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General News of Monday, 28 May 2018

Source: actucameroun.com

Voici pourquoi les prisonniers ne dévraient plus porter des uniformes

Au sein de l’opinion, le débat sur la réinstauration des uniformes enfle. Mais certains considèrent cela comme une atteinte à la dignité du prisonnier.

Selon Me Francis Djonko, avocat, membre de la Commission des droits de l’Homme du Barreau, le port de l’uniforme jette l’opprobre sur le détenu.

« Le détenu, à l’exception de la restriction à sa liberté d’aller et de venir, conserve tous les droits puisés dans sa qualité de citoyen, qu’il n’a pas perdue du fait de sa condamnation ou de sa détention. Bien plus, la prison qui continue de faire partie du territoire de la République reste soumise à l’Etat de droit et donc au droit commun.

Les instruments internationaux des droits de l’Homme, parmi lesquels la déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, soulignent la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables.

Lesquels constituent le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans toute société. Les personnes détenues ou emprisonnées conservent de ce fait tous leurs droits, sauf ceux dont la perte est une conséquence directe de la privation des libertés. Cette exigence s’applique depuis le jour de l’admission en prison jusqu’à celui de la libération.

Au-delà du fait qu’il contribue à jeter l’opprobre sur le détenu, le port de la tenue peut avoir un effet criminogène sur le citoyen, en l’installant dans un cycle de délinquance, et déteindre incidemment sur sa capacité de resocialisation.

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L’uniforme du détenu ou du condamné opère alors un transfert sur sa personne de sa faute de manière ostentatoire, en le présentant de manière irréversible aux yeux de public comme un délinquant, retranché du corps social par un marqueur qui révèlerait alors son infamie.

L’argument très souvent mis en avant de la sécurité pour imposer le port de la tenue aux détenus ne résiste pas non plus à l’avancée des moyens et techniques de contrôle des drogues, armes et autres instruments dangereux susceptibles de mettre en péril la discipline au sein de la prison.

Enfin, le port de la tenue pourrait avoir un effet pervers sur la présomption d’innocence – lequel est au cœur du procès pénal – et dont bénéficie pourtant la personne détenue. Les média et autres nouvelles technologies de communication finiraient de répandre au sein de l’opinion l’image d’un citoyen jugé d’avance. »