Au pays, une marche est annoncée. Elle sera dirigée vers l’ambassade de Russie. La raison est avancée, c’est de dénoncer le recrutement des citoyens camerounais dans l’armée russe et le silence très énervant de la Russie. Explication de Boris Bertolt.
Le collectif « Ramenez nos fils et nos frères » annonce une marche pacifique ce jour vers l’ambassade de Russie à Yaoundé. Il réclame des réponses sur le sort des Camerounais recrutés dans l’armée russe, le rapatriement des dépouilles et le démantèlement des filières de recrutement trompeur.
Derrière cette mobilisation, des familles attendent toujours de savoir où se trouvent leurs proches, s’ils sont vivants et comment obtenir leur retour. Créé en août 2026, le collectif demande aux autorités camerounaises et russes de coopérer pour mettre fin aux recrutements qu’il dénonce comme clandestins.
Les chiffres disponibles donnent la mesure de l’inquiétude. Une enquête du collectif d’investigation All Eyes on Wagner, publiée en février 2026, a recensé 335 Camerounais recrutés entre 2023 et mi-2025, dont 94 décédés. Cela représente environ 28 % des Camerounais figurant dans cette liste. Ce pourcentage concerne les personnes identifiées par l’enquête et ne constitue pas un taux de mortalité établi pour l’ensemble des ressortissants engagés.
Le recensement continental portait sur 1 417 combattants originaires de 35 pays africains, dont 316 morts. Dans cette base, le Cameroun arrivait derrière l’Égypte pour le nombre de recrues, mais enregistrait le plus grand nombre de décès. La liste avait été obtenue par l’intermédiaire du programme ukrainien « Je veux vivre » : son origine doit être prise en compte dans l’appréciation de ces données, qui ne constituent pas un décompte exhaustif.
Un autre chiffre relève des échanges diplomatiques : 16 décès de Camerounais engagés aux côtés des forces russes ont été signalés aux autorités camerounaises par une note russe du 5 mars 2026, puis rendue publique en avril. Cette liste ne doit pas être additionnée aux 94 morts recensés par les enquêteurs, faute de pouvoir déterminer les éventuels recoupements.
Les témoignages recueillis décrivent notamment des départs motivés par des promesses d’emplois civils, avant un engagement militaire et un déploiement au front.
Le collectif, dont Paul Silver Yede est le porte-parole, présente sa démarche comme humanitaire, pacifique et non partisane. Ses demandes portent sur l’identification des morts et des disparus, l’information des familles et la prévention de nouveaux départs. Pour les proches, l’urgence reste d’obtenir un bilan nominatif fiable et des réponses individuelles, au-delà des statistiques.









