C'est une scène qui a laissé beaucoup de personnes bouche bée dans la matinée du lundi 9 février, en ce début de nouvelle semaine. « C'est de la folie, cet homme ne tient-il pas à sa liberté ni à sa vie ou qu'est-ce qu'il le prend au juste », s'interroge un des passants stupéfaits.
Étonné, tout le monde le serait à la lecture du message écrit sur la pancarte que tenait le citoyen audacieux que la colère et la déception ont rendu téméraire. À Paul Biya, il veut dire quelque chose.
Pas seulement au président de la République, leader du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), mais également à Laurent Esso, ministre de la Justice, qui est devenu si rare à voir depuis que l'affaire de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo a commencé. S'il faut encore le rappeler, c'est un scandale dans lequel le nom de Laurent Esso est cité, à côté d'autres personnes comme le milliardaire Jean-Pierre Amougou Belinga, le ministre des Finances Louis-Paul Motaze, l'ancien patron de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), Léopold Maxime Eko Eko, le Lieutenant-Colonel Justin Danwe, l'ancien maire de Bibey, Martin Savom, des membres du commando formé par Danwe, etc.
« Paul Biya et Laurent Esso, voleurs de bébé. Ils ont maudit l'humanité », peut-on lire sur l'objet que tient le monsieur décidé à faire sortir ce qu'il a dans le ventre. Sur l'autre face de l'affichage, il écrit : « Paul Biya et Laurent Esso, mangeurs de mon bébé. Cannibales ».
La population de Douala n'en revenait pas. Faire de telles révélations en pleine ville, en plein jour, devant tout le monde et des caméras qui étaient allumées pour filmer, c'est être imprudemment courageux, connaissant le régime qui apprécie moins qu'on utilise le nom de Biya à des fins salissantes. Le monsieur n'a pas l'air d'avoir peurdans son initiative. Il a un message à passer et il l'a fait.
Plusieurs sources craignent que la police et/ou la gendarmerie vienne rapidement visiter le compatriote, soit là où il a commis l'acte, ou alors chez lui à la maison, loin des regards. « Laisser cet acte impuni pourrait ouvrir la voie à d'autres personnes furieuses de la gestion que font les autorités du pays », fait remarquer un internaute qui a regardé la vidéo.
De quel enfant parle le monsieur, le sien ? Ça en a tout l'air. Que lui ont exactement fait Paul Biya et Laurent Esso ? On n'a pas encore eu la chance de le rencontrer pour lui poser directement la question.









