Actualités of Monday, 12 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Vol de carburant : ce qu’on ne dit pas à la population

Affaire de vol de carburant Affaire de vol de carburant

Selon Arsène Ndzana dans les colonnes de l’Indépendant numéro 1072, la crise d’approvisionnement en carburant impliquant la Délégation générale à la sûreté nationale (DGSN) découle d’une alerte lancée le 06 octobre 2026 par le ministre de l’Eau et de l’Energie (Minee), Gaston Eloundou Essomba.

Dans les faits, précise le journal, les volumes consommés par la DGSN ont atteint 22 765 mètres cubes (soit environ 22 765 millions de litres). La facture globale pour ces volumes s’élève à 21 061 896 338 FCFA (au 06 octobre 2026), dont une première opération d’environ 4,9 milliards de FCFA toujours impayée.

Cette surconsommation a totalement vidé les stocks de sécurité de la société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP). Une situation qui expose la société publique à des risques financiers et juridiques majeurs, car ces volumes incluent des parts appartenant à des distributeurs privés qui exigent le remplacement immédiat de leurs stocks.

Cette crise d’approvisionnement liée à la consommation massive et aux impayés de la DGSN a lourdement pesé sur les stocks stratégiques et les équilibres financiers du secteur pétrolier. Les volumes consommés par la police nationale (estimés à plus de 22,7 millions de litres, représentant une facture de plus de 21 milliards de francs CFA) ont fortement entamé les réserves gérées par la SCDP.

Une partie des volumes ponctionnés appartenait à des distributeurs privés qui exigent le remplacement immédiat de leurs produits auprès de la SCDP, exposant les opérateurs et la structure logistique à de graves tensions de trésorerie et à des risques juridiques.

L’asphyxie partielle des stocks a parfois engendré des tensions sur l’approvisionnement des stations-service, favorisant l’émergence ou la recrudescence des files d’attente et d’activités spéculatives sur le marché parallèle. Des mesures judiciaires et administratives ont visé la gestion des soutes de la DGSN, menant à l’interpellation des responsables de responsables impliqués dans les circuits de détournement ou d’alimentation de la contrebande.

L’intensification des descentes sur le terrain par les services compétents (Minee, brigades de contrôle) visent à saisir les stocks vendus illicitement en contenants prohibés et à sceller les stations-service hors-la-loi. Face à l’explosion des coûts d’importation et à la lourdeur des subventions étatiques (qui continuent de peser lourdement sur le déficit public malgré les résistances face aux exigences du FMI), le gouvernement cherche à restructurer les quotas d’importation et à fiabiliser les circuits de distribution pour éviter une rupture généralisée.