Depuis qu'il a pris les rênes du Secrétariat Général de la Présidence de la République en mars 2018, Ferdinand Ngoh Ngoh a opéré une révolution silencieuse dans la gestion des actifs stratégiques de l'État camerounais. Camwater, Eneo, Sodecoton, UBC, NFC Bank, Société Générale Cameroun, le fer de Mbalam, le cobalt de Gzovic, et demain peut-être Camrail : en moins de dix ans, cet homme de l'ombre a méthodiquement défait ce que les privatisations des années 1990-2000 avaient construit sous la pression du FMI et de la Banque mondiale. Bravant parfois l'opposition frontale du ministre des Finances, résistant aux injonctions des institutions de Bretton Woods, Ngoh Ngoh s'est imposé comme le véritable stratège du retour de l'État camerounais dans l'économie nationale. Dans cette analyse documentée, le citoyen Albin Michel Njilo dresse le bilan d'un règne qui redessine en profondeur les contours de la souveraineté économique du Cameroun — avec ses succès, ses zones d'ombre, et les questions qu'il laisse ouvertes.
Ferdinand Ngoh Ngoh SGPR : Le bilan
En 2023 , Ferdinand Ngoh Ngoh 2023 réunit les ministères des Finances (MINFI), de l'Eau et de l'Énergie (MINEE), et de l'Économie (MINEPAT) autour d'un comité interministériel pour le rachat d'Eneo.
Nommé secrétaire général de la présidence en 2011, Ferdinand Ngoh Ngoh a longtemps été dans l’ombre de Martin Belinga Eboutou, le DCC qui, selon certains employés de la présidence, se prenait pour un demi-dieu.
C’est en mars 2018, après le départ de Belinga de la présidence suite à un remaniement ministériel, que Ngoh Ngoh s’est véritablement installé dans le cockpit de l’avion Cameroun.
L’homme des renationalisations
Contrairement à son prédécesseur, Ngoh Ngoh a racheté tout ce qui avait été privatisé.
Un mois après sa prise de commandement dans le cockpit du palais, Ngoh Ngoh a renationalisé Camwater. L’année d’après, il autorisait le départ de Bolloré du terminal à conteneurs de Douala.
Qui l’eût cru ?
En une année, Ngoh Ngoh a renationalisé Eneo et la Sodecoton, sans oublier les banques. L’État du Cameroun a pris le contrôle de l’Union Bank of Cameroon (UBC) fin 2021 en acquérant 54 % du capital. Il a également pris le contrôle de la NFC Bank en juillet 2025, détenant désormais 99,93 % du capital.
L’État du Cameroun a conclu un accord le 15 juillet 2025 pour racheter les 58,08 % de parts du groupe Société Générale dans sa filiale, Société Générale Cameroun (SGC).
Dans le secteur minier, Ngoh Ngoh s’est battu contre les plus hautes autorités du régime pour renationaliser le projet de fer de Mbalam. Il vient d’expulser Gzovic du projet de cobalt.
En transférant ses actifs dans Camrail pour le compte d’AGL, Bolloré croyait avoir échappé à la renationalisation de Camrail en douce, car la présidence vient de remettre sur la table le plan national ferroviaire.
Au Cameroun il y a une dizaine d'année,un SGPR récemment sorti de prison avait négocié les privatisations d’Intelcam. Malgré les instructions de la Banque mondiale et du FMI relatives à la fragmentation de Camtel, Ferdinand Ngoh Ngoh a bloqué ce processus initié par le ministre des Finances. Le SGPR a pour rôle de valider ou bloquer des cessions stratégiques d’entreprises publiques.
Rappelons que, pour la nationalisation de la Sodecoton, Ferdinand Ngoh Ngoh s’est mis à dos le ministre des Finances, opposé à la transaction.
Albin Michel Njilo









