Le candidat du parti UNIVERS critique vertement la stratégie de campagne du président sortant et propose un mandat de transition de cinq ans
Face à la presse hier jeudi, le candidat du parti UNIVERS Me Akéré Muna s'en est pris au président sortant Paul Biya. Il a notamment dénoncé son absence de campagne comme un « péril » pour le pays. L'avocat en a profité pour appeler l'opposition à se coaliser, désignant même Maurice Kamto comme « pivot » d'un potentiel rassemblement.
Akéré Muna, l'un des douze candidats à la présidentielle d'octobre, s'est exprimé sur la situation politique du Cameroun avec une fermeté inhabituelle. L'avocat a notamment dénoncé la candidature du président sortant Paul Biya, qu'il a qualifiée de « péril » pour le pays en raison de son « absence manifeste » sur le terrain et de l'absence totale de campagne de sa part.
Lors de cette conférence de presse, le candidat du parti Univers s'est interrogé sur la pertinence démocratique d'un vote pour un dirigeant qui refuse tout contact direct avec ses électeurs. « Le citoyen qui part pour voter, qui sort son bulletin, qui regarde l'urne et le met dedans, sait-il pour qui il vote ? Vote-t-il pour le président Biya qu'il ne voit pas, qui ne lui parle pas et qui n'est pas en campagne ? Cela ne va pas ! Nulle part au monde, nous n'avons vu ça », a déclaré avec vigueur l'ancien bâtonnier de l'ordre des avocats.
Au-delà de ses critiques contre le pouvoir en place, Akéré Muna a réaffirmé son engagement pour la désignation d'un candidat consensuel de l'opposition. Bien qu'il ait concédé que des « attitudes et des comportements » au sein de l'opposition pourraient compromettre cet objectif, il a maintenu qu'un espoir subsiste.
Cet espoir pourrait bien s'incarner en la personne de Maurice Kamto. L'avocat a ainsi invité le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), dont la candidature a été invalidée par les instances électorales, à jouer un rôle central en devenant « le pivot de ce changement qu'il a tant souhaité ». Pour Akéré Muna, un « candidat consensuel » demeure la meilleure chance de l'opposition face au pouvoir établi.
Dans le cadre de sa stratégie politique, Akéré Muna a présenté un programme d'urgence pour le pays, articulé autour d'un « plan de réformes ambitieux » de 100 jours. Sa proposition la plus remarquable concerne la durée de son éventuel mandat : il s'engage à gouverner pendant une période transitoire de cinq ans seulement.
À l'issue de ce mandat, le candidat s'est formellement engagé à organiser de nouvelles élections et à ne pas se présenter à sa succession, une promesse rare dans le paysage politique camerounais. Cette proposition d'autolimitation du pouvoir sera scrutée de près par les autres candidats de l'opposition et l'électorat.
Les déclarations d'Akéré Muna interviennent à un moment crucial de la campagne présidentielle, où l'union de l'opposition semble être perçue comme l'unique voie crédible vers l'alternance politique. Son appel à la coalition autour de Maurice Kamto, malgré l'invalidation de la candidature de ce dernier, témoigne de la complexité des enjeux stratégiques auxquels fait face l'opposition camerounaise.
Cette prise de position pourrait influencer les dynamiques de campagne des semaines à venir et déterminer la capacité de l'opposition à présenter un front uni face au pouvoir en place lors du scrutin d'octobre 2025.