C’est le financement requis par le plan de réponse élaboré par les Nations Unies et leurs partenaires afin de venir en aide à 2,1 millions de personnes vulnérables. L’annonce a été faite par Issa Sanogo, coordonnateur résident des Nations Unies et coordonnateur humanitaire au Cameroun, lors de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, le 19 août.
Les chiffres publiés par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dressent un tableau préoccupant. À la mi-juin, les intempéries avaient déjà laissé 1 224 personnes (153 ménages) sans abri et fait 10 blessés dans le Mayo-Danay, notamment à Guéré et Gobo. Dans cette dernière localité, 448 personnes ont été touchées, 115 abris détruits et 15 blessés enregistrés.
Les dégâts se sont étendus à d’autres départements. Au Mayo-Sava, le centre de santé intégré de Djoundé a été partiellement détruit, limitant l’accès aux soins. Dans le Mayo-Tsanaga, une salle de classe a été endommagée à Zamalva, commune de Mokolo. Fin juin, le bilan s’élevait déjà à plus de 700 ménages affectés, 24 blessés, cinq décès, 780 habitations détruites, 20 salles de classe et un centre de santé endommagés. Des précipitations accompagnées de vents violents font craindre des inondations majeures, potentiellement plus graves encore que celles de 2024.
Criminalité et insécurité persistantes
La situation humanitaire est aggravée par une recrudescence de l’insécurité. En juin, la criminalité locale et les incursions de groupes armés non étatiques (GANE) se sont intensifiées. Ces derniers ont incendié un centre de santé dans le Logone-et-Chari et emporté du matériel médical. Le danger ne s’arrête pas là. Deux enfants ont perdu la vie à la suite de l’explosion de jouets piégés par des grenades. « Cet incident, survenu à proximité d’un camp de forces de défense et de sécurité, illustre les risques croissants liés aux engins explosifs improvisés dans les zones habitées », alerte OCHA.
Au total, au moins 94 incidents sécuritaires ont été enregistrés en juin. Le bilan est lourd : 77 personnes enlevées, 59 tuées et 48 blessées. Cette spirale de violences a entraîné le déplacement interne et transfrontalier de 1 278 ménages, soit 8 543 personnes, principalement à Mokolo (Mayo-Tsanaga), Hilé-Alifa et Blangoua (Logone-etChari).