Le quart de finale de finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Cameroun (2-0) restera comme l’un des matchs les plus disputés du tournoi. Non seulement pour le résultat, mais surtout pour la désignation tardive, l’impact réel qu’elle a eu sur le déroulement de la rencontre.
Initialement confié à l’Égyptien Amin Mohamed Omar, réputé pour son arbitrage permissif et sa gestion à l’anglaise des duels identiques au football africain, le match a finalement été dirigé par le Mauritanien Dahane Beida, au profil radicalement différent.
Et sur le terrain, la différence a été flagrante. La veille du match, tout laissait penser que les duels physiques allaient être au cœur de la rencontre. Avec Amin Mohamed Omar, le Cameroun pouvait s’attendre à un arbitrage laissant jouer les contacts légers, favorisant l’intensité, l’agressivité maîtrisée et le pressing constant, des éléments clés du jeu des Lions indomptables, mais surtout l’identité du football africain.
Le changement de dernière minute a totalement rebattu les cartes. Dahane Beida a opté pour un arbitrage très strict, multipliant des coups de sifflet et coupant systématiquement le rythme dès le moindre contact. Les duels même équilibrés (50-50) ont souvent été sanctionnés en faveur du Maroc, empêchant le Cameroun d’installer son impact physique habituel.
Le jeu camerounais repose en grande partie sur l’intensité, la pression et la capacité à gagner les duels. Or, dans ce quart de finale, cette intensité a été progressivement neutralisée. Car en dehors de la coupure des contacts, on a senti des décisions penchées à l’avantage du Maroc. Chaque tentative d’imposer un défi physique était stoppée par le sifflet de l’arbitre, forçant les Lions indomptables à jouer avec retenue et frustration.
À l’inverse, le Maroc a su parfaitement s’adapter à cet arbitrage. En cassant le rythme à chaque contact et en obtenant de nombreuses fautes dans les zones clés, les Lions de l’Atlas ont pu contrôler le tempo du match, poser leur jeu et limiter les temps forts camerounais.
Penalty refusé
L’action la plus polémique de la rencontre intervient en seconde période, lorsque Bryan Mbeumo s’écroule dans la surface de réparation marocaine après un contact clair. À la surprise générale, l’arbitre ne désigne pas le point de penalty et, fait encore troublant, ne sollicite même pas la VAR. Lorsqu’on revoit les images, le penalty est évident. Dans un match à ce niveau, où la moindre décision peut faire basculer la rencontre, cette absence de recours à l’assistance vidéo fait transparaître une lumière crue sur un arbitrage partial.
A un but à zéro à ce moment-là, un penalty aurait pu totalement relancer le Cameroun et changer la dynamique du match. Au lieu de cela, le Maroc a conservé son avantage psychologique et tactique. Loin de méconnaître les qualités du Maroc, solide, réaliste et efficace, il est difficile d’ignorer que le profil de l’arbitre a clairement favorisé le jeu marocain au détriment de celui du Cameroun.
Là où un arbitrage permissif aurait équilibré les débats, l’arbitrage très strict de Dahane Beida a constamment bridé l’intensité camerounaise. Le contraste est saisissant avec ce qui avait été annoncé initialement. En changeant l’arbitre à la dernière minute, la CAF a profondément modifié les conditions du match, influençant indirectement son issue. Battus 2-0, les Lions indomptables quittent la CAN 2025 avec de nombreux regrets. Au-delà du score, c’est surtout le sentiment d’un match déséquilibré par des choix arbitraux qui prédomine.
Cette rencontre relance une fois de plus le débat sur la transparence dans la désignation des arbitres en Afrique et l’impact réel des décisions prises dans les matchs à élimination directe. Dans un quart de finale aussi tendu, chaque détail compte et cette fois, le détail majeur n’était peut-être pas sur la pelouse, mais bien dans le sifflet.









