Actualités of Wednesday, 28 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Quand le professeur Bahebeck menace Ernest Obama de fouet en direct

Image illustrative Image illustrative

Un plateau télé camerounais s'est transformé en ring verbal ce lundi. Le professeur Bahebeck, figure de l'opposition, a violemment pris à partie le journaliste Ernest Obama, l'accusant d'être un militant déguisé du parti au pouvoir.



Dans une séquence particulièrement tendue, le professeur Bahebeck n'a pas mâché ses mots face au journaliste : "Obama tu es du RDPC, tu parles comme un type du RDPC. Tu te maquilles derrière une chaîne de télévision, mais tu es un militant et tu viens ici me contrarier".

Puis, dans une escalade verbale inquiétante, l'opposant a lancé cette menace : "Quand je serai président, les gens comme toi, on va vous fouetter. Si tu fais preuve de mauvaise foi, on te fouette avant de te juger".

Cette charge intervient alors qu'Ernest Obama, qui s'était illustré aux côtés de Bruno Bidjang et Raoul Bia comme fervent défenseur de Paul Biya lors de la présidentielle de 2025, s'apprête désormais à franchir un nouveau cap : la création de sa propre chaîne de télévision.

Un projet qui semble confirmer les accusations de partialité régulièrement formulées à son encontre par les opposants au régime, qui l'accusent de pratiquer un journalisme partisan sous couvert d'objectivité professionnelle.

Au-delà de l'incident lui-même, cet échange soulève plusieurs questions troublantes sur l'état du débat politique camerounais. D'un côté, la violence verbale et les menaces proférées par un opposant qui se projette déjà dans l'exercice du pouvoir avec des méthodes pour le moins autoritaires. De l'autre, la question de l'indépendance réelle des journalistes dans un paysage médiatique camerounais où les frontières entre information et militantisme semblent de plus en plus floues.

La menace de "fouetter avant de juger" rappelle d'ailleurs les méthodes les plus sombres des régimes autoritaires, ironiquement celles-là même que l'opposition reproche au pouvoir en place.

Le parcours d'Ernest Obama illustre les contradictions du journalisme politique camerounais. Longtemps perçu comme un soutien indéfectible du régime Biya, le journaliste s'apprête à devenir patron de médias, une évolution qui pose la question de la neutralité éditoriale dans un contexte politique hautement polarisé.