Selon des sources proches du pouvoir, l'ancien ministre de l'Emploi Issa Tchiroma Bakary aurait engagé des négociations discrètes avec les autorités camerounaises en vue de son retour au pays, après avoir adressé une lettre de vœux 2026 au Chef de l'État, S.E. Paul Biya.
Cette démarche marque un tournant inattendu dans la posture de l'opposant exilé en Gambie depuis fin octobre 2025. En présentant ses vœux au président Paul Biya, qualifié par les activistes proches du pouvoir d'"homme de paix et père de la nation", Issa Tchiroma Bakary semblerait amorcer un rapprochement avec le régime qu'il contestait il y a quelques semaines.
Les tractations, qui se dérouleraient dans la plus grande discrétion, viseraient à permettre à l'ancien ministre de regagner le Cameroun sans faire face aux poursuites liées à la crise post-électorale. Aucune confirmation officielle n'a été apportée par les parties concernées à ce stade.
Ce revirement contraste avec le message de vœux qu'Issa Tchiroma Bakary avait adressé à la nation le 31 décembre 2025, dans lequel il se présentait comme "président élu" et promettait d'être "très bientôt" de retour parmi les Camerounais, tout en évoquant un "plan" en marche pour le "Cameroun de demain".
L'ancien ministre avait quitté le pays fin octobre après avoir contesté les résultats de l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, affirmant avoir remporté le scrutin face à Paul Biya. Les résultats officiels avaient crédité le président sortant de 53 % des voix contre 35 % pour Issa Tchiroma Bakary.
La contestation des résultats avait provoqué des violences dans plusieurs villes camerounaises, faisant des dizaines de morts et entraînant l'arrestation de centaines de personnes. Réfugié en Gambie depuis deux mois, l'opposant y maintient une présence discrète, conformément aux exigences des autorités gambiennes.
Si ces négociations aboutissent, elles pourraient permettre d'apaiser les tensions post-électorales qui persistent dans le pays. Les modalités précises d'un éventuel retour d'Issa Tchiroma Bakary restent pour l'heure inconnues, de même que les garanties qui pourraient lui être accordées par le pouvoir en place.
Les prochains jours devraient apporter des éclaircissements sur l'issue de ces tractations qui, si elles se confirment, constitueraient un dénouement surprenant à la crise politique ouverte par l'élection présidentielle d'octobre 2025.









