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Actualités of Thursday, 11 November 2021

Source: www.camerounweb.com

Zoophilie - Homosexualité - Mysticisme: l'enfer vécu par Jeanne-Irène aux côtés de Paul Biya

Paul Biya, le président camerounais et son ex femme Jeanne-Irène Paul Biya, le président camerounais et son ex femme Jeanne-Irène

'Je te dis que je suis menacée; ma vie est en danger, et cela ne te dit rien?'
La rédaction de camerounweb vous propose ce témoignage de Ébalé Angounou sur l'enfer vécu par l'ex première Dame du Cameroun Jeanne-Irène Biya aux côté de son mari avant son assassinat.

C'est une partie d'une série de témoignages sur les grands évènements qui ont marqué le pouvoir de Paul Biya.

Et subitement, coup de théâtre dans Marc 14 au verset 51, il est dit qu'un jeune homme le suivait, n'ayant sur son corps qu'un drap. Les agresseurs de son maître se saisissent de lui. Mais lui, au verset 52, lâche son vêtement et se sauve tout nu. La situation interpelle le lecteur: Après ces élans de tendresse à la Cène, où le disciple que Jésus aimait était tantôt couché sur son sein et tantôt penché sur sa poitrine, qu'est-ce qu'il faisait cette fois nu au Jardin de Gethsémani? Il est vrai que l'auteur du quatrième évangile n'y a pas pensé, mais ne fallait-il pas au préalable que le lecteur sache si celui-ci était déjà nu, avec pour unique vêtement un drap à la cène, lorsqu'il se couchait ou se penchait sur Jésus? Or le jeune homme s'enfuit tout nu. Parce qu'il sait qu'il constituerait la preuve de cette pratique homosexuelle que la loi juive traite d'abomination. Ce genre de faute est sanctionné par une lapidation. Alors le jeune homme a tout intérêt à se sauver pour ne pas compromettre Jésus Christ et lui. Car, ils étaient considérés comme une dangereuse bande se livrant à toutes sortes de pratiques réprouvées par la Thora, loi juive.

Par exemple les invocations, interdites par la loi, Jésus les pratiquait: Il emmène ses apôtres sur la montagne pour invoquer Elie et Moïse. Mais il prend des précautions en allant loin du village et en ordonnant ensuite à ses amis de ne pas révéler ce qu'ils ont vu. Parce que cela aurait pu également leur valoir une lapidation. Et ce disciple que Jésus aimait, qui se retrouva tout nu à ses côtés depuis la cène sans doute, ou alors seulement au jardin, ce qui serait encore plus suspect: Qui l'a castré? Car historiquement, on sait de Jean qu'il n'avait qu'un seul testicule et qu'il est mort très vieux sans avoir jamais eu à se servir de son sexe dans le contexte des rapports sexuels. Il n'a eu ni épouse, ni descendance. Il ne fut même pas circoncis. Tout cela pourquoi?

(Attention, l'auteur n'a fait que présenter les idées, les arguments, et les propos de Biya en toute fidélité. Les développements et commentaires ci-dessus sont réalisés dans le respect de la logique de Paul Biya, et non de l'auteur qui n'est en rien engagé à cela, mais contribue à la compréhension de l'idée de Paul Biya sur la question).

Après ses initiations à la pratique de l’homosexualité, Paul Biya qui en a pris conscience des avantages, va s'y mettre à un rythme vertigineux. Dans son entourage, tout le monde doit y passer. Même les personnes les plus respectables. D'ailleurs, plus on a de l'influence socialement, plus il gagne dans ce lien homosexuel. Il s'y met tant et si bien qu'il finit par délaisser son épouse Jeanne-Irène déjà gravement mais injustement marquée du sceau d'une malédiction qu'elle ne porte pourtant pas. A la réalité, Jeanne-Irène n'est pas stérile; c'est lui, Biya qui a des problèmes de procréation. Mais lorsqu'un couple a ce genre de problème, on indexe immédiatement l'épouse alors que le handicap pourrait bien partir de l'autre.

A Paris, après leur mariage, Jeanne-Irène a fait une fausse couche. Elle en a fait une seconde à Yaoundé en 1962 et a été hospitalisée à l'ancien pavillon Tarnier de l'hôpital central. En fait, son époux était défaillant au plan génital; il avait des insuffisances sur ce plan; il n'était pas incapable d'engrosser une femme, mais ses insuffisances génitales faisaient qu'une grossesse ne puisse pas être normalement constituée. Dès lors, elle était vouée à un relâchement. Dans son cas précis, on parlait d'azoospermie. Cela veut dire que son premier fils officiel n'est qu'un fils supposé. En effet, Franck Biya n'est pas le fruit des œuvres de son père, car il est né à une époque où celui-ci n'était pas pratiquement capable de faire des enfants. Les enfants nés de son second mariage sont les siens propres parce qu'il a eu suffisamment de temps et de moyens pour mener à bien un traitement. On a créé autour de Franck, une pathétique histoire d'amour entre un homme et la nièce de son épouse. Une histoire plutôt tirée par les cheveux.

La mère de Franck est la nièce de Jeanne-Irène. Comme son cousin Motaze Roger, elle s'est mise sous la tutelle de sa tante et de l'époux de celle-ci, pour bénéficier d'un encadrement de choix en vue de poursuivre ses études. Elle est alors élève au lycée technique de Yaoundé. Les bonnes langues disent que Paul Biya aura entretenu avec la nièce de son épouse des relations d'un certain genre, qui auront abouti à la naissance de Franck Biya. Il s'agit là d'un chrétien pur-sang, fils de catéchiste, qui n'est encore ni corrompu par les mœurs des milieux politiques, ni perverti par les mesquineries du pouvoir. C'est encore un haut fonctionnaire de l'État, imbu de son éthique d'ancien séminariste, correct dans la morale, intègre en son âme et conscience, qui ne demande qu'à servir son pays, tout en croyant fermement en Dieu. On sait de lui qu'il est sobre, tempéré, discret. Il n'est noceur ni jouisseur. Au départ c'est un homme rangé qui a tout à fait le sens de la famille. Certes, il cumule aussi des défauts et des imperfections. Mais pas au point de succomber au charme d'une enfant grandissant dans sa maison et placée sous sa tutelle. Lui qui, justement, sevré de la présence d'une progéniture, voulait transférer ses sentiments paternalistes sur les enfants qu'il avait dans la maison.

En réalité, la nièce constate qu'elle est grosse. Elle panique et veut adopter un comportement suicidaire. Sa tante en est informée. Une concertation avec l'époux, et la résolution est bien vite adoptée: Ils prendront cet enfant pour lui éviter d'être un "bâtard". Mais il faudrait aussi lui éviter d'être un fils adoptif, ce qui ne changerait rien alors au premier cas. Fondamentalement, il n'y a pas de problème à ce qu'il reste l'enfant de sa mère car, on ne pourrait jamais le passer pour le fils de Jeanne-Irène dont personne n'aura été témoin de la grossesse. Par contre, il a absolument besoin d'un père, pour ne pas être fils naturel. Paul Biya qui a fortement et désespérément envie d'un enfant accepte de donner son nom à celui qui naîtra, et de le reconnaître. C’est donc ainsi que le fils de la nièce de Jeanne-Irène Biya, fruit inopportun d'une relation sexuelle comme tant d'autres, aura le bonheur d'être reconnu par le mari de la tante de sa mère, pour devenir alors celui qui est aujourd'hui le non moins célèbre Franck Biya.

L'entourage du Président étant devenu essentiellement homosexuel, Jeanne-Irène commence à sentir un fossé se creuser et s'élargir progressivement entre elle et lui. Le chef de l'État ne se gêne d'ailleurs pas pour elle, car il peut aller et venir avec des hommes au Palais comme bon lui semble. Ces partenaires se comptent dans son entourage immédiat essentiellement, et parmi ses collaborateurs et autres hautes personnalités de l'État. Par cette pratique, il est convaincu qu'il développe son énergie psychique, et son champ magnétique. Pour un chef d'État, pense-t-il, cela compte énormément. Et pour que cela rapporte davantage, il faut le faire très souvent, trop souvent. Quitte à mettre son épouse mal à l'aise.

Le Zoophile

Des chefs d'Etat africains, dans le souci de se pérenniser au pouvoir, sont prompts à verser dans les pratiques occultes les plus abjectes et les plus irraisonnables. Pourvu qu'elles puissent leur conférer les pouvoirs surnaturels dont ils ont besoin pour se conforter dans leurs illusions. Cela est du moins propre à une certaine génération de Chefs d'Etats. Ce qui leur importe, ce n'est pas l'avenir de leurs pays, mais le leur propre. Le développement de la nation n'est pas leur souci profond; ils se font plus de souci pour leur fortune personnelle. Ils ne se préoccupent pas de ce que la postérité dira d'eux. C'est la gestion de leurs intérêts immédiats qui leur semble plus importante. Tout projet allant dans le sens de les maintenir le plus longtemps au pouvoir leur est une aubaine, et suscite leur enthousiasme au plus haut point. C'est ainsi que Asso'o Emane, devenu pratiquement le principal homme de main du Président, va lui pêcher une perle rare du côté de la Sanaga. Il s'agit d'un homme qui, dit-on, vit dans le fleuve depuis des dizaines d'années s'il n'en est pas citoyen. L'homme est particulièrement impressionnant avec son crâne nu, son visage imberbe. Il porte un tee-shirt rouge et un pagne noir, marche pieds nus et paraît d'une vigueur d'acier. Malgré ses allures sinistres, il est très propre. Certainement rompu à la vie austère des ascètes, il a l'air rude, méchant et violent. Ne parle pas beaucoup, observe plutôt et écoute. Cet homme va devenir un interlocuteur privilégié de Paul Biya qui, après la première rencontre, va prendre l'habitude de le recevoir en priorité.

Le Président et son visiteur s'enferment alors dans son sanctuaire du Palais, où le second va soumettre le premier à toutes sortes de blindages et d'initiation à la sorcellerie traditionnelle et moderne. Paul Biya découvre alors l'usage des plantes, écorces et racines magiques dont il saura et devra faire usage selon des circonstances. Elles sont des drogues qui favorisent la prémonition, des philtres de santé, ou des forces de protection contre des ennemis visibles et invisibles. Les pouvoirs de clairvoyance, de clair audience, de téléportation, le Président peut les acquérir aussi, très facilement. Le préalable sera d'entretenir des rapports sexuels avec un animal spécialement préparé par le sorcier à cet effet. Dès lors le rite qui suivra permettra au chef de l'Etat de pouvoir entendre tout ce qu'il voudrait entendre, voir ce qu'il voudrait voir, être où il voudrait se retrouver sans avoir à se déplacer ou à se servir de quelque accessoire que ce soit. Le sorcier viendra donc au Palais quelques semaines après avec une jeune chienne, encore pure de tout rapport sexuel. La bête aura d'abord été soumise à une préparation magique. Paul Biya, pendant trois semaines devra personnellement s'occuper d'elle et veiller a ce que personne n'entre en contact avec elle. Pendant 21 jours, jour pour jour, il devra avoir à entretenir un rapport sexuel avec l'animal.

Le manège ne va pas échapper à Jeanne-Irène qui fait chambre à part. L'activité homosexuelle de Biya a valu à celui-ci de s'installer en d'autres appartements du Palais. De même, la chienne qui lui a été proposée fut logée avec tous les honneurs dans une magnifique chambre du Palais. Biya prenait le temps d'aller à elle tous les jours, de demeurer dans cette chambre pendant de bonnes heures, à pratiquer la technique que lui aura enseignée le sorcier en matière de zoophilie. Lorsqu'il doit rejoindre la bête, Paul Biya doit se purifier par un bain, se oindre ensuite de certains aromates, et se vêtir uniquement d'un drap de lin blanc. Il doit y aller pieds nus. L'animal sera sous drogue grâce à l'effet d'une plante qu'on lui aura fait consommer. C'est alors que l'homme procédera par des câlins et autres attouchements sensuels pour mettre la bête en condition, et les deux fusionneront en une seule chair, pour assimiler leurs vibrations. Si bien qu'au terme de cette union, qui aura été plus mystique que physique, Biya aura tiré le meilleur de la bête, en la vidant à chaque fois de son potentiel énergétique, pour se disposer aux pouvoirs de clairvoyance, de clair audience et de téléportation. Après le dernier rapport sexuel avec la bête, elle a été enterrée vivante à Mvomeka'a.

Se sentant humiliée et sauvagement injuriée par une telle situation, Jeanne-Irène, l'épouse du Président décide de réagir. La Bible proscrit les rapports homosexuels; elle le lui a rappelé. Il a juste eu un sourire narquois. Passe encore. Mais l'homme qui couche avec une bête ira-t-il encore coucher avec elle? La situation lui est difficile à accepter. Est-ce là la rançon du pouvoir? Et Ahidjo, était-il aussi versé dans de telles pratiques? Rendait-il à ce point son épouse malheureuse? Paul Biya lui répondra qu'aucun chef d'Etat n'est parfait, et qu'on ne peut faire certaines choses sans faire certaines autres choses. Mais ce langage ne passe pas dans la tête de Jeanne-Irène. L'homme qui couche avec elle, son mari, va-t-il coucher avec une bête? Elle aurait encore accepté d'avoir une femme pour coépouse. Mais une chienne ...!

La présidente décide alors de mettre un terme à cette relation scandaleuse. Elle force une intrusion dans la chambre qu'occupe l'animal, arme au poing. Lève le bras pour l'abattre. Hésite face aux réactions craintives de la bête qui semble avoir perçu le danger. Alors l'épouse malheureuse redéfinit la situation: Et si c'était plutôt un être humain transformé en animal par l'action d'un méchant sortilège? Dans ces milieux de sorcellerie, tout n'est-il pas possible? Et elle prend alors pitié de cette pauvre créature ensorcelée et soumise à l'effet d'un maléfice. Eclate en sanglots sur ce misérable sort d'épouse misérée et sacrifiée qui est désormais le sien. Elle baisse le bras et va se retourner pour sortir de la chambre. Ouvre brusquement la porte, et se heurte à Paul Biya debout, et immobile, étrangement serein.

- Qu'as-tu été faire dans cette chambre? Il ne lui laisse pas le temps de répondre. Deux violents coups d'une matraque de bois projettent la malheureuse épouse sur le sol.

- Ne te mêle plus jamais de mes affaires ... Ne fouine plus jamais dans mes affaires...

Elle est armée. Sait-il seulement qu'elle voudrait l'abattre? Elle souhaiterait le tuer, mais n'a pas le courage de le faire de sang froid. Alors elle éclate simplement en sanglots. Les larmes le plus souvent, restent le seul et unique recours des femmes, face aux comportements ignobles de leurs époux. Ces larmes interviennent pour exprimer indifféremment un constat d'échec, une révolte, une déception, et même encore de l'amour, parfois de l'impuissance face à une situation donnée.

Jeanne-Irène et Paul

Un couple modèle? Au départ, oui. Lorsqu'ils se sont mariés, ils croyaient en l'amour. Ils y croyaient encore lorsqu’ils sont rentrés au pays, sûrs de s'aimer, et de vivre ensemble selon la formule usuelle, "pour le meilleur et pour le pire". Les choses ont basculé quand il a fallu qu'il devienne chef d'Etat. Certes, c'était très beau au départ. Puis, elle a commencé à ressentir comme un relâchement; il n'était plus à elle, il ne lui appartenait plus. Le temps qui passait les détachait graduellement. Elle sentait qu'il ne s'intéressait plus à elle, comme jadis. Et cela l'inquiétait. Jusqu'au jour où les choses finirent par se préciser, après le putsch manqué. Les pratiques magiques et la sorcellerie les éloignaient davantage l'un de l'autre, physiquement et moralement. Au point de ne même plus pouvoir s'adresser la parole des journées entières, et de faire des efforts pour éviter de se rencontrer. Considérant cette atmosphère, elle lui demanda à plusieurs reprises qu'ils aient une causerie sérieuse, mais il a toujours pu trouver une porte de sortie, en évoquant "ses lourdes responsabilités", lesquelles ne le lui permettaient pas. Si bien qu'elle en est arrivée à envisager une fugue; car il n'est pas facile pour une femme d'accepter d'être trahie par son époux, et qui plus est, avec des hommes, comme s'il avait trouvé en eux mieux que ce qu'elle lui apportait. Plus grave, lorsque sous son nez, l'époux pousse le bouchon jusqu'à la zoophilie. C'est dire qu'il n'a vraiment plus besoin d'elle, au point de lui préférer des animaux.

L'infortunée épouse va alors s'allier à un jeune sous-officier de la marine, en service à la sécurité présidentielle, pour solliciter son aide, et envisager une fugue ensemble. Ce beau marin, quoique plus jeune qu'elle, pourrait bien être son compagnon, une fois parvenus sous d'autres cieux. Certes, si son neveu, Motaze Roger, l'Aide de camp du chef de l'Etat, avait accepté de l'aider à fuir, les choses auraient pu être envisagées avec plus d'optimisme. Mais le capitaine dit avoir juré "honneur et fidélité" à son Président, et ne pourrait le trahir de quelque façon que ce soit. Les préparatifs de la fugue vont bon train, mais c'est sans compter avec la perspicacité des services spécialisés du Palais. Le jeune marin va être subitement détaché de la sécurité présidentielle pour rejoindre son corps d'arme, et aller immédiatement au front, où des manœuvres militaires opposent, en zone frontalière, le Cameroun à un de ses voisins. Jeanne-Irène apprendra bien vite, les jours qui suivront, qu'il est tombé sur le champ de bataille, d'une balle dans le dos.

La malheureuse va alors se désespérer davantage et recourir, une fois de plus, au capitaine Motaze, son neveu. Mais celui-ci n'est pas disposé à entreprendre quoique ce soit pour elle. Elle semble d'ailleurs perdre de vue qu'en cas de fugue de sa part et si la responsabilité de Roger venait à être établie, celui-ci devra en répondre devant le chef de l'Etat. Elle finit par se résoudre à poser clairement le problème à Paul: Il faut qu'ils se séparent. Leur mariage n'est plus qu'une devanture, une carapace vide, un coquillage creux. Tout entre eux ne repose plus que sur la parodie. Lorsqu'elle fait une sortie publique, c'est tout le monde qui l'ovationne. Mais sait-on seulement à quel point elle est malheureuse? Déjà, elle ne sort plus sans lunettes fumées, pour cacher les poches et les cernes qu'elle a sous les yeux, consécutives à ses longues nuits d'insomnie. Lorsqu'il l'épousait, n'était-il pas soucieux de la voir heureuse? Que s'est-il donc passé en lui, pour que déjà, il se réjouisse de la voir souffrir, et jouisse de la rendre malheureuse? Le mieux ne serait-il pas que dans ces conditions, ils se séparent, afin que chacun mène la vie qu'il lui plairait de mener et soit ainsi heureux, sans être une croix pour l'autre?

La logique du Président est simple et compréhensible: Il a envie de rester au pouvoir le plus longtemps possible. Et pour ce faire, la vie qu'il mène le conforte dans son option. Peu lui importe que cela la traumatise car c'est également cela, le prix à payer, pour être l'épouse d'un chef d'Etat. Chaque médaille a son revers. Il est désolé qu'ils en soient là, mais n'y peut rien. Seulement, pendant qu'il se plaît à cette vie, elle en est torturée, plaide-t-elle. Mais Paul est inflexible.

- Alors, je te prie de me laisser aller tenter de refaire mon bonheur ailleurs. Cela m'est encore possible. Ce serait un risque pour lui; bien de choses pourraient être étalées au grand jour, comme cette question sur la "stérilité" de Jeanne-Irène. Si elle venait à concevoir ailleurs, on réalisera que c'est bien lui qui a des problèmes de procréation. Plus grave, ces pratiques occultes et magiques risquent d'être connues du grand public. Il vaut donc mieux la retenir en otage.

Jeanne-Irène décide alors de s'affranchir par elle-même puisqu'elle ne peut compter ni sur son neveu, ni sur personne. D'ailleurs, les dispositions sécuritaires ont été constituées autour d'elle; ses visites sont tenues à l'œil, ses mouvements sont surveillés, ses communications sont sur écoute. Il ne lui reste plus qu'à se débarrasser de son époux de la manière la plus subtile: Il se trouve que chaque semaine, elle lui administre une injection particularisée. Il lui suffira donc juste de lui inoculer "quelque chose" qui ne lui fera pas de cadeau, en sorte qu'à l'effet lent mais irrémédiable de ce produit, il rende l'âme à terme. Mais pour cette injection, elle va attendre en vain, car plusieurs semaines vont passer, avant qu'elle se rende compte que le président se fait désormais injecter par quelqu'un d'autre. Il ne va d'ailleurs pas manquer de lui signifier qu'il a anticipé sur ses intentions. Pour la menacer ensuite: "C'est moi qui vais finalement t'avoir". Des termes qui vont l'effrayer, et l'amener à se replier une fois de plus vers son neveu, le suppliant de l'aider à quitter le pays.

- Je te dis que je suis menacée; ma vie est en danger, et cela ne te dit rien?

- Mère! Je suis un soldat au service de mon Président; je me dois de le protéger, et non de conspirer contre lui ...

- En me sauvant la vie, quelle conspiration fais-tu contre ton Président?

En mai 1989, Paul et Jeanne-Irène effectuent un séjour de deux semaines au pays du Roi Baudoin et de la Reine Fabiola. A son retour, Jeanne-Irène raconte n'avoir jamais été bastonnée de sa vie comme elle le fut à Bruxelles. C'est tout juste si Paul, ayant retrouvé la vigueur de ses 18 ans, ne l'a pas tuée de strangulation. Tout simplement parce qu'elle a décidé de ne pas rentrer au pays. A leur retour, elle avait les yeux cachés sous ses lunettes fumées, question de masquer son désarroi. Et puis, la nouvelle chevalière du Président, acquise à Bruxelles où elle lui a été portée par un magnétiseur qui y aura travaillé trois années durant, est une terrible arme magique qui lui a coûté la somme de 12 millions de F CFA. Il a terrorisé Jeanne-Irène avec les pouvoirs de ce précieux bijou, en sorte qu'elle a compris qu'elle n'avait pas intérêt à forcer une fugue. Il pourrait par exemple la rendre folle de par les vertus de sa chevalière, où qu'elle ait à fuir, à se réfugier. Il pourrait dans un autre cas de figure la foudroyer. A ce sujet, il lui a servi une démonstration de la foudre émanant de ce bijou pour détruire des objets autour d'elle.

Lorsqu'elle tente de se suicider, elle espère tout au moins susciter les émotions d'antan de la part de son époux. Le cercle intime s'est déployé autour d'elle, pour la réconforter. Mais elle n'attendait qu'une personne, son Président d'époux, qui s'est fait obstinément absent. A la limite, il s'est tenu à la porte, pour oser un regard furtif sur elle, et disparaître les secondes d'après. Elle sera évacuée en Europe pour un contrôle. Bien peu de personnes surent qu'il s'était agi d'une tentative de suicide.

Que Dieu vous bénisse!

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