Actualités of Tuesday, 27 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Les coulisses de la rupture Kamto-Tchiroma : quand l'alliance rêvée vire au cauchemar

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Dans une enquête exclusive publiée le 26 janvier 2026, Jeune Afrique révèle les dessous de l'échec de l'alliance entre Maurice Kamto et Issa Tchiroma Bakary, deux figures majeures de l'opposition camerounaise. Le magazine panafricain dévoile notamment une tentative désespérée de Kamto pour récupérer la direction du parti de Tchiroma Bakary après l'invalidation de sa candidature présidentielle, une proposition qui a été fermement rejetée. Ces révélations mettent en lumière les rivalités d'ego et les calculs politiques qui minent l'unité de l'opposition camerounaise face au régime de Paul Biya.

Jeune Afrique lève le voile sur un épisode méconnu mais décisif dans les relations entre Maurice Kamto et Issa Tchiroma Bakary. Selon les révélations du magazine, à quelques semaines de la présidentielle d'octobre 2025, Maurice Kamto, dont la candidature avait été invalidée par le Conseil constitutionnel, s'est retrouvé dans une position délicate face à l'hémorragie de ses militants qui ralliaient progressivement Issa Tchiroma Bakary.

Le magazine rapporte que Kamto a d'abord envisagé de publier un communiqué pour dénoncer publiquement ces ralliements qu'il considérait comme des trahisons. Mais conscient que cette stratégie risquait d'aggraver la situation et de le marginaliser davantage, le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) s'est ravisé. Acculé et observant "avec inquiétude une partie de ses militants rallier Issa Tchiroma Bakary", révèle Jeune Afrique, Kamto a alors tenté un coup audacieux.

Selon l'enquête du magazine, Maurice Kamto s'est rapproché de Tchiroma Bakary avec une proposition pour le moins surprenante : lui demander de lui céder la direction du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) afin de pouvoir se présenter à l'élection présidentielle sous cette bannière. Une démarche qui témoigne autant du désespoir de Kamto que de son ego surdimensionné, estimant pouvoir simplement prendre les commandes du parti d'un autre candidat.
Sans surprise, Jeune Afrique rapporte que cette proposition a été "fermement rejetée" par Issa Tchiroma Bakary, mettant ainsi "fin à toute perspective de convergence" entre les deux hommes. Ce refus marque le point de non-retour dans les relations entre ces deux figures de l'opposition camerounaise, qui avaient pourtant tout pour s'entendre face à leur adversaire commun, Paul Biya.

Le magazine dévoile également les efforts déployés par Tchiroma Bakary pour séduire la base militante de Kamto avant l'élection. Jeune Afrique rapporte qu'Issa Tchiroma s'est démarqué "en étant le seul candidat à se tenir aux côtés" de Maurice Kamto lors de l'audience d'examen de sa candidature devant le Conseil constitutionnel. Une présence symbolique forte qui visait à envoyer un message d'unité à l'opposition.

Dans la foulée, révèle le magazine, "le FSNC reprend les arguments des partisans de Kamto et publie un communiqué dénonçant la décision du Conseil constitutionnel de rejeter le dossier." Mieux encore, sous la pression de militants proches de Kamto, Jeune Afrique indique qu'Issa Tchiroma Bakary est allé "plus loin en limogeant Jeanne Nsoga, secrétaire générale du FSNC, dont certaines prises de position étaient jugées à connotation tribaliste, anti-Bamiléké, l'ethnie de Kamto."

Cette révélation est particulièrement significative car elle démontre jusqu'où Tchiroma était prêt à aller pour rallier la base de Kamto, quitte à sacrifier sa propre secrétaire générale. Mais ces gestes d'ouverture n'ont apparemment pas suffi à convaincre le leader du MRC de s'effacer au profit de son concurrent.
Jeune Afrique révèle également l'ambiguïté de Maurice Kamto après la proclamation des résultats de la présidentielle. Tandis que plusieurs responsables politiques, "dont Ateki Seta Caxton (Parti de l'alliance libérale) et Samuel Hiram Iyodi (Front des démocrates camerounais), reconnaissent publiquement la victoire d'Issa Tchiroma Bakary", le magazine rapporte que "Maurice Kamto se contente d'un communiqué prudent et ambigu", refusant ainsi de soutenir clairement son concurrent de l'opposition.

Plus troublant encore, Jeune Afrique dévoile les sous-entendus lancés par Kamto à l'encontre de Tchiroma après l'exil de ce dernier. Lors du décès d'Anicet Ekane, alors que Kamto était "déjà critiqué pour l'absence d'une stratégie claire face à Paul Biya", le magazine rapporte qu'il a lancé "une phrase lourde de sous-entendus : 'Pour ma part, je suis né ici, je vis ici et je mourrai ici. Si le pire devait arriver, nous l'attendrons ici dans la dignité, et les humiliations répétées n'y changeront rien.'"

Jeune Afrique précise que cette déclaration a été "interprétée comme une allusion directe au choix d'Issa Tchiroma Bakary de s'exiler au Nigeria puis en Gambie, après la présidentielle du 12 octobre." Une pique à peine voilée qui témoigne de la détérioration des relations entre les deux hommes.

Les révélations du magazine mettent en lumière une opposition camerounaise minée par les rivalités personnelles, les calculs politiques et l'incapacité à construire un front uni face au pouvoir en place. Elles expliquent pourquoi, malgré des trajectoires similaires et un adversaire commun, Kamto et Tchiroma n'ont jamais réussi à unir leurs forces, condamnant ainsi l'opposition à l'impuissance face à un régime vieux de plus de quarante ans.