Actualités of Saturday, 24 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Remaniement: c'est acté pour Jean de Dieu Momo

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Alors que la perspective d'un remaniement ministériel maintient Yaoundé en haleine, Jean de Dieu Momo, ministre délégué auprès du ministre de la Justice, affiche une confiance déconcertante. Loin de toute inquiétude, l'homme surnommé Fo'o Dzakeutonpoug multiplie les déclarations provocatrices sur les réseaux sociaux, assurant que son avenir au gouvernement est solidement arrimé à la récente réélection du président Paul Biya.



Dans un contexte où l'annonce présidentielle d'une nouvelle équipe gouvernementale plonge nombre de dignitaires dans l'angoisse, Jean de Dieu Momo a choisi une approche radicalement différente : l'humour et la provocation assumée.

Sur les réseaux sociaux, vêtu d'un costume jaune moutarde qui ne passe pas inaperçu, le ministre lance une première pique aux difficultés financières de début d'année, la fameuse "janviose" : "Quand on voit un type qui se prépare pour dire bye-bye à la janviose, on sait". Un message qui, sous ses dehors légers, cache une assurance politique sans faille.


Mais c'est la suite de l'échange qui révèle toute l'ambition du personnage. Interrogé par un internaute sur sa présence future à la "mangeoire" gouvernementale – terme populaire désignant les postes ministériels –, la réponse de Jean de Dieu Momo fuse, tranchante et sans ambiguïté : "Non, début d'un nouveau bail de 7 ans".

Cette déclaration audacieuse s'appuie sur l'engagement du ministre durant la campagne présidentielle d'octobre 2025. Leader du G20, plateforme politique de soutien au régime, Momo estime avoir pleinement rempli sa part du contrat politique avec le président Biya. Fidèle à sa verve proverbiale, il rappelle qu'un oiseau qui a chanté tout l'été ne craint pas l'hiver.

La posture de Jean de Dieu Momo soulève pourtant des questions au regard des résultats électoraux dans sa région d'origine. Malgré l'échec relatif du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) dans son propre village au sein de la Menoua lors du dernier scrutin, l'avocat-ministre mise tout sur sa fidélité au Palais de l'Unité.

Cette stratégie s'inscrit dans une tradition bien établie de la sociologie politique camerounaise : le décret présidentiel reste le seul maître du temps. En science politique locale, la loyauté envers le chef de l'État prime souvent sur la performance électorale ou la popularité sur le terrain.

L'assurance affichée par Jean de Dieu Momo pose la question des critères réels de sélection pour le futur gouvernement. Si la fidélité au régime constitue manifestement un atout majeur, elle ne garantit pas automatiquement le maintien au sein de l'exécutif dans un système où le président détient seul le pouvoir de nomination et de révocation.

Une enquête administrative devrait prochainement éclairer les critères de composition de la future équipe ministérielle. Toutefois, à l'heure actuelle, aucun calendrier officiel n'a été communiqué concernant la lecture du décret tant attendu par l'ensemble de la classe politique camerounaise.

Les déclarations tonitruantes de Jean de Dieu Momo peuvent s'interpréter de plusieurs manières. Elles reflètent soit une information privilégiée sur les intentions présidentielles, soit une stratégie de communication visant à créer une prophétie autoréalisatrice. En affichant publiquement sa certitude d'être reconduit, le ministre tente peut-être d'influencer la décision finale ou, à tout le moins, de marquer les esprits.

Ce qui est certain, c'est que cette posture tranche avec la discrétion habituelle des membres du gouvernement en période de remaniement. Là où d'autres multiplient les déclarations d'humilité et de disponibilité à servir "là où le chef de l'État jugera utile", Momo revendique ouvertement son maintien et défie ses détracteurs.

Dans les prochains jours ou semaines, seul le décret présidentiel viendra confirmer ou infirmer cette audacieuse prédiction. En attendant, Jean de Dieu Momo continue de narguer l'incertitude avec une assurance qui ne laisse personne indifférent dans les cercles du pouvoir camerounais.