Actualités of Tuesday, 20 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Impôt : l'État prévient chaque Camerounais

Loi de finances Loi de finances

Avec la loi des finances 2026, c’est la fin des angles morts fiscaux, écrit l’Indépendant. Le journal, dans sa parution, estime que cette loi s’inscrit comme un moment charnière dans la stratégie fiscale. Lecture !

En actant l’imposition, dès cette année, des influenceurs et créateurs de contenus digitaux, tout en déclenchant une vaste opération de régularisation dans le secteur immobilier informel, le gouvernement traduit une volonté politique claire : adapter l’action publique aux nouvelles dynamiques économiques, élargir l’assiette fiscale, renforcer la justice contributive et réaffirmer l’équité républicaine.

L’intégration des acteurs du numérique dans le champ de l’impôt repose sur un constat désormais difficilement contestable. Les plateformes digitales ont fait émerger des activités génératrices de revenus parfois substantiels, structurées et régulières, mais longtemps restées en marge du système fiscal.

Pour l’État, l’enjeu n’est ni de brider la créativité, ni de pénaliser une économie en pleine expansion, mais de reconnaître ces nouvelles professions comme des activités économiques à part entière, soumises, comme les autres, au principe constitutionnel d’égalité devant l’impôt.

Cette orientation vise également à assainir l’écosystème numérique, à favoriser la formalisation des revenus et à ouvrir la voie, à terme, à une meilleure intégration de ces acteurs dans les dispositifs de protection sociale et de financement. Dans le même esprit, la loi de finances 2026 s’attaque à une autre zone longtemps grise de l’économie nationale : le marché immobilier informel.

En intégrant les promoteurs non déclarés, communément appelés « démarcheurs », dans la catégorie des contribuables assujettis à ta Taxe sur la valeur ajoutée, le gouvernement entend corriger une distorsion structurelle.

Jusqu’ici, ces acteurs évoluaient en marge des règles fiscales, au détriment des promoteurs formels soumis à des obligations strictes. La régularisation annoncée vise donc à rétablir une concurrence loyale, à sécuriser des recettes publiques significatives et à renforcer la gouvernance du secteur foncier et immobilier.

Au‐delà de ces deux mesures phares, la philosophie globale de la réforme est lisible : élargir l’assiette fiscale plutôt que d’alourdir indéfiniment la charge des contribuables déjà identifiés. Dans un contexte marqué par des besoins croissants en infrastructures, en services sociaux et en investissements structurants, l’État camerounais cherche à consolider sa souveraineté budgétaire sans rompre l’équilibre du pacte républicain.

La loi de finances 2026 adresse ainsi un message sans ambiguïté à l’opinion publique : l’économie évolue, la fiscalité doit suivre. Aucun secteur ne peut durablement prospérer en dehors de l’effort collectif. L’impôt, loin d’être un instrument de contrainte aveugle, est présenté comme un levier de solidarité nationale et un marqueur d’appartenance à la communauté républicaine.

La réussite de cette réforme dépendra toutefois de la qualité de sa mise en œuvre, notamment à travers la pédagogie fiscale, l’équité des contrôles et la capacité de l’administration à accompagner les nouveaux contribuables dans cette transition vers la formalité.