Actualités of Friday, 23 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Humiliation: Guibaï Gatama se moque de Samuel Eto'o

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L'arroseur arrosé. Après la suspension de Samuel Eto'o par la Confédération africaine de football (CAF), Guibaï Gatama, ancien membre de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), n'a pas manqué de saisir l'occasion pour rappeler au président de l'instance ses propres pratiques controversées en matière de sanctions disciplinaires.


Dans une publication acerbe sur sa page Facebook ce weekend, le journaliste camerounais et acteur du football national ironise sur la situation du président de la Fecafoot, qui réclame désormais de la CAF la notification des motifs de sa suspension. "De grâce, que la Fecafoot évite surtout de convoquer l'argument de l'honneur dans sa plaidoirie. Ce serait, pour le moins, l'hôpital qui se moque de la charité", écrit Gatama.


Pour l'ancien membre de la Fecafoot, cette exigence de transparence procédurale contraste fortement avec les méthodes employées par Samuel Eto'o depuis son arrivée à la tête de l'instance en 2021, qui consistent selon lui à "suspendre sans notifier les intéressés des motifs".


Guibaï Gatama s'appuie sur sa propre expérience pour étayer ses accusations. "Voici donc la Fecafoot devant la CAF, exactement comme je le fus au cours de la précédente mandature d'Eto'o (2021-2025) face à la Fecafoot", explique-t-il.
Le journaliste révèle avoir été condamné à dix ans de suspension, deux fois, par une commission de la Fecafoot, et affirme avoir appris ces sanctions par les réseaux sociaux. "À ce jour, malgré toutes mes relances auprès de la Fédération, je ne suis toujours pas entré en possession des décisions motivées me permettant d'exercer mon droit d'appel", dénonce-t-il.

Plus grave encore, Gatama révèle que dans des procédures en cours, notamment l'affaire du match amical Cameroun-Russie, "la Fecafoot qui brandit ma qualité de 'suspendu' pour me faire taire refuse de produire lesdites décisions motivées".
Cette situation prive l'intéressé de son droit élémentaire à faire appel, créant ainsi un vide juridique qui l'empêche de se défendre efficacement.

Le journaliste évoque également les dommages causés à sa réputation : "Quant à mon honneur... n'est-il pas de notoriété publique que j'aurais été suspendu pour dix ans, voire vingt ans, au gré des rumeurs savamment entretenues ?"
Cette remarque souligne un procédé particulièrement contestable : la diffusion publique de sanctions sans que les décisions officielles ne soient jamais communiquées aux intéressés, créant ainsi une condamnation médiatique sans possibilité de défense.

Non sans une certaine ironie, Gatama souhaite "beaucoup de courage à la Fecafoot dans cette épreuve qui met aux prises des complices d'hier à la CAF, des hommes puissants, des intérêts importants comme seul peut en produire le football".
Il ajoute : "N'y voyez surtout pas une querelle autour de la gouvernance du football africain, encore moins une volonté de changer les règles du jeu concernant l'impartialité des arbitres; les amis d'hier savent pourquoi ils se battent et surtout ce que risquent les perdants".

Dans une note plus sombre, Gatama glisse une information troublante : "J'ai entendu dire qu'un Camerounais, nouvellement membre d'une commission importante de la CAF, a été 'neutralisé' avant la fin de la CAN".
Cette affirmation, bien qu'à vérifier, suggère que les tensions entre la Fecafoot et la CAF pourraient avoir des ramifications plus larges qu'il n'y paraît.

À travers cette sortie, Guibaï Gatama met en lumière un paradoxe troublant : Samuel Eto'o, qui exige aujourd'hui de la CAF le respect des procédures et la notification des motifs de sa suspension, aurait lui-même, selon l'ancien membre de la Fecafoot, systématiquement violé ces mêmes principes à l'égard de ceux qu'il suspendait.

Cette intervention publique de Gatama, suspendu pendant 20 mois de toute activité sur la scène footballistique camerounaise, rappelle que les questions de gouvernance et de respect des droits de la défense ne concernent pas seulement les relations entre la Fecafoot et la CAF, mais également celles entre la fédération camerounaise et ses propres membres.