Actualités of Wednesday, 11 February 2026

Source: www.camerounweb.com

Louis-Paul Motaze fait disparaître 4 milliards de francs tranquillement

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C’est la révélation explosive qui vient de Paul Chouta, lanceur d’alerte qui affirme que le ministre Louis-Paul Motaze est impliqué dans un scandale de détournement de 4 milliards de francs CFA à la Camair. L’intervention du citoyen révèle des détails qui peuvent nuire à l’autorité.

C’est l’histoire d’un hold-up en col blanc, un jeu de chaises musicales où les milliards s'évaporent au rythme des décrets et des nominations. Derrière l’acronyme Sita se cache l’un des épisodes les plus sombres du pillage de notre défunt fleuron national, la Camair.

Tout commence par une révélation d’Augustin Frédéric Kodock Bayiha : une épargne oubliée, accumulée pendant des années à l’insu des dirigeants successifs. Montant de la cagnotte ? 4 milliards de francs CFA. Une bouffée d’oxygène inespérée pour une compagnie déjà sous assistance respiratoire. Mais l’oxygène, au lieu de remplir les poumons de la Camair, a servi à alimenter les turbines d’un système bien rodé.

Le dossier est confié à Louis-Paul Motaze qui a occupé divers postes à la Camair pendant une décennie. Coïncidence ou calcul chirurgical ? Le versement de ces 4 milliards intervient quelques jours seulement après son départ de la Camair pour la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS).

Sous prétexte de régulariser des cotisations sociales, la somme est brutalement transférée vers la CNPS. Une cérémonie « imposée » au directeur général de l’époque, Cyril Etoundi Atangana, marque le début d’un flou artistique monumental. Pourquoi une telle précipitation ? Pourquoi détourner cette manne de sa destination première au moment précis d’un changement de fauteuil ?

Face aux hésitations légitimes de la direction de la Camair, la machine s’emballe. Le secrétaire général de la présidence de l’époque, Marafa Hamidou Yaya, entre en scène en créant un comité de relance. À sa tête : Yves Michel Fotso.

Le stratagème est d’une efficacité redoutable. Pillage intellectuel : le comité s’approprie le plan de relance de l’équipe Etoundi Atangana. Prise de pouvoir : dix jours plus tard, Yves Michel Fotso est propulsé DG de la Camair. Saignée financière : la suite, les Camerounais la connaissent. La Camair est forcée de rembourser des dettes imaginaires à des entreprises du groupe Fotso déjà moribondes ou fermées (Unalor, Pilcam).

Aujourd'hui, le silence ne peut plus servir d'armure. Le peuple a le droit de savoir : Monsieur Louis Paul Motaze, comment justifiez-vous ce transfert de 4 milliards vers la CNPS au mépris des priorités de la Camair ? Où sont passés les 4 milliards des impôts du Cameroun liés à cette affaire ?

La Camair n’est pas morte de vieillesse, elle a été dépecée. Il est temps que les acteurs de ce "festin des fauves" sortent de l'ombre pour s’expliquer devant l’histoire.