Actualités of Tuesday, 20 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Paul Biya dos au mur: Six ministères sans titulaire, l'État en mode dégradé

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Révélations exclusives de Jeune Afrique : Alors que Paul Biya tarde à former son gouvernement, six postes ministériels demeurent vacants, paralysant des secteurs clés de l'administration.


Trois mois après sa réélection contestée, Paul Biya fait face à une situation administrative inédite. Selon des informations exclusives révélées par Jeune Afrique, pas moins de six postes ministériels sont actuellement vacants au sein du gouvernement Dion Ngute, conséquence directe de décès et de démissions non remplacées.


Cette situation exceptionnelle, dévoilée par Jeune Afrique dans son édition du 19 janvier, affecte directement l'efficacité de l'action gouvernementale. Sans titulaires à leur tête, ces ministères fonctionnent au ralenti, portés par des secrétaires généraux qui assurent l'intérim sans avoir le pouvoir décisionnel nécessaire pour engager des réformes ou valider des dossiers stratégiques.
L'hebdomadaire panafricain souligne que cette paralysie partielle survient au pire moment. Le Cameroun doit en effet faire face à un agenda politique et diplomatique particulièrement chargé : l'organisation de la 14e conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) prévue fin mars, la visite du pape Léon XIV en avril, et l'organisation des élections locales annoncées pour mai.

Selon l'analyse de Jeune Afrique, cette "doctrine de l'attentisme et de la froideur" du président Biya atteint désormais ses limites. Le magazine avertit que cette situation "représente un péril pour le président", notamment après la présidentielle du 12 octobre qui a vu les Camerounais "lui adresser un message clair" en plaçant son opposant, Issa Tchiroma Bakary, en position de force.
Le leader du Front national de salut du Cameroun (FNSC) était allé jusqu'à se déclarer vainqueur et réclamer le départ de Paul Biya, témoignant d'une contestation populaire sans précédent. Dans ce contexte explosif, laisser six ministères sans direction apparaît comme une dangereuse prise de risque.


Jeune Afrique rappelle que les attentes des Camerounais "en matière d'infrastructures et de bonne gouvernance sont immenses". Ces thématiques constituaient déjà, selon le magazine, "la trame de l'unique conseil ministériel du mandat précédent", tenu au palais de l'Unité le 16 janvier 2019 sous la présidence de Paul Biya.
Sept ans plus tard, les mêmes problèmes demeurent, aggravés par une économie en berne qui fera l'objet de débats lors du sommet de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac), prévu ce 22 janvier à Brazzaville. Comment relancer cette économie avec un gouvernement amputé d'un sixième de ses effectifs ?

Si le président camerounais n'a toujours pas levé le mystère sur la composition de son futur gouvernement, Jeune Afrique révèle qu'il a néanmoins livré quelques indications sur les profils recherchés. Paul Biya a évoqué le souhait d'allier "jeunesse et expérience" et de "combattre les injustices procédant de l'appartenance à un quelconque groupe ethnique".

Les critères officiels seraient les "qualifications, compétences, probité et engagement au service de l'intérêt général", selon les informations rapportées par Jeune Afrique. Des promesses déjà entendues par le passé, mais qui prennent une résonance particulière dans un contexte de défiance populaire croissante.

Le magazine panafricain note que dans les cabinets ministériels, "chacun s'emploie à évacuer les dossiers les plus sensibles", conscient que le couperet peut tomber à tout moment. Mais cette anticipation a ses limites : comment traiter efficacement des dossiers d'État quand six départements ministériels sont sans capitaine ?

Jeune Afrique constate également que "les activités de l'exécutif n'ont pas encore retrouvé leur vitesse de croisière" en ce début d'année 2026. Une léthargie qui contraste avec l'urgence des défis à relever, qu'il s'agisse de l'apaisement postélectoral après les violences d'octobre ou de la préparation des grands rendez-vous internationaux.

Paul Biya, que Jeune Afrique décrit comme "maître des horloges", semble pour l'instant "indifférent aux sirènes appelant à l'installation d'une nouvelle équipe gouvernementale". Mais combien de temps cette indifférence pourra-t-elle durer sans compromettre gravement le fonctionnement de l'État ? C'est la question qui hante désormais les couloirs du pouvoir à Yaoundé.