Actualités of Friday, 16 January 2026

Source: www.camerounweb.com

CONFIDENTIEL:l es dessous du ralliement de Yerima Dewa, bras droit de Tchiroma à Paul Biya, un scénario orchestré depuis le Palais

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Dans une enquête exclusive, Jeune Afrique révèle comment le pouvoir camerounais aurait instrumentalisé les tensions internes du FSNC pour affaiblir la candidature d'Issa Tchiroma Bakary lors de la présidentielle d'octobre 2025.


Un appel mystérieux, une rencontre au sommet, puis un ralliement spectaculaire. Jeune Afrique lève le voile sur les coulisses du basculement de Yerima Dewa dans le camp du pouvoir, un retournement qui aurait pu changer la donne lors de la présidentielle camerounaise d'octobre 2025.

Jeune Afrique révèle un épisode méconnu qui éclaire d'un jour nouveau la rupture entre Yerima Dewa et Issa Tchiroma Bakary. Alors que l'opposition se structure autour du candidat du FSNC, le puissant maire de Pitoa reçoit un "curieux appel du Palais", selon les termes employés par le magazine panafricain.

"Une dame m'a dit que la présidence voulait me voir", confirme Yerima Dewa dans les colonnes de Jeune Afrique. Cette convocation intervient dans un contexte particulier : quelques mois après avoir été écarté de la vice-présidence du FSNC par Tchiroma Bakary lui-même, et alors que ce dernier prépare dans le plus grand secret sa candidature présidentielle.

L'investigation de Jeune Afrique pose une question cruciale : le pouvoir cherchait-il délibérément à torpiller la candidature de Tchiroma Bakary en s'appuyant sur un de ses ex-lieutenants ? La chronologie des événements suggère une stratégie mûrement réfléchie.

Jeune Afrique dévoile un détail capital qui renforce l'hypothèse d'une manœuvre préméditée. Le dossier de l'All Cameroonian Congress (ACC), le parti de Yerima Dewa, aurait en réalité été déposé "quelques années plus tôt à Ngaoundéré, via son gendre, afin de contourner d'éventuels blocages administratifs", révèle le magazine.

Cette information exclusive suggère que Dewa préparait depuis longtemps sa sortie du FSNC et la création de sa propre formation politique. Une anticipation qui prend tout son sens à la lumière du "curieux appel du Palais". Selon Jeune Afrique, c'est précisément suite à la rencontre avec les émissaires présidentiels que l'ACC est officiellement lancé.

Le timing est révélateur : plutôt que de soutenir son ancien mentor dans la bataille présidentielle, Yerima Dewa choisit d'activer un projet politique dormant au moment stratégique où l'opposition aurait eu besoin d'unité.
Le 24 juillet 2025 : la consécration d'un ralliement stratégique
Jeune Afrique documente avec précision le moment décisif. Le 24 juillet 2025, au Palais de l'Unité, Yerima Dewa conduit une délégation de 26 membres de l'ACC auprès de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence. Il affiche alors publiquement son soutien à Paul Biya, à moins de trois mois de la présidentielle.

Le magazine révèle que ce ralliement s'inscrit dans un schéma plus vaste. Plusieurs cadres du FSNC ont rejoint ou se sont rapprochés du RDPC dans la période précédant le scrutin. Les craintes de Tchiroma Bakary concernant "l'achat par le pouvoir de certains de ses proches" se seraient ainsi matérialisées, confirme Jeune Afrique citant un ancien du FSNC.

Cette stratégie de fragmentation de l'opposition aurait atteint son objectif : affaiblir la dynamique de la candidature Tchiroma et diviser son socle électoral, particulièrement dans le Nord où Yerima Dewa dispose d'une influence considérable comme maire de Pitoa.


Jeune Afrique rapporte les accusations portées par l'entourage de Tchiroma Bakary. Yerima Dewa serait désormais perçu comme "le complice d'un pouvoir" par les partisans de l'opposition. Une image que l'intéressé conteste vigoureusement, expliquant son ralliement par les quatorze mois de silence que lui aurait imposés son ancien mentor.

Mais le magazine soulève une interrogation fondamentale : le ressentiment personnel de Dewa était-il suffisant pour justifier un tel basculement, ou le Palais a-t-il su exploiter habilement les failles internes du FSNC ? Les révélations de Jeune Afrique suggèrent une combinaison des deux facteurs.
L'ancien lieutenant du FSNC, interrogé par le magazine, assume désormais pleinement sa position : "Tchiroma Bakary m'a envoyé Salmana Amadou Ali pour me demander mon soutien. J'ai refusé. Cela faisait quatorze mois qu'il ne m'avait plus adressé la parole."

L'enquête de Jeune Afrique illustre une constante de la politique camerounaise : la capacité du pouvoir à identifier et exploiter les tensions internes de l'opposition. En transformant un conflit de personnes en instrument de division politique, le régime aurait une nouvelle fois démontré sa maîtrise de l'art de la fragmentation.

Pour Tchiroma Bakary, la leçon est amère. Sa stratégie du secret absolu, motivée par la crainte des infiltrations, aurait finalement contribué à aliéner ses plus proches collaborateurs, créant les conditions d'un basculement qu'il redoutait tant. Jeune Afrique révèle qu'au moment de l'annonce de sa candidature, "seules cinq personnes étaient dans la boucle, dont une seule du parti".
Cette méfiance excessive, si elle a peut-être évité certaines fuites, aurait paradoxalement ouvert la porte à une intervention bien plus dommageable du pouvoir dans les rangs de l'opposition.