La crise que traverse le Port Autonome de Douala (PAD) dans les opérations de scanning qui oppose l’administration portuaire au gouvernement pour le renouvellement du contrat de la société SGS et son remplacement avec TRANSATLANTIC n’est certainement pas prête de s’achever.
Dans une note datée du 10 Février, le Directeur général du PAD, Cyrus Ngo’o s’inquiète des sorties sans son autorisation préalable de ses collaborateurs dans un contexte de bras de fer avec le MINFI/PM.
Dans cette sortie épistolaire, Cyrus Ngo’o conditionne les interventions de ses collaborateurs sur les médias.
Lisons:
NOTE DE SERVICE N° 0 0 68 - 2 6)
CC/DCRP/DG/PAD DU 10 FEV 2026
RELATIVE À L'ENCADREMENT DES PRISES DE PAROLE DES AGENTS DU PORT AUTONOME DE DOUALA DANS LES MEDIAS. -
Il m'a été donné de constater que certains agents du Groupe Port Autonome de Douala (PAD), interviennent dans les médias publics et privés au nom de l'institution, sans l'aval préalable de la Direction Générale
Au regard de la nécessité de préserver l'image, la crédibilité et la cohérence de la communication institutionnelle du Port Autonome de Douala, ainsi que de la sensibilité de certains dossiers stratégiques impliquant l'entreprise, et considérant que toute prise de parole publique engageant l'institution doit être maitrisée, coordonnée et validée, la présente note de service vise à rappeler les dispositions en vigueur en la matière.
En conséquence, il est porté à l'attention de tous, que toute prise de parole dans les médias à capitaux publics ou privés (télévision, radio, presse écrite, médias en ligne, réseaux sociaux assimilés), au nom du Groupe PAD, de ses filiales ou de ses succursales, est strictement soumise à une autorisation préalable écrite de la Direction Générale.
Sont notamment concernées :
-les interviews, débats et émissions radiophoniques ou télévisées
-les tribunes, analyses ou déclarations publiques :
-toute expression susceptible d'engager l'image, la position ou les intérêts du Port Autonome de Douala.
Tout agent du PAD, de ses filiales ou de ses succursales, qui contreviendrait aux dispositions de la présente note de service s'expose aux sanctions disciplinaires prévues par la réglementation en vigueur, sans préjudice d’éventuelles poursuites.
J'attache du prix au strict respect de la présente note de service.
Il faut rappeler que, selon des révélations exclusives de Jeune Afrique, le Premier ministre Joseph Dion Ngute aurait brandi sa démission lors d'une réunion décisive le 29 janvier dernier, exaspéré par ce qu'il considère comme un court-circuitage de l'autorité gouvernementale dans l'affaire du contrat de scanning du Port autonome de Douala.
L'origine de cette tension ? Une correspondance estampillée "confidentiel" signée par le général Emmanuel Amougou, chef d'état-major particulier du président Paul Biya. Dans ce document révélé par Jeune Afrique, le haut gradé affirmait transmettre l'aval du chef de l'État pour le départ de l'entreprise SGS du port de Douala, au profit de Transatlantic D.A.
Mais cette note a immédiatement soulevé un tollé. "Depuis quand un général de l'armée s'immisce-t-il dans des affaires civiles au point de transmettre une instruction à un membre du gouvernement ?" s'interroge une source citée par Jeune Afrique. Plus encore, elle pose une question fondamentale sur la séparation des pouvoirs : "Que vient faire un officier de l'armée de l'Air dans un dossier relevant de la gestion portuaire et maritime ?"









