Actualités of Thursday, 15 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Laurent Esso, Samuel Mvondo Ayolo...Les barons du régime BIYA mobilisés pour la libération d'Amougou Belinga

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Selon des révélations exclusives de Jeune Afrique, plusieurs hauts responsables de l'État camerounais seraient sous pression pour faciliter la libération de Jean-Pierre Amougou Belinga, l'homme d'affaires détenu depuis près de deux ans dans l'affaire de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo.


Dans une lettre adressée aux magistrats de la chambre criminelle de la cour d'appel du Centre et consultée par Jeune Afrique, les avocats de la famille de Martinez Zogo dénoncent des manœuvres orchestrées depuis les plus hautes sphères du pouvoir. Le courrier cite nommément plusieurs figures incontournables du régime camerounais.


Parmi les personnalités mentionnées figure Samuel Mvondo Ayolo, ministre et directeur du cabinet civil de la présidence de la République, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays. Son nom apparaît aux côtés de celui de Laurent Esso, ministre de la Justice et garde des Sceaux, dont le rôle serait déterminant dans l'issue judiciaire de cette affaire.


Le ministre Laurent Esso, figure emblématique de l'appareil judiciaire camerounais depuis des décennies, serait particulièrement sollicité dans ce dossier. Selon les informations révélées par Jeune Afrique, l'homme d'affaires emprisonné compterait sur ses liens avec le ministre de la Justice pour influer sur la décision des magistrats concernant sa demande de mise en liberté provisoire.

Louis Paul Motaze, ministre des Finances, est également cité dans le document consulté par Jeune Afrique. Sa présence dans cette liste suggère l'ampleur du réseau d'influence que Jean-Pierre Amougou Belinga aurait tissé au fil des années avec les barons du régime.

Le nom de Lazare Atou, consultant influent évoluant dans les cercles du pouvoir, apparaît aussi dans le courrier des avocats de la famille Zogo. Selon Jeune Afrique, ces personnalités auraient toutes été présentées comme des "proches" de l'homme d'affaires détenu depuis son incarcération.

"Le chantage fait partie du mode opératoire de Jean-Pierre Amougou Belinga", accuse Me Félicité Esther Zeifman, conseil de la partie civile, dans des propos rapportés par Jeune Afrique. L'avocate dénonce une stratégie visant à mobiliser ces réseaux pour obtenir une décision favorable des juges.

Selon plusieurs sources concordantes citées par Jeune Afrique, Jean-Pierre Amougou Belinga aurait, à plusieurs reprises, laissé entendre qu'il détiendrait des informations sensibles sur des opérations financières impliquant de hautes personnalités de la République. Ces menaces de potentielles révélations seraient destinées à convaincre certains réseaux de militer auprès des juges en faveur de sa libération.

Cette stratégie de pression place les magistrats René Florentin Emgbang Ondoa et Gabriel Pascal Tankoua, chargés d'examiner la deuxième demande de mise en liberté provisoire, dans une position particulièrement délicate. Le courrier des avocats de la famille Zogo, révélé par Jeune Afrique, vise précisément à alerter sur ces manœuvres présumées.

Près de deux ans après l'ouverture du procès, l'affaire Martinez Zogo demeure ainsi un véritable champ de bataille politico-judiciaire, comme le souligne Jeune Afrique dans son enquête. La mobilisation de ces figures de premier plan du régime témoigne des enjeux qui dépassent largement le cadre strictement judiciaire de cette affaire.

Les avocats de la partie civile craignent qu'une décision de remise en liberté ne soit que le résultat de ces pressions exercées depuis les sommets de l'État. Comme le rappelle Jeune Afrique, la pression sur les magistrats est donc maximale dans ce dossier qui continue de secouer le Cameroun.