Actualités of Tuesday, 27 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Louis Paul Motaze gaspille des milliards et déclenche la colère foudroyante de Paul Biya

Gaspillage de fonds Gaspillage de fonds

Des milliards ont été engloutis pour rien, « tout cela à cause de Louis Paul Motaze », accuse Paul Chouta. Le lanceur d'alerte n'y va pas mollement. Le ministre des Finances appréciera.

« Nous avons lourdement investi dans les barrages. Mais on a l'impression que plus on investit dans les barrages, moins il y a de l'électricité. Comment expliquez-vous cela monsieur le ministre ? », Célestin Tawamba, président du Gecam.

La citation de Célestin Tawamba, président du Groupement des entreprises du Cameroun, soulève un paradoxe frappant : malgré des investissements colossaux, le déficit énergétique persiste et les délestages s'intensifient.

Voici une analyse des problématiques liées à ces projets et des milliards investis sans résultats pour les usagers.

Le Cameroun a mobilisé des sommes astronomiques pour moderniser son infrastructure énergétique. Barrage de Nachtigal, un projet de plus de 1,2 milliard d'euros (environ 780 milliards de francs CFA) pour une puissance de 420 MW.

Barrage de Lom Pangar, financé à hauteur de plusieurs centaines de millions de dollars par la Banque mondiale, l'AFD et la BEI pour réguler le débit du fleuve Sanaga. Plan global, l'État a annoncé un programme de plus de 2 000 milliards de francs CFA d'investissements pour résorber le déficit d'ici 2030.

Le paradoxe : pourquoi le manque d'énergie persiste ? Célestin Tawamba souligne que ces investissements ne se traduisent pas par une amélioration du service pour les entreprises et les ménages. Plusieurs freins expliquent ce décalage. L'aléa climatique : la faible pluviométrie entraîne un déficit hydrique critique (estimé à 2 ou 3 milliards de m³ d'eau), rendant les barrages impuissants durant les périodes de sécheresse.

Le réseau de transport vétuste : produire de l'électricité ne suffit pas si on ne peut pas l'acheminer. La saturation des lignes, notamment sur l'axe stratégique Edéa-Douala, empêche l'évacuation de l'énergie produite.
Les pertes et la fraude : on estime que 30 % de la production est perdue à cause de la vétusté du réseau et de la fraude, ce qui représente un manque à gagner annuel d'environ 60 milliards de francs CFA.

Les problématiques soulevées par le Patronat (Gecam). Pour Célestin Tawamba, cette situation est un frein majeur à l'industrialisation et à la croissance du pays. Manque de visibilité : les entreprises ne peuvent pas planifier leur production sans une fourniture d'énergie stable et de qualité.

Modèle à bout de souffle : le patronat appelle à une "rupture" avec la gouvernance actuelle du secteur pour attirer davantage d'investissements privés et garantir une sécurité juridique. Coût de l'énergie : en plus de la rareté, le coût élevé de l'électricité pèse sur la compétitivité des entreprises camerounaises.

Le ministre de l'Eau et de l'Énergie a récemment promis une amélioration d'ici deux ans, grâce notamment au raccordement de puissances supplémentaires pour les industriels et au refinancement de la dette du secteur.