Actualités of Saturday, 21 February 2026

Source: www.camerounweb.com

Les vérités cachées sur le terroriste blanc neutralisé

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Dans la nuit du 18 au 19 février 2026, une attaque terroriste contre un camp militaire à Bagaram a coûté la vie à un tireur d'élite camerounais. Si l'assaut s'inscrit dans une longue série d'incursions de Boko Haram dans la région, un détail inédit retient l'attention et relance les interrogations sur la nature réelle du groupe : parmi les cinq djihadistes neutralisés se trouvait un homme blanc.

La nuit du 18 février 2026 restera gravée dans la mémoire de Bagaram, localité de la région de l'Extrême-Nord du Cameroun, régulièrement exposée aux assauts des groupes armés qui sévissent dans le bassin du lac Tchad. Ce soir-là, des combattants de Boko Haram ont lancé une attaque armée contre un camp des forces de défense camerounaises. Au terme des affrontements, cinq assaillants ont été neutralisés. Mais les forces de défense ont aussi payé un lourd tribut : le soldat Wacom Bertrand, tireur d'élite originaire de Magba, qui servait depuis près de deux ans dans cette zone à haut risque, a été mortellement touché. Il est tombé en accomplissant sa mission, dans une région que l'armée camerounaise défend au prix de sacrifices quotidiens et trop souvent ignorés de l'opinion nationale.

Le commandement militaire a salué sa mémoire, rappelant avec solennité « la constance, la discipline et l'engagement » de ce soldat dans l'accomplissement de son devoir. Les mesures de sécurité dans la localité ont été immédiatement renforcées pour protéger les populations civiles et prévenir toute nouvelle incursion.


Mais c'est un autre élément de cette attaque qui fait l'objet de toutes les conversations, bien au-delà des cercles sécuritaires : parmi les cinq assaillants de Boko Haram tués lors de l'affrontement se trouvait un homme blanc. Le fait, confirmé par des sources sécuritaires, est pour le moins inédit dans les annales des combats menés contre ce groupe terroriste dans l'Extrême-Nord camerounais.
Qui est cet homme ? D'où vient-il ? Quelle est sa nationalité ? Quel rôle occupait-il au sein du groupe — simple combattant, instructeur, coordinateur opérationnel ? Les autorités camerounaises indiquent qu'une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de l'attaque et l'identité des assaillants. Pour l'heure, aucune réponse officielle n'a été apportée à ces questions.


Cette présence inattendue relance un débat plus profond sur la nature réelle de Boko Haram et les réseaux qui gravitent autour de ce groupe depuis plus d'une décennie. Apparu au Nigeria au début des années 2000, le mouvement a progressivement étendu son emprise aux pays riverains du lac Tchad — Niger, Tchad, et Cameroun — avant de se fragmenter en plusieurs factions aux allégeances fluctuantes, dont certaines ont prêté serment à l'État islamique sous la bannière d'ISWAP.

Des rapports internationaux ont, à plusieurs reprises, signalé la présence de combattants étrangers au sein de ces groupes — ressortissants de pays arabes, africains, parfois européens radicalisés. Mais la présence avérée d'un homme blanc parmi les assaillants d'une attaque nocturne en zone rurale au Cameroun constitue un tournant dans la perception locale du groupe, et soulève des interrogations légitimes sur ses sources de financement, ses réseaux de recrutement et ses éventuelles connexions avec des structures criminelles ou idéologiques transnationales.


Au-delà du fait divers sécuritaire, cette attaque rappelle l'état d'épuisement dans lequel se trouvent les populations et les militaires déployés dans l'Extrême-Nord camerounais. Depuis plus de dix ans, cette région vit sous la menace permanente des incursions de Boko Haram : villages brûlés, civils enlevés, soldats tués, économie locale asphyxiée. Les forces de défense camerounaises, engagées simultanément sur plusieurs fronts — Extrême-Nord, Nord-Ouest et Sud-Ouest —, continuent d'y assurer une présence au prix de pertes humaines régulières.

Wacom Bertrand, tireur d'élite, originaire de Magba, deux ans de service en zone de conflit. Il avait 24 heures pour tenir sa position. Il ne la quittera pas.