Les employés de la nouvelle entreprise chinoise de fabrication des carreaux, située à Bipaga, parlent en ayant les larmes aux yeux. Ils sont dépassés et ont décidé de briser le silence, écrivant au lanceur d'alerte N'zui Manto qui se charge de relayer leur témoignage que voici.
Les Chinois nous ont esclavagisés. Nous travaillons 12 heures de temps pour un salaire minable, le panier de nuit n'est pas considéré, pas de permissions, pas de congés. Ils ont supprimé la prime de transport qui était de 24 000 francs CFA.
Nous donnons nos vies pour des gens qui nous prennent pour des animaux. Ils vont même jusqu'à la violence physique. Les bulletins de paie trafiqués qui sortent après les salaires.
Ils payent les cotisations à la CNPS quand ils veulent. Nous travaillons dans des conditions dangereuses sans EPI. Nos salaires vont de mal en pis, tout ceci avec la complicité de nos responsables de ressources humaines et les autorités.
Quand tu protestes, on t'enlève au travail. La menace constante et le chantage. Nous en avons marre. Il faut que cela change. Nous sommes dans notre pays. Il devait avoir une élection des délégués du personnel le mois dernier, ils ont tripatouillé, rien n'a eu lieu.
Deux collègues décédés en deux ans, aucune considération des familles éprouvées, pas de paiement des indemnités. Nous travaillons dans un cimetière.
N'en parlons pas du camp des employés qui pue de la merde, pas de toilettes, pas d'eau ni de lumière. Ils ont déployé l'armée ce matin pour nous intimider. L'entreprise s'appelle Keda Cameroon Ceramics.









