Invité de l'émission ENTR'HÔTE sur Sun Plus TV Cameroun, le ministre de la Santé publique a livré des déclarations remarquées sur son style de management, sa conception du service public hospitalier et l'importance des gestes barrières au quotidien.
Il n'est pas ministre ordinaire. Du moins, c'est l'image que Manaouada Malachie a voulu projeter lors de son passage remarqué dans l'émission ENTR'HÔTE diffusée sur Sun Plus TV Cameroun. Accessible, autocritique et résolument tourné vers la réalité du terrain, le ministre de la Santé publique a multiplié les déclarations fortes, levant un coin du voile sur ses méthodes de gouvernance et sa philosophie de l'action publique.
C'est sans doute la révélation la plus frappante de cet entretien. Le ministre Manaouada Malachie a confié recevoir régulièrement des appels téléphoniques en pleine nuit, directement sur son téléphone personnel, et assumer pleinement cette accessibilité inhabituelle pour un membre du gouvernement.
« Je peux vous dire que je reçois des coups de fil à 1h, 2h du matin. Oui, sur mon propre téléphone. Et je laisse faire parce que c'est important pour nous », a-t-il déclaré, avant d'expliquer la logique qui sous-tend cette démarche : « Il est important que, parfois, mes propres collaborateurs sachent que s'il y a quelque chose qui ne va pas, ou s'ils font mal quelque chose, on va me le dire. »
Le ministre a illustré son propos par une anecdote révélatrice : un citoyen le contactant en pleine nuit, souhaitant le rencontrer. Interpellé sur son lieu de prise en charge, l'appelant indique son hôpital. Deux minutes plus tard, il rappelle : « Non, non, vraiment, les gens s'occupent de moi, c'est très bien. » Un témoignage spontané qui, selon le ministre, valide à lui seul la pertinence de cette ligne directe permanente avec la réalité hospitalière.
Le masque, bien plus qu'un réflexe anti-Covid
Sur le terrain de la santé publique, Manaouada Malachie a tenu un discours pédagogique et nuancé, rappelant les leçons sanitaires tirées de la pandémie de Covid-19. Pour lui, les habitudes acquises durant cette période de crise ne doivent pas être abandonnées.
« Si vous avez remarqué une chose, en parlant des mesures de santé publique : pendant la Covid, on avait demandé aux gens de porter des masques. Mais quand on portait des masques, cela réduisait un certain nombre de choses. Les gens ne toussaient plus beaucoup. Les grippes, tous les autres virus… ça diminuait », a-t-il observé.
Une analyse qui l'amène à un plaidoyer clair en faveur de la pérennisation des gestes barrières : « En réalité, il faut continuer simplement à avoir ces habitudes, ces mesures de santé publique, parce que ça nous empêche d'attraper d'autres types de maladies. » Un message de prévention simple, mais dont la portée dépasse largement la seule lutte contre le coronavirus.
Un manager qui assume la critique
Troisième pilier de ses déclarations : le rapport au feedback et à l'autocritique. Loin de la posture défensive souvent associée aux cercles du pouvoir, le ministre a revendiqué une culture managériale ouverte à la remontée d'informations, y compris négatives.
« Mes collaborateurs savent que je ne suis pas rancunier, j'accepte la critique. Il faut des gens qui peuvent dire qu'on peut mieux faire ici », a-t-il affirmé avec aplomb.
En quelques déclarations, Manaouada Malachie a esquissé le portrait d'un ministre soucieux de proximité avec les réalités du terrain sanitaire, prompt à assumer une forme de vulnérabilité institutionnelle rare dans les sphères gouvernementales. Reste à savoir si ces engagements, exprimés sur un plateau de télévision, trouveront leur traduction concrète dans les couloirs des hôpitaux camerounais — là où se jouent chaque jour les véritables défis de la santé publique nationale.









