Actualités of Tuesday, 13 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Vous ne le saviez pas : le gouvernement Dion Ngute détient un triste record

Longévité au pouvoir Longévité au pouvoir

Avec sept années passées à la tête de l’exécutif, le gouvernement conduit par Joseph Dion Ngute détient un record inédit de longévité dans l’histoire politique du Cameroun depuis l’indépendance en 1960. Mais ce record temporel s’accompagne d’un autre, bien plus sombre celui du cumul le plus élevé de scandales financiers, de soupçons de gabegie, d’enrichissement illicite et de mal gouvernance jamais enregistrés sous un même gouvernement.

Au-delà des scandales financiers, le gouvernement Dion Ngute détient un autre record rarement évoqué, mais politiquement lourd de sens : il est celui qui a enregistré le plus grand nombre de décès de ministres en exercice, sans que ces derniers ne soient systématiquement remplacés par des titulaires.

Dans la plupart des cas, ces disparitions ont été suivies de solutions provisoires, avec des intérims prolongés, parfois étendus sur plusieurs années, au détriment de la continuité et de l’efficacité de l’action gouvernementale. À cela s’ajoute un autre fait marquant le nombre élevé de démissions de membres du gouvernement, là encore sans remplacement immédiat, les portefeuilles vacants étant confiés à des ministres déjà en fonction, contraints de cumuler plusieurs départements ministériels.

Cette pratique répétée du cumul de fonctions ministérielles n’est pas anodine. Elle traduit une fragilisation de l’architecture gouvernementale, une surcharge administrative pour certains ministres, une dilution des responsabilités et une perte de lisibilité dans la conduite des politiques publiques.

Un gouvernement durablement gouverné par intérim est, par définition, un gouvernement en suspens, où les décisions structurantes sont souvent retardées, évitées ou affaiblies par l’absence de titulaires pleinement investis et politiquement responsables. Au-delà des chiffres et des chantiers, le sentiment dominant reste celui d’une impunité persistante.

Peu de sanctions visibles, ou alors jamais de sanctions, peu de responsabilités clairement assumées et aucune enquête pour traquer les responsables. La longévité du gouvernement Dion Ngute apparaît alors, pour une frange croissante de l’opinion, non pas comme un signe de stabilité, mais comme le symptôme d’un système qui se protège lui-même.

Dans l’opinion publique, un constat s’impose : jamais un gouvernement n’aura concentré autant de temps, autant de moyens financiers, et autant de controverses sans transformation structurelle à la hauteur des ressources mobilisées.

Source : L'Indépendant n°992