Des vidéos montrant des membres du gouvernement camerounais dans des postures jugées humiliantes face à Brenda Biya suscitent l'indignation sur les réseaux sociaux. Pour Dr Modestine Carole Tchatchouang Yonzou, ces images illustrent une dérive inquiétante dans la gouvernance du pays.
Le Cameroun n'en finit plus de sombrer dans l'indignité. Alors que le pays peinait encore à digérer les images du président Paul Biya entouré de parapheurs dans un désordre chaotique au début de l'année, de nouvelles scènes viennent ajouter au malaise collectif.
Cette fois, ce sont des vidéos montrant des femmes ministres, directrices générales et autres hautes responsables en train de s'abaisser devant Brenda Biya, la fille du couple présidentiel, qui circulent massivement sur la toile. Les images sont d'une violence symbolique pénible à regarder.
Dans ces séquences, on observe ces "mamans de famille" multiplier les courbettes pour attirer l'attention de la jeune femme. En retour, un mépris glacial, un air de suffisance affligeant. L'asymétrie est brutale, le malaise palpable.
Une autre vidéo montre une ministre courant littéralement derrière Chantal Biya, l'épouse du président, qui l'ignore royalement. "J'ai eu vraiment mal au cœur en imaginant ce que j'aurais ressenti si c'était ma maman qu'on humiliait ainsi en mondovision", confie Dr Tchatchouang Yonzou.
Au-delà des individus, ces scènes résument une situation nationale préoccupante. Comment des responsables censés incarner l'autorité de l'État peuvent-ils se soumettre à de tels rituels d'allégeance ? Où est passée la dignité des fonctions qu'ils occupent ?
"Ces images, si encore besoin l'était, résument la situation du Cameroun", martèle l'auteure. "Nous sommes dans la merde, et le pire, c'est que tout le monde s'en fout."
La normalisation de ces comportements pose une question fondamentale : le Cameroun est-il devenu un pays où l'on a écarté la norme pour normaliser l'écart ?









