Actualités of Tuesday, 17 February 2026

Source: www.camerounweb.com

Université de Maroua : Mamadou Mota met en cause les diplômes du député Salmana et menace de saisir la justice

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Une vive controverse secoue l'Université de Maroua. Le Premier Vice-Président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Mamadou Mota, a lancé un ultimatum de 72 heures au Recteur de l'établissement, lui réclamant le retrait du nom du député Salmana des listes de sélection pour un Doctorat en Sciences Politiques, sous peine de poursuites judiciaires.

Dans une déclaration au ton offensif, Mamadou Mota affirme que le député Salmana n'aurait pas le niveau académique requis pour prétendre à une inscription en thèse. Selon lui, l'élu aurait interrompu sa scolarité dès le collège, sans jamais atteindre le niveau lycée. Dans ce cas, l'opposant s'interroge sur l'origine du diplôme de Master que le parlementaire présente aujourd'hui pour postuler à un Doctorat : « Vous n'allez pas nous enfoncer à ce point. Le Recteur a 3 jours pour retirer ce nom encerclé », a-t-il déclaré.
Au-delà du député lui-même, c'est l'institution universitaire qui se trouve dans le viseur du responsable du MRC. Le Recteur de l'Université de Maroua est directement menacé d'une plainte pour favoritisme, faux et usage de faux, des chefs d'accusation particulièrement graves qui engageraient la responsabilité pénale des autorités académiques concernées.


L'affaire prend une dimension politique indéniable. Le député Salmana, ancien cadre du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) et fondateur du Rassemblement Populaire, a récemment rallié le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), parti au pouvoir, après sa rupture avec Issa Tchiroma. Pour Mamadou Mota, ce rapprochement avec le camp présidentiel ne serait pas sans lien avec l'obtention de ce qu'il qualifie de « sésame académique », présentant l'admission en Doctorat comme une faveur politique accordée en échange de ce ralliement.


L'ultimatum de 72 heures posé par Mamadou Mota place le Recteur de l'Université de Maroua dans une situation délicate. Doit-il céder à la pression politique de l'opposition et retirer la candidature du député, au risque de valider implicitement les accusations portées contre son institution ? Ou maintenir la sélection, s'exposant alors à une bataille judiciaire qui pourrait mettre en lumière des dysfonctionnements dans les procédures d'admission ?
Ni le Recteur de l'Université de Maroua, ni le député Salmana n'ont, à ce stade, réagi publiquement aux accusations formulées par le responsable du MRC. Le délai imparti par Mamadou Mota expire dans les prochaines heures. La suite de cette affaire est à suivre de près.