Actualités of Sunday, 8 February 2026

Source: www.camerounweb.com

Paul Biya a des soucis à se faire

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Invité de l'émission « Droit de Réponse » sur Équinoxe TV, Benjamin Ngongang a livré une analyse sans concession sur la notion d'État de droit au Cameroun. Au cœur de son intervention : le respect des contrats signés par l'État, notamment ceux liant le Port Autonome de Douala à ses partenaires jusqu'en 2032.

Pour Benjamin Ngongang, l'État de droit ne se résume pas à sanctionner les citoyens ordinaires qui enfreignent la loi. Il s'agit avant tout d'un principe qui doit s'appliquer avec la plus grande rigueur à ceux qui exercent des responsabilités publiques, qu'ils soient élus ou nommés.
« Quand on dit que l'ordre doit régner, ce n'est pas seulement pour les personnes qu'on va arrêter parce qu'elles n'auraient pas respecté ce que dit la loi, ni frapper ou casser quand on n'est pas content du résultat », a-t-il déclaré, insistant sur la responsabilité particulière des détenteurs de mandats publics.

L'analyste a ensuite abordé la question épineuse du respect des engagements contractuels de l'État camerounais. Selon lui, lorsque l'État signe un contrat, c'est la parole même du Cameroun qui est engagée sur la scène internationale et nationale.
« L'ordre doit régner : cela signifie qu'on doit savoir que si l'État s'est engagé à signer, c'est la parole du Cameroun qui est donnée lorsqu'on signe un contrat à ce niveau ; on doit le respecter. On doit respecter cet engagement », a-t-il martelé.

Prenant l'exemple du Port Autonome de Douala et d'un contrat engageant l'État jusqu'en 2032, Benjamin Ngongang a rappelé qu'il existe des procédures légales pour renégocier ou mettre fin à un contrat jugé défavorable.
Il a précisé que si le Directeur général du Port Autonome de Douala, étant sur le terrain, constate que les performances du contrat ne sont plus à l'avantage du Cameroun, celui-ci a le devoir d'en informer le ministre des Finances et de proposer une révision.

Tout en reconnaissant la possibilité de mettre fin à un contrat avant son terme, Benjamin Ngongang a insisté sur la nécessité de respecter les procédures prévues, notamment les clauses de résiliation.

« Mettons les choses en ordre, car normalement les contrats prévoient des clauses de résiliation. Donc on peut mettre un terme à un contrat avant même sa fin, mais il faut faire les choses comme il se doit. Sinon, on s'expose et le ministre des Finances l'a rappelé à des pénalités que le Cameroun devra encore supporter », a-t-il averti.

Cette intervention de Benjamin Ngongang intervient dans un contexte où la gestion de certains contrats publics fait l'objet de débats au Cameroun. Son message est clair : les responsables publics doivent non seulement respecter les engagements de l'État, mais aussi agir avec méthode et transparence lorsque l'intérêt national l'exige.

Le respect de l'État de droit, selon lui, passe par l'exemplarité de ceux qui dirigent et par le respect scrupuleux des procédures, même lorsqu'il s'agit de corriger une situation jugée défavorable pour le pays.