Les montagnes d’ordures sont visibles ; les chaînes de paiement le sont beaucoup moins. L’arrêt annoncé d’un opérateur montre comment un contrat public peut exister sur le papier et cesser de produire le service attendu dans la rue.
Thychlof affirme avoir immobilisé ses engins dans Yaoundé III et Yaoundé VI en raison de factures impayées depuis juillet 2025. L’entreprise dit employer 408 personnes, dont plus d’une centaine de balayeuses, et disposer de matériels lourds affectés à la collecte.
Son marché est présenté à 16,02 milliards de FCFA sur cinq ans. Hysacam aurait obtenu trois autres lots pour 45,76 milliards, portant les contrats de collecte à 61,78 milliards, auxquels s’ajouteraient 3,81 milliards de supervision. Ces valeurs contractuelles ne prouvent ni les montants décaissés ni l’exécution réelle.
C’est précisément ce qui distingue ce nouvel angle du débat déjà connu sur les 61,8 milliards et les dépôts sauvages : un opérateur déclare désormais avoir cessé le service. Les conséquences touchent immédiatement les ménages, les employés, la santé publique et les communes chargées de répondre aux plaintes.
Une sortie durable suppose un état public des factures certifiées, des prestations réalisées, des pénalités éventuelles et du calendrier de reprise. Sanctionner le dépôt sauvage sans assurer une collecte prévisible déplacerait la responsabilité vers l’usager sans réparer le système.









