Actualités of Monday, 9 February 2026

Source: www.camerounweb.com

COUP D’ÉTAT À ÉTOUDI : Chantal Biya et Ngoh Ngoh neutralisent Paul Biya et bloquent le pays

'Le coup d’État a déjà eu lieu. Il n’en a simplement pas l’apparence.' 'Le coup d’État a déjà eu lieu. Il n’en a simplement pas l’apparence.'

La crise qui secoue le RDPC dans la guerre de succession à Paul Biya prend une autre tournure avec les derniers évènements et scandales au sommet de l’État. Le clan dirigé par la première Dame Chantal Biya et le ministre secrétaire général de la présidence Ferdinand Ngoh Ngoh a verrouillé le Cameroun en plaçant ses éléments dans tous les compartiments du pays.


Ports saisis, pays volé : le plan directeur de Chantal Biya et Ferdinand Ngoh Ngoh pour s'emparer du Cameroun :

Une prise de contrôle du port, un journaliste assassiné et 15 tonnes d'or disparues révèlent la véritable guerre de succession qui se joue à Yaoundé, et qui n'a rien à voir avec la lignée Biya.

Le matin du 2 janvier 2026, un événement inhabituel s'est produit au port de Douala-Bonaberi. Le port le plus actif du Cameroun, qui accueille plus de 90 % du commerce maritime du pays, s'est réveillé avec de nouveaux maîtres. Les équipements de scan exploités par SGS, la multinationale suisse qui s'occupait des inspections de marchandises depuis une décennie, étaient à l'arrêt. À leur place, les machines appartenant à une société camerounaise peu connue appelée Transatlantic D SA se sont mises en marche.

Le ministre des Finances avait explicitement ordonné que cela ne se produise pas. Quatre jours plus tôt, Louis Paul Motaze avait envoyé une directive urgente à la Direction des douanes : maintenir SGS. Le contrat, insistait-il, courait jusqu'en 2032. La loi était claire.

Mais il s'avère que la loi n'avait plus d'importance au Cameroun depuis un certain temps déjà.

Au 12 janvier, Transatlantic avait scanné 2 856 conteneurs. Le 21 janvier, le secrétaire général de la présidence, un certain Ferdinand Ngoh Ngoh, a convoqué une réunion d'urgence pour résoudre ce qu'il a qualifié de « difficultés liées au scan des marchandises ». Cinq jours plus tard, une lettre confidentielle du général Amougou Emmanuel, chef d'état-major militaire du président, rendait son verdict : SGS devait « partir définitivement » pour « éviter tout sabotage ».

Le ministre des Finances avait perdu. Une fois de plus.

Pour la plupart des observateurs, cela ressemblait à une guerre de territoire bureaucratique, le genre de conflit contractuel opaque qui laisse tout le monde perplexe. Mais le ministre des Finances Motaze n'est pas n'importe quel ministre. Il est le neveu de Jeanne-Irene Biya, la première épouse défunte du président Paul Biya. Il est le cousin de Franck Biya, le fils aîné du président. En d'autres termes, il fait partie de la famille, mais de la mauvaise famille.

Et les forces qui s'opposent à lui ne sont pas seulement des bureaucrates rivaux. Il s'agit d'un partenariat entre l'actuelle Première Dame, Chantal Biya, et son co-architecte de choix, Ferdinand Ngoh Ngoh - deux personnalités qui démantèlent systématiquement l'héritage de l'héritier légitime tout en mettant en place une machine d'extraction qui générera des richesses pendant des décennies, quel que soit le locataire du palais présidentiel.

Il ne s'agit pas ici d'un contrat portuaire. Il s'agit d'un coup d'État silencieux.

Partie I : Les deux familles

Avant de devenir Première dame du Cameroun, Chantal Vigouroux était une mère célibataire avec des jumeaux. Franck Hertz et Patrick Hertz sont nés vers 1987 de Chantal et Louis Hertz. Lorsque Chantal a épousé Paul Biya en 1994, elle a emmené ses garçons au palais présidentiel. Ils n'étaient pas des Biya de sang, mais ils étaient arrivés au centre du pouvoir.

Chantal et Paul Biya ont ensuite eu deux enfants biologiques ensemble : les jumeaux Paul Biya Junior et Brenda Eyenga Biya. Ce sont les véritables enfants du président avec son épouse actuelle, ses plus jeunes descendants, qui portent son nom et son sang.

Pourtant, quelque chose d'étrange s'est produit dans les guerres de succession qui déchirent actuellement le Cameroun. Les enfants biologiques du président et de Chantal, Paul Junior et Brenda, ne sont pas des prétendants sérieux au pouvoir. Ils ont été écartés.

Ce sont plutôt les fils de Chantal issus d'une précédente union, Franck Hertz et Patrick Hertz, qui n'ont pas le sang des Biya, qui sont placés au sein des réseaux d'extraction qui s'accaparent actuellement les ressources les plus précieuses du Cameroun.

Et le fils aîné du président, Franck Biya, issu de son premier mariage avec Jeanne-Irene, son seul héritier mâle adulte issu de sa première famille, est systématiquement écarté.

Il ne s'agit pas d'une lutte pour la succession. C'est quelque chose de plus primitif : une deuxième épouse éliminant la première famille de son mari tout en installant la sienne.
Mais elle n'agit pas seule.

Partie II : Le régent

Paul Biya dirige le Cameroun depuis 42 ans. Il est aujourd'hui âgé de 92 ans. Il passe plusieurs mois d'affilée à Genève, où les factures pour lui et son entourage sont estimées à environ 65 millions de dollars, ou dans des lieux discrets autour de la ville lacustre suisse, d'où il gouverne par décret par l'intermédiaire de ses mandataires. Selon l'ancien ministre Issa Tchiroma Bakary, il n'a pas rencontré ses propres ministres depuis plus de dix ans. Lorsqu'il apparaît en public, c'est de plus en plus rare et de plus en plus contrôlé.

C'est dans ce vide que s'est engouffré Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence.

Sur le papier, Ngoh Ngoh occupe un poste administratif. Dans la pratique, depuis qu'un décret présidentiel de février 2019 lui a accordé le pouvoir permanent de signer des documents au nom de Biya, il est devenu le bureaucrate le plus puissant du Cameroun. Toutes les instructions du gouvernement passent par lui. Toutes les nominations jusqu'au niveau de directeur adjoint nécessitent son approbation. Tous les contrats importants passent par son bureau.
Les Camerounais le surnomment « vice-Dieu ».

Son ascension est indissociable de sa relation avec la Première dame. « Réputé bénéficier du soutien de l'influente épouse de Biya, Chantal Biya », a déclaré un analyste à l'AFP, « Ngoh Ngoh est le chef de cabinet qui a occupé ce poste le plus longtemps sous le mandat présidentiel ».

Cette relation est profonde. La base du pouvoir de Ngoh Ngoh se trouve à Nanga-Eboko, la ville natale de Chantal Biya. Après le remaniement ministériel de janvier 2019, les ministres nouvellement nommés ne se sont pas rendus au palais présidentiel pour remercier Paul Biya, mais à Nanga-Eboko, afin de remercier le réseau qui les avait propulsés à leur poste.

Une enquête menée en 2024 par Mondafrique a mis à nu la structure du pouvoir : « Entre le clan de Franck Biya, le fils aîné du président... les amis du ministre des Finances Louis-Paul Motaze, le neveu du président... et les réseaux de Ferdinand Ngoh Ngoh, Chantal joue le rôle d'arbitre suprême. Elle seule autorise l'accès au président Biya, dont certains disent qu'il est désormais alité et incapable d'exercer ses fonctions. »

Mais si Chantal est la gardienne, Ngoh Ngoh est bien plus que son serviteur. Il est son co-architecte, un homme qui a ses propres ambitions, sa propre fortune à bâtir et sa propre survie à assurer.

Partie III : Le co-architecte

Ferdinand Ngoh Ngoh ne se contente pas d'exécuter la volonté de Chantal Biya. Il bâtit son propre empire parallèlement au sien, une opération parallèle avec des intérêts alignés mais distincts.

La preuve en est les postes qu'il a accumulés.

Depuis 2011, Ngoh Ngoh préside le conseil d'administration de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), la compagnie pétrolière nationale qui contribue à hauteur d'environ 60 % au budget national. Il ne s'agit pas d'un rôle purement honorifique. En tant que président, il est le lien entre le président Biya et la société qui contrôle la ressource la plus précieuse du Cameroun. Il est censé être les « yeux et les oreilles » du président en matière d'opérations pétrolières.


Un analyste camerounais l'a décrit sans détour : « L'énorme richesse du Cameroun provient des vastes installations agro-industrielles du pays, notamment les réserves de pétrole, de gaz, d'or et de diamants, qui sont censées appartenir à toute la nation, mais qui sont en fait la propriété de la famille Biya, dont Ferdinand Ngoh Ngoh est désormais le directeur des opérations. »

Directeur des opérations. Pas un serviteur. Pas un instrument. Un directeur.

En juillet 2024, Ngoh Ngoh a pris une décision qui a révélé son agenda indépendant. Il a obtenu l'autorisation présidentielle de convoquer une réunion extraordinaire du conseil d'administration de la SNH, dans le but explicite de remplacer Adolphe Moudiki, âgé de 86 ans, qui dirigeait la SNH depuis 1993. Moudiki était un allié de longue date de Biya, mais il constituait également un obstacle au contrôle direct de Ngoh Ngoh sur les opérations pétrolières.

Biya a ensuite changé d'avis et bloqué le licenciement. Mais cette tentative a révélé l'ambition de Ngoh Ngoh : il voulait contrôler directement la compagnie pétrolière, et non se contenter de la superviser.

Son enrichissement personnel a été documenté. Des sources des services de renseignement camerounais rapportent que Ngoh Ngoh et sa famille ont acheté des propriétés en France, en Belgique et aux États-Unis, « d'énormes maisons... qu'ils ne visitent même jamais ». Ses dépenses sont décrites comme « difficilement traçables », les enquêtes ne révélant probablement que « la partie émergée de l'iceberg ».
Et puis il y a le mandat d'arrêt auquel il a échappé.

En octobre 2022, Ngoh Ngoh a été convoqué par les enquêteurs dans le cadre du « Covidgate », le détournement de millions de dollars alloués à la lutte contre la COVID-19. Des départements sous son contrôle direct étaient impliqués. La Cour pénale spéciale a émis un mandat d'arrêt.

Le mandat n'a jamais été exécuté. Ngoh Ngoh est resté en fonction. En quelques mois, le paysage de l'enquête a radicalement changé, en sa faveur.

En janvier 2023, le journaliste Martinez Zogo a été assassiné. Les arrestations qui ont suivi ont emporté Léopold Maxime Eko Eko, chef du service de renseignement extérieur DGRE. Des sources à Yaoundé ont décrit Eko Eko comme « le seul homme qui connaît les plans de Ngoh Ngoh et qui peut l'arrêter ».

Avec le départ d'Eko Eko des services de renseignement, Ngoh Ngoh a perdu son adversaire interne le plus dangereux. L'affaire Zogo a accompli ce que l'enquête Covidgate menaçait de détruire : elle a neutralisé l'homme qui aurait pu le dénoncer.

C'est pourquoi Ngoh Ngoh n'est pas l'instrument de Chantal. Il est son partenaire, et un partenaire dangereux. Pour l'instant, leurs intérêts convergent : elle veut positionner sa première famille ; il veut devenir président ou faiseur de rois permanent. Elle lui apporte la légitimité et l'accès à Paul Biya, dont l'influence s'estompe ; il lui apporte la machine bureaucratique, la capacité d'exécution et les relations dans les services de renseignement qui font fonctionner la machine d'extraction.

Mais Ngoh Ngoh construit pour lui-même, pas seulement pour elle. Les propriétés à l'étranger. Les fonds COVID. La tentative de s'emparer directement de la SNH. L'élimination de l'homme qui connaissait ses plans.

Il est décrit dans les médias camerounais comme le « président en attente », un homme qui « purge lentement mais sûrement le palais de l'Étoudi de ses détracteurs » tout en jetant « ses opposants politiques dans la prison de Kondengui ».

La Première Dame et son co-architecte ont besoin l'un de l'autre. Pour l'instant.

Partie IV : La malédiction du beau-fils

Franck Emmanuel Olivier Biya est né en août 1971, fils de Paul Biya et de sa première épouse, Jeanne-Irene Atyam. Lorsque Jeanne-Irene est décédée en juillet 1992, Franck avait 21 ans. Deux ans plus tard, son père s'est remarié.

La relation entre Franck et sa belle-mère a été toxique dès le début.
« Deux obstacles se dressent sur le chemin de Franck vers le palais présidentiel », rapportait Mondafrique en 2025. « Premièrement, ses mauvaises relations avec Chantal Biya, sa belle-mère, qu'il accuse de s'immiscer de manière abusive entre lui et son père. »

Plusieurs sources confirment que Franck Biya ne peut pas voir son propre père sans l'autorisation de Chantal. La Première Dame contrôle l'agenda présidentiel, le flux des visiteurs, les informations qui parviennent au président vieillissant. Selon les termes d'un analyste : « Elle seule autorise l'accès. »

Mais cette stratégie va bien au-delà du simple contrôle des accès. Chantal et Ngoh Ngoh ont passé des années à mettre en place un réseau destiné à garantir que, à la mort de Paul Biya, les richesses de la nation ne reviennent pas à son fils, mais à leurs proches.

Pour y parvenir, ils ont systématiquement détruit le réseau de soutien de Franck.

Partie V : La famille qu'ils détruisent

Franck Biya n'est pas actif sur le plan politique. Il ne s'est jamais présenté à des élections et n'a jamais donné d'interview. Mais il possède quelque chose que sa belle-mère ne peut lui enlever : les liens du sang avec la famille de sa mère décédée.

Son oncle, Robert Nkili, a occupé le poste de ministre du Travail et des Transports de 2002 à 2015. Son cousin, Louis Paul Motaze, est l'actuel ministre des Finances. Ces hommes doivent leur position à l'influence discrète de Franck auprès de son père. Ils sont les vestiges de l'héritage de Jeanne-Irene Biya, la famille dans laquelle Chantal s'est mariée mais à laquelle elle n'a jamais appartenu.
Et un par un, ils sont neutralisés.

Le premier coup dur a été porté en 2023, avec le meurtre du journaliste Martinez Zogo.

Zogo était connu pour dénoncer les noms. Son émission de radio Embouteillage sur Amplitude FM se consacrait à la dénonciation de la corruption. Dans les semaines qui ont précédé sa mort, il s'était concentré sur un magnat des médias nommé Jean-Pierre Amougou Belinga, un homme étroitement lié au ministre des Finances Motaze et au ministre de la Justice Laurent Esso.

Zogo avait obtenu un dossier, imprimé à partir d'ordinateurs du gouvernement, détaillant environ 79 millions de dollars de paiements versés à Belinga par les caisses de l'État. Il l'avait fait circuler à Yaoundé. Il avait nommé les complices présumés de Belinga : Motaze et Esso.

Trois semaines plus tard, il était mort. Son corps a été retrouvé le 22 janvier 2023 dans un champ à l'extérieur de Yaoundé. Il avait été torturé : les doigts sectionnés, la langue mutilée, les parties génitales détruites.

Les documents judiciaires ont identifié le commandant opérationnel présumé : le lieutenant-colonel Justin Danwe, directeur des opérations du service de renseignement extérieur de la DGRE. Parmi les personnes inculpées pour complicité figurait Martin Stephane Savom, décrit dans les dossiers du tribunal comme « un proche du secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh ». Les relevés téléphoniques ont montré de multiples appels entre Savom et Ngoh Ngoh pendant la période critique de l'enlèvement et du meurtre de Zogo.

Leopold Maxime Eko Eko, chef de la DGRE elle-même, a également été arrêté. Il est décrit comme « le seul à connaître les plans de Ngoh Ngoh et à pouvoir l'arrêter ».
Mais Martinez Zogo n'est pas le seul journaliste à avoir trouvé la mort.

Deux semaines plus tard, le 3 février 2023, Jean-Jacques Ola Bebe a été retrouvé mort, blessé par balle. Ami de Zogo, Ola Bebe était apparu à la télévision la veille de sa mort. Il avait défendu Belinga, mais avait également lancé un avertissement qui ressemble aujourd'hui à une prophétie : les journalistes doivent rester impartiaux, avait-il déclaré, car « vos propres camps ne garantiront pas votre survie... vous êtes utilisés et ensuite, il n'y a plus rien à gagner pour eux, au contraire, vous êtes désormais un témoin gênant ».

Il a été abattu le lendemain matin. Aucune arrestation n'a été effectuée.

La chef de l'opposition, Kah Walla, a déclaré aux enquêteurs qu'elle pensait qu'« une faction en lutte pour le pouvoir voulait utiliser le meurtre de Zogo pour détruire une autre faction », ce qui a conduit à des arrestations massives qui ont ensuite « pris fin brusquement, comme si un accord avait été conclu ».

La faction détruite était celle de Franck Biya.

Belinga reste emprisonné. Motaze, bien qu'il n'ait jamais été inculpé, a été publiquement discrédité. Esso est resté silencieux. Et aujourd'hui, deux ans plus tard, Motaze a de nouveau été humilié, cette fois-ci à propos d'un contrat portuaire qu'il a explicitement tenté d'empêcher.
Le schéma est indéniable.

Partie VI : La machine d'extraction

Au Cameroun, le pouvoir a toujours été synonyme d'accès aux ressources. Mais ce que Chantal et Ngoh Ngoh sont en train de construire va au-delà du clientélisme traditionnel. Il s'agit d'une machine d'extraction conçue pour générer des revenus pendant des décennies, quel que soit le titulaire officiel du pouvoir politique.
Cette machine comporte trois éléments : les ports, le pétrole et l'or.

ports : Au cœur de l'exploitation portuaire se trouve l'alliance documentée entre Ngoh Ngoh et Cyrus Ngo'o, directeur général du Port Autonome de Douala.

Une plainte déposée en 2021 par le Cabinet Atou faisait référence à « les NGOH-NGO'O » - le tandem Ngoh-Ngo'o - comme une entité unique qui avait « paralysé toutes les administrations de la défense et de la sécurité ainsi que les responsables du contrôle des flux financiers » afin d'introduire des matériaux au Cameroun « à titre personnel et privé » sans aucun contrôle.

En 2019, l'année même où Ngoh Ngoh a reçu sa délégation permanente de signature présidentielle, une société appelée Transatlantic D SA a fait son apparition dans le secteur portuaire camerounais. Elle a signé une concession avec le port de Kribi. En décembre 2025, cette entité s'est vu attribuer un contrat de construction-exploitation-transfert d'une durée de 25 ans couvrant l'ensemble du scannage des marchandises à Douala.

La propriété effective de la société est totalement occultée. Mais un nom est identifiable : Edwin Ngumbi Nche, qui occupe les fonctions de PDG et de directeur. M. Nche dirigeait auparavant « Transatlantic Business Consulting » et a présenté la technologie des scanners à l'ambassade des États-Unis à Yaoundé en juillet 2015. Au-delà de cela, la structure de propriété reste opaque.

Le contrat s'étend jusqu'en 2051. Les flux de revenus sont garantis pour une génération.

Mais la stratégie est plus sophistiquée qu'une simple saisie. Une lettre confidentielle datée du 2 février 2026, obtenue par l'auteur, révèle la phase suivante. Signée par Cyrus Ngo'o lui-même, cette lettre invite SGS à une réunion le 4 février « afin d'examiner... les modalités pratiques de la reprise de vos activités de scannage au port de Douala-Bonabéri ».

La phrase clé se trouve dans la dernière partie : « examen de l'hypothèse d'une collaboration entre SGS Cameroon S.A. et TransAtlantic.D S.A. ».

Il ne s'agit pas d'une expulsion, mais d'un partenariat forcé. SGS, la multinationale suisse jouissant d'une crédibilité mondiale et d'une expertise technique, serait contrainte de légitimer la société liée au régime qui l'a remplacée. Transatlantic s'empare des revenus, tandis que SGS apporte le vernis des normes internationales. La lettre va même jusqu'à justifier cette décision en accusant SGS d'avoir « un impact négatif sur les retards de transit portuaire, contraire aux objectifs de compétitivité ».


Le document fait référence à des « prescriptions du Premier ministre » datées du 30 janvier 2026. Mais cette formulation cache un acte de défi remarquable. La veille, le 29 janvier, le Premier ministre Joseph Dion Ngute avait convoqué toutes les parties à l'Immeuble Étoile à Yaoundé et ordonné au PAD de maintenir le contrat avec SGS. Selon la presse camerounaise, le Premier ministre aurait « contredit frontalement » les instructions de la présidence, ce qui constitue un rare exemple de résistance institutionnelle.

Cyrus Ngo'o l'a tout simplement ignoré. Le PAD a continué à travailler avec Transatlantic, et la lettre de Ngo'o du 2 février invite SGS à discuter d'une « collaboration » qui les subordonnerait à la société même qui les a remplacés, tout en citant les « prescriptions » d'un Premier ministre dont la prescription réelle était tout à fait contraire.

Le tandem Ngoh-Ngo'o passe outre non seulement le ministre des Finances, mais aussi le Premier ministre lui-même. Ils opèrent au-dessus de la structure gouvernementale officielle, ne rendant compte qu'à l'autorité parallèle qu'ils ont construite autour d'une présidence incapable d'agir.

Le pétrole :

L'empire pétrolier opère depuis une villa située dans le quartier Hippodrome de Yaoundé, juste à côté de la Cour des comptes.

Nathalie Moudiki est l'épouse d'Adolphe Moudiki, qui dirige la SNH depuis 1993. Mais c'est Nathalie qui détient le véritable pouvoir. Elle occupe le poste de directrice des affaires juridiques de la SNH, préside les réunions importantes, établit les calendriers des appels d'offres et dirige Cstar, une filiale controversée de la SNH qui mène des projets pétroliers de plusieurs milliards de dollars sans l'accord du conseil d'administration.

Nathalie Moudiki est également trésorière du CERAC, le Cercle des amis du Cameroun, une organisation fondée par Chantal Biya qui rassemble les épouses des ministres et des dignitaires. Grâce au CERAC, Chantal maintient un réseau d'influence parallèle en dehors des canaux officiels du gouvernement. Son cousin, Samuel Mvondo Ayolo, dirige le Cabinet civil directement sous les ordres de Ngoh Ngoh.

Selon le Cameroon Intelligence Report, l'opération Cstar implique « des réunions douteuses à Dubaï, des structures offshore fictives et des partenariats suspects ». Lors d'une réunion tenue en juin 2024 à Dubaï pour approuver le plan de développement de Cstar, un nom ressort parmi les participants : Franck Hertz-Biya.

Franck Hertz est le fils de Chantal issu d'une précédente relation. Il n'a pas le sang des Biya. Pourtant, il utilise le nom composé « Hertz-Biya » et joue un rôle actif dans le réseau d'extraction pétrolière.

Les mêmes rapports indiquent que « Franck Hertz-Biya joue un rôle actif dans les négociations en cours pour l'attribution à la SNH d'un site de 250 hectares dans le port de Kribi ».

Mais l'empire de Franck Hertz s'étend bien au-delà des négociations pétrolières. Après avoir obtenu un MBA en logistique à l'Institut Supérieur du Commerce de Paris, il a brièvement travaillé à la compagnie pétrolière nationale SNH avant de la quitter pour fonder HLOGISTICS (HLOG), absorbant les actifs de la société MAC PAC de son défunt père Louis Hertz.

HLOG est devenu un cas d'étude sur la manière dont les relations familiales se traduisent en contrats lucratifs. Selon des sources camerounaises, l'entreprise a obtenu d'importants contrats d'infrastructure « en bénéficiant du soutien de sa mère par l'intermédiaire du secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh ». Un journaliste camerounais a décrit le mécanisme : « Il suffit d'un mot à l'oreille du secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, de la part de la première dame, Chantal Biya, puis d'un coup de téléphone à son ami et partenaire au Port Autonome de Douala, le Sicilien du PAD, Cyrus Ngo'o... et l'affaire est conclue en faveur de HLOG. »

Les contrats sont colossaux. HLOG s'est chargé du transport et du dédouanement pour le projet de modernisation du réseau électrique national (PRRTERS), en acheminant des transformateurs électriques de 75 à 85 tonnes du port de Douala à Nyom II. Pour le barrage hydroélectrique de Nachtigal, le plus grand projet d'infrastructure de l'histoire du Cameroun, HLOG a géré le transport d'équipements pesant jusqu'à 73 000 kilogrammes. L'entreprise a obtenu des contrats pour la construction du stade de la Coupe d'Afrique des nations.

En 2023, le Port Autonome de Douala a attribué 5 000 mètres carrés à HLOG, permettant à Franck Hertz d'exercer ses propres activités de manutention et de traitement de marchandises dans le port le plus actif du Cameroun. Cyrus Ngo'o et Ferdinand Ngoh Ngoh font actuellement l'objet d'une enquête du Tribunal pénal spécial pour détournement présumé d'environ 50 milliards de FCFA.


Franck Hertz est également propriétaire de CRÉA CONSULT, qui, selon des rapports de lanceurs d'alerte, a remporté des contrats d'une valeur de près de 2 milliards de FCFA pour superviser la réparation des routes à Yaoundé et Douala. En mai 2025, il a été nommé au conseil d'administration de Tradex, la filiale de distribution pétrolière de la SNH.

L'ampleur de sa fortune accumulée a été révélée au grand jour de manière inhabituelle : début 2024, 8 milliards de FCFA en espèces auraient été volés dans sa résidence. Cela représente environ 13 millions de dollars, conservés chez lui.

Ce n'est pas une anecdote. C'est révélateur. Le fils de la Première Dame issu d'une précédente relation, qui n'est pas un Biya de sang, est en train d'être placé au sein des réseaux pétroliers, portuaires et infrastructurels. Pendant ce temps, le fils aîné de Paul Biya, Franck Biya, est mis à l'écart.

En avril 2025, des rapports de lanceurs d'alerte ont retracé la disparition d'au moins cinq cargaisons de pétrole de la SNH, soit 230 millions de dollars qui auraient été détournés par le biais d'opérations offshore.

L'or :

L'exploitation aurifère est la plus explosive - et la plus récemment mise au jour.

En décembre 2025, l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives a publié un rapport explosif. Selon les déclarations officielles du Cameroun, le pays n'a exporté que 22,3 kg d'or en 2023. Mais les données commerciales internationales ont montré que d'autres pays, principalement les Émirats arabes unis, ont déclaré avoir importé 15,2 tonnes d'or provenant du Cameroun.

La différence : près de 15 tonnes d'or ont disparu. Plus de 90 % ont été retracées à Dubaï. L'ITIE estime les pertes fiscales potentielles à 165 milliards de francs CFA par an.

Une étude d'Interpol réalisée en 2021 avait déjà documenté ce schéma. En 2017, le Cameroun a déclaré n'avoir exporté que 4 kilogrammes d'or vers les Émirats arabes unis. Les Émirats arabes unis ont déclaré avoir importé 10,9 tonnes du Cameroun la même année.

Au centre des réseaux d'or se trouve Oswald Baboke.

Baboke est directeur adjoint du cabinet civil, chargé, selon Jeune Afrique, des « affaires privées de la Première dame ». Il est décrit comme « l'un des leaders les plus influents du Cameroun ».

Il est originaire de Dimako, dans la région Est du Cameroun, au cœur du territoire aurifère du pays, et notamment du village de la mère de Chantal Biya.

L'empire minier de la famille Baboke est bien plus vaste qu'une simple entreprise. Sa fille Indira Baboke détient trois permis d'exploitation minière dans l'est du Cameroun, permis qui, selon la loi camerounaise, ne peuvent être délivrés qu'à des ressortissants camerounais. Elle loue ces permis à des sociétés minières chinoises semi-mécanisées moyennant un loyer annuel. C'est un modèle bien documenté dans tout l'est du Cameroun : les élites locales obtiennent des permis, puis les louent à des opérateurs chinois qui apportent des bulldozers, des décapeuses et des équipements de traitement pour extraire l'or à l'échelle industrielle.

Mais selon des rapports d'enquête camerounais, les activités aurifères de Baboke vont au-delà de l'exploitation minière officielle. Il « exploite l'or dans l'est du Cameroun et le vend à l'étranger par l'intermédiaire d'hommes d'affaires et d'athlètes », opérant ainsi en dehors des circuits officiels. La destination : Dubaï, où Baboke possède plusieurs propriétés.

Le portefeuille d'activités de la famille est impressionnant pour un fonctionnaire de carrière. En 2022, Baboke a fondé Jociddalo Petroleum SA, une société détenue par sa femme Crescence et sa fille Indira. En quelques mois, elle a obtenu l'autorisation du gouvernement d'importer 10 000 tonnes de diesel, une opération évaluée à 7 milliards de FCFA. La société procède actuellement à l'expropriation de terrains à Yaoundé pour y installer des stations-service.

Par l'intermédiaire d'une autre société, SICCA SARL, Baboke a obtenu des contrats gouvernementaux d'une valeur de plusieurs milliards : 1,45 milliard de FCFA pour des produits de traitement de l'eau de la CAMWATER en 2019, des contrats d'entretien routier de la FEICOM d'une valeur de plusieurs dizaines de millions et des contrats annuels d'approvisionnement en papier. Il est propriétaire du restaurant « Le Continent » dans le quartier huppé de Bastos, construit sur un terrain qui était autrefois la maison où vivaient la mère et le beau-père de Chantal Biya jusqu'à leur mort. Il possède un autre restaurant à Nkoldongo, une salle de réception appelée EDEN à Ekounou et une chaîne de pressing qui porte le nom de son fils, inscrit dans une académie de football à Dubaï.

Les services de renseignement ont estimé la valeur de ses deux résidences principales, à Yaoundé et dans son village natal, à environ 3 milliards de francs CFA. Telle est la fortune de l'homme qui gère les affaires privées de la Première Dame.

Selon les médias camerounais, Baboke serait pressenti pour succéder à Adolphe Moudiki à la tête de la SNH, une nomination qui aurait été poussée par Ferdinand Ngoh Ngoh lui-même. S'il est nommé, cet homme qui gère déjà des réseaux de contrebande d'or et les affaires privées de la Première Dame contrôlerait alors la compagnie pétrolière nationale du Cameroun.

Modeste Mopa Fatoing, directeur général des impôts, décrit comme « intime » du secrétaire général, travaille aux côtés de Ngoh Ngoh dans l'architecture financière. Mopa Fatoing contrôle l'appareil fiscal qui devrait percevoir les recettes provenant de ces flux de ressources, mais ce n'est pas le cas.

La géographie n'est pas une coïncidence. La région de l'Est est celle où circule l'or. Baboke est originaire de l'Est. Ses entreprises opèrent dans l'Est. Sa protectrice, Chantal Biya, a des racines familiales dans l'Est. Et 15 tonnes d'or par an partent pour Dubaï, en dehors de tous les circuits officiels.

Partie VII : Le vide constitutionnel :

Que se passera-t-il lorsque Paul Biya mourra ?
En vertu de la Constitution camerounaise, les pouvoirs présidentiels sont transférés au président du Sénat, qui doit organiser des élections dans un délai de 120 jours. Le président actuel du Sénat est Marcel Niat Njifenji. Il est âgé de 88 ans. Son état de santé serait aussi précaire que celui de Biya.

Cela crée un vide du pouvoir que la Constitution ne peut combler. Si Biya décède et que Njifenji ne peut pas assumer ses fonctions, la succession devient une question de pouvoir brut : qui contrôle les services de sécurité, qui contrôle les institutions, qui peut revendiquer la légitimité.

Le partenariat Chantal-Ngoh Ngoh s'est préparé à cette éventualité. Le général Amougou Emmanuel, chef de cabinet du président, a signé la lettre confidentielle ordonnant le retrait de la SGS du port, démontrant ainsi l'alignement de l'armée sur leur faction. D'autres généraux évaluent leur position.

Le général Ivo Yenwo, chef de la sécurité présidentielle, aurait été affaibli par les retombées de l'affaire Martinez Zogo. L'appareil sécuritaire n'est pas monolithique. Certains officiers ont des liens avec Franck Biya, d'autres ont été cultivés par le réseau de Chantal, d'autres encore restent prudents.
« La probabilité que certaines composantes de l’armée puissent intervenir » dans une crise de succession est réelle, a confié un analyste de la défense à l’AFP.

Mais si le partenariat parvient à gérer la transition, une intervention militaire pourrait s’avérer inutile. La machine d’extraction sera déjà en place. Les contrats portuaires courront jusqu’en 2051. Le pétrole transitera par Cstar. L’or continuera d’être acheminé vers Dubaï. L’argent arrivera, peu importe qui siègera au palais présidentiel.

Ngoh Ngoh, le « président en attente », prendra soit lui-même le trône, soit installera quelqu’un qu’il contrôle. Les fils aînés de Chantal — Franck Hertz et Patrick Hertz — continueront de profiter des accords pétroliers et portuaires. Et l’héritier légitime, Franck Biya, restera exclu de l’héritage de son père.
Le coup d’État aura déjà eu lieu.

Partie VIII : Les deux Franck

Voici ce qui distingue cette histoire des luttes de succession africaines ordinaires.

Chantal Biya ne cherche pas à placer sur le trône ses enfants biologiques avec Paul Biya. Ses jumeaux avec le président — Paul Biya Junior et Brenda — ne sont pas des prétendants sérieux au pouvoir. Ils ont été écartés.

À la place, elle positionne ses fils issus d’une relation précédente — Franck Hertz et Patrick Hertz, qui ne portent aucun sang Biya — au cœur des réseaux capturant les ressources les plus précieuses du Cameroun.

Franck Hertz-Biya participe à des réunions à Dubaï pour planifier l’extraction pétrolière. Il négocie pour la SNH l’acquisition de terrains portuaires. Il utilise le nom Biya bien qu’il ne soit pas le fils de Paul Biya.

Franck Biya — le véritable fils, l’héritier de sang, l’enfant de Paul Biya et de sa première épouse Jeanne-Irène — ne parvient même pas à obtenir un rendez-vous avec son propre père. Son cousin, le ministre des Finances, est publiquement humilié. Ses alliés sont emprisonnés ou réduits au silence. Son héritage est volé sous ses yeux.

Et Ferdinand Ngoh Ngoh — le co-architecte, le gestionnaire opérationnel, l’homme qui a échappé à son propre mandat d’arrêt et éliminé le chef du renseignement qui connaissait ses plans — bâtit sa propre fortune parallèle tout en se positionnant comme futur président ou comme pouvoir permanent derrière le trône.

Ce n’est pas de la politique de succession. C’est un vol par partenariat : une Première dame qui extrait la richesse pour sa première famille, et un Secrétaire général qui extrait la richesse pour lui-même, pendant que l’héritier légitime regarde et que la nation est dépouillée.

Partie IX : Le silence

La communauté internationale n’a presque rien dit à propos de tout cela.

La France, ancienne puissance coloniale, observe la descente du Cameroun avec une indifférence apparente. Les États-Unis ne montrent aucun appétit pour l’engagement. L’Union africaine est silencieuse. Les organisations régionales n’exercent aucune pression significative.

Pendant ce temps, une Première dame qui n’a jamais été élue à quoi que ce soit et un Secrétaire général qui signe au nom du président se positionnent pour hériter d’une nation de 28 millions d’habitants. Le propre fils du président est mis à l’écart. Les journalistes qui posent des questions sont torturés et tués. L’or afflue vers Dubaï. Les accords pétroliers sont signés en secret. Les contrats portuaires sont attribués à des sociétés aux propriétaires introuvables.

L’élection camerounaise d’octobre 2025 a été documentée comme frauduleuse par des observateurs citoyens dans plus de 1 200 bureaux de vote. Le Conseil constitutionnel a néanmoins déclaré Paul Biya vainqueur. Il gouvernera, en théorie, jusqu’en 2032 — âge auquel il aurait 98 ans.

Personne ne croit qu’il vivra jusque-là. Personne ne croit qu’il gouverne réellement aujourd’hui.

La question n’est pas de savoir s’il y aura une transition. La question est de savoir si la transition n’a pas déjà eu lieu — silencieusement, par l’accumulation de contrats, de concessions et d’institutions corrompues — pendant que le monde regardait ailleurs.

La toile

Pour comprendre l’architecture de ce coup d’État silencieux, voici les acteurs :

Le partenariat

• Ferdinand Ngoh Ngoh — Secrétaire général de la Présidence, détient la délégation de signature présidentielle, président du conseil d’administration de la SNH, a échappé à un mandat d’arrêt en octobre 2022
• Chantal Biya — Première dame, contrôle tous les accès au président Biya, arbitre suprême

Le cercle intérieur

•Oswald Baboke — Directeur adjoint du Cabinet civil, gère les affaires privées de la Première dame, originaire de Dimako (Est / ceinture aurifère), sa fille détient 3 permis miniers loués à des opérateurs chinois, propriétaire de Jociddalo Petroleum SA et SICCA SARL, plusieurs propriétés à Dubaï, environ 3 milliards FCFA d’immobilier à Yaoundé
• Samuel Mvondo Ayolo — Directeur du Cabinet civil, cousin de Nathalie Moudiki
• Cyrus Ngo’o — Directeur général du Port autonome de Douala, forme le tandem « NGOH-NGO’O », actuellement sous enquête pour un détournement de 50 milliards FCFA

Les contrôleurs de ressources
1. Nathalie Moudiki — Directrice juridique de la SNH, dirige la filiale Cstar, trésorière du CERAC, architecte financière de Chantal
2. Edwin Ngumbi Nche — PDG de Transatlantic D SA (monopole du scanning portuaire)
3. Modeste Mopa Fatoing — Directeur général des Impôts, proche de Ngoh Ngoh

Les bénéficiaires de la Première famille

1. Franck Hertz — Fils de Chantal (sans lien de sang Biya), utilise le nom « Hertz-Biya », propriétaire de HLOG (5 000 m² au port de Douala), CRÉA CONSULT (~2 milliards FCFA de contrats routiers), administrateur de Tradex, actif dans Cstar et le port de Kribi, 8 milliards FCFA volés à son domicile en 2024
2. Patrick Hertz — Fils de Chantal, co-propriétaire des entreprises familiales, partagé entre Paris et Yaoundé
3. Indira Baboke — Fille d’Oswald Baboke, détentrice de 3 permis miniers loués à des sociétés chinoises, co-propriétaire de Jociddalo Petroleum SA

Alignement militaire

1. Général Amougou Emmanuel — Chef d’état-major particulier du président
2. Général Ivo Yenwo — Chef de la sécurité présidentielle

Les éliminés
• Martinez Zogo — Journaliste, assassiné en janvier 2023
• Jean-Jacques Ola Bebe — Journaliste, assassiné en février 2023
• Lt-col. Justin Danwe — Directeur des opérations de la DGRE
• Léopold Maxime Eko Eko — Ancien patron de la DGRE, arrêté
• Jean-Pierre Amougou Belinga — Magnat des médias, emprisonné
• Louis Paul Motaze — Ministre des Finances, cousin de Franck Biya
• Laurent Esso — Ministre de la Justice, réduit au silence

Le vide constitutionnel
• Marcel Niat Njifenji — Président du Sénat, 88 ans, successeur constitutionnel, santé fragile

L’héritier gelé
• Franck Biya — Fils aîné de Paul Biya, privé d’accès à son père, réseau détruit

Conclusion : Le vol

Un port confisqué. Deux journalistes assassinés. Un ministre humilié. Un chef du renseignement éliminé. Un Secrétaire général échappant à son propre mandat d’arrêt. Quinze tonnes d’or disparaissant chaque année vers Dubaï. Des permis miniers loués à des opérateurs chinois. Un contrat portuaire de 25 ans attribué à une société opaque. Une filiale pétrolière opérant sans validation du conseil. Des fils issus d’une relation antérieure placés dans les réseaux d’extraction. Des milliards de contrats d’infrastructures. Un héritier de sang tenu à l’écart.

Ce ne sont pas des histoires séparées. C’est une seule et même histoire : le vol d’un pays par un partenariat — une Première dame et un Secrétaire général — exécuté par procuration, contrats et violence, pendant que le président sombre dans la sénescence et que le monde détourne le regard.

Le coup d’État a déjà eu lieu.
Il n’en a simplement pas l’apparence.

Par Joaquim Ferrara