendre à ce symbole, c'est s'en prendre, directement ou indirectement, à ce territoire d'influence.

Ce qui donne davantage de poids à cette sortie, ce sont les signaux qui l'ont précédée. Contrairement aux années passées, ni Katy Meba ni son père n'ont été aperçus au Palais de l'Unité lors des cérémonies du 31 décembre 2025, ni lors de l'anniversaire du président Paul Biya le 13 février 2026 — deux rendez-vous familiaux et protocolaires auxquels leur présence était jusque-là quasi systématique. Des absences remarquées, dans un environnement où chaque détail compte et où la symbolique des présences vaut autant que celle des discours.


Derrière ces tensions se dessine un enjeu bien plus structurant : celui de la succession. Katy Meba est à la tête du JERC, un mouvement politique de jeunesse fortement médiatisé, réputé pour travailler en faveur de Franck Biya, fils du chef de l'État. Cette appartenance au camp du fils tranche avec ce que certains analystes présentent comme un projet concurrent, celui d'une transition pilotée depuis l'entourage de Chantal Biya.

La prise de distance publique de Katy Meba vis-à-vis du symbole porté par la Première dame enverrait ainsi un message clair : la branche familiale à laquelle elle appartient refuse de voir la succession présidentielle s'écrire selon un scénario qu'elle n'aurait pas validé.

Les observateurs de la scène politique camerounaise ne seront pas surpris. Les luttes de positionnement autour d'un pouvoir vieillissant sont une constante de l'histoire politique africaine. Mais lorsqu'elles se jouent à visage découvert, sur les réseaux sociaux, au sein même de la première famille du pays, elles témoignent d'une accélération du tempo et d'une fragilisation des équilibres internes.