Actualités of Thursday, 22 January 2026

Source: www.camerounweb.com

CONFIDENTIEL: la mission secrète confiée par Paul Biya à Baba Danpullo pour ramener Tchiroma au Cameroun

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Derrière les coulisses du pouvoir camerounais, un nom revient sans cesse : Baba Danpullo. L'homme d'affaires nordiste s'impose comme l'ultime recours du régime Biya pour désamorcer les crises politiques. Révélations sur un médiateur de l'ombre dont l'influence dépasse largement le monde des affaires.


Quand Paul Biya ne parvient pas à convaincre, il envoie Baba Danpullo. C'est devenu une constante dans la gestion des dossiers sensibles au Cameroun. Selon des révélations exclusives de Jeune Afrique publiées ce mercredi 22 janvier, le magnat des affaires camerounais a été mobilisé par la présidence pour tenter de ramener Issa Tchiroma Bakary dans le giron du pouvoir, après l'échec de deux précédentes tentatives de négociation.


Cette mission délicate n'est pas une première pour Danpullo. Jeune Afrique rappelle que c'est déjà lui qui, en 1992, avait ouvert les portes du gouvernement Biya à Tchiroma, malgré la réticence de figures influentes comme Marafa Hamidou Yaya, alors tout-puissant Secrétaire Général de la Présidence. L'homme d'affaires avait alors personnellement présenté Tchiroma au Premier ministre Simon Achidi Achu, forçant ainsi son entrée dans l'appareil d'État.

Selon les sources de Jeune Afrique, la force de Danpullo réside dans sa capacité à tisser des liens aussi bien dans les sphères économiques que politiques. Originaire du Nord-Ouest, il dispose d'une légitimité particulière dans le septentrion camerounais, région stratégique dont est également issu Tchiroma Bakary. Cette proximité géographique et culturelle en fait, aux yeux du régime, un interlocuteur privilégié pour des missions où la diplomatie officielle a échoué.

Jeune Afrique révèle également qu'à l'approche de la présidentielle de 2025, Tchiroma s'était tourné vers Danpullo pour solliciter ses conseils. L'homme d'affaires avait alors tenté de le dissuader d'affronter Paul Biya, l'alertant sur les « risques politiques, sécuritaires et économiques » d'une telle confrontation pour le septentrion et l'équilibre national. Un avertissement prophétique, resté sans effet.

Si Baba Danpullo accepte de jouer ce rôle d'interface entre le pouvoir et l'opposition, c'est aussi parce que ses intérêts économiques sont intimement liés à la stabilité du régime. Patron d'un empire s'étendant de l'agroalimentaire aux télécommunications, il a tout à perdre d'une transition politique brutale.
Selon Jeune Afrique, le scénario actuellement sur la table prévoit une nomination de Tchiroma au poste de Premier ministre dans le cadre d'un gouvernement d'union nationale, assorti de « larges marges de manœuvre ». Mais le leader du FSNC maintient sa fin de non-recevoir, exigeant d'abord la reconnaissance de sa victoire à la présidentielle du 12 octobre 2025.

Pour le régime Biya, l'échec de la médiation Danpullo constituerait un revers majeur. Car après le magnat des affaires, il ne reste plus beaucoup de cartes à jouer pour éviter une rupture définitive avec l'un des opposants les plus déterminés du pays.