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Actualités of Wednesday, 3 November 2021

Source: www.camerounweb.com

Vision4: ce reportage de Raoul Bia sur les gigolo qui suscite une curiosité

Un  gigolo camerounais bien habillé, qui 'mange à la sueur de ses fesses' Un gigolo camerounais bien habillé, qui 'mange à la sueur de ses fesses'

Raoul Bia, qui a reçu le titre de Grand reporter après son élément controversé sur le journaliste Rémy Ngono, multiplie désormais ses productions mais se concentre sur les faits de société qui suscitent des curiosités.

Cette fois, il s'interresse aux jeunes hommes qui usent de leur corps pour se remplir les poches auprès des femmes financièrement stables qui sont prêtres à dépenser contre des moments de plaisir.

Raoul Bia fait référence évidemment aux hommes traités de 'Gigolo' qui vivent au dépens des femmes. Il dresse un portrait assez particulier d'eux, leurs carastéristiques. Il a suivi particulièrement un gigolo camerounais bien habillé, qui "mange à la sueur de ses fesses".





Témoignages: le juteux business des gigolos à Yaoundé


Le phénomène connait de plus en plus d'ampleur ces dernières années dans la capitale
Se faire entretenir par des femmes plus âgées est le quotidien atypique de ces hommes dont l’âge oscille entre 20 et 35 ans.

Quartier Olézoa, non loin de l’ambassade de France, à Yaoundé. Il est 6h15 du matin, ce 23 septembre. Les rideaux métalliques des devantures des boutiques du lieu sont encore baissés, sauf un. Celui de ce luxueux snack-bar situé en face de l’école Fustel de Coulanges. En toute quiétude, cinq lève-tôt avalent des boissons alcoolisées en devisant. Tous les sujets y passent. Deux heures plus tard, une voiture de marque Toyota, de couleur grise se gare de l’autre côté de la route.

Un groupe d’hommes sort du véhicule. Parmi eux, celui que nous appellerons Brad. Un bel étalon comme l’on n’en voit que peu dans nos rues. Du haut de ses 1m75, le jeune homme impose le respect. Ses triceps saillants et abdos galbés lui donnent un charisme indiscret. Vêtu d’un jean bleu assorti d’une chemise blanche et d’une bottine en Dain noir aux pieds, Brad fait tourner les têtes et passionne les foules.

Des passants sont sous son charme. Ses yeux de braise feraient fondre le cœur de n’importe quelle fille. D’une démarche assurée, le jeune homme s’avance et s’installe sur une table au côté du reporter de votre journal. Une fois les civilités d’usages échangées, c’est un silence de cimetière sur la table. Seule la note d’une musique douce jouée en fond sonore rompt le calme. Brad a le regard baladeur. On dirait qu’il attend quelqu’un. Il observe avec beaucoup d’intérêt les entrées et sorties, des femmes venues laisser leurs enfants à l’école, ce mercredi 13 septembre.


Escort boy



Après plus d’une heure d’attente, une ressortissante occidentale, la soixantaine bien sonnée fait son apparition. Une brune aux cheveux châtains et aux yeux bleus. Malgré son âge avancé, la dame a des allures de mannequin... Le combi-short moulant au col tombant qu’elle arbore présente une poitrine généreuse, mais aux articulations flasques et asséchées par le poids de l’âge. Elle attire très vite l’attention du jeune homme. «Vous êtes tellement chargée, je peux vous aider ?» lance Brad. «Ah oui, allez-y, merci, c’est gentil », répond celle que nous nommerons Virginie. Après quelques minutes d’échanges, Brad va obtenir le numéro de la jolie brune.

De retour sur la table, un fin sourire en coin, Brad ne boude pas son plaisir à vanter son exploit. Il est satisfait de ce qui vient de lui arriver. «Ma chérie, aucune femme ne me résiste. Tu me plais et tu es belle comme femme, mais ta beauté ne peut guère me suffire. Je cherche des femmes friquées pour m’entretenir», déclare Brad. «Ah c’est ça. Ta beauté est un danger, désolé, mais, moi je préfère encore rester célibataire», répond votre reporter avec gêne. Après quoi, nous décidons de plonger dans le quotidien des jeunes hommes gigolos, de «profession».

Ambitieux, c’est l’adjectif qui revient en tête lorsque vous écoutez les déclarations de Brad. «Cette vie demande beaucoup de sacrifices, de virilité, mais surtout, il faut être attentif aux détails», explique Brad, qui plastronne presque. «Il faut savoir tirer profit de ses atouts. Si tu es belle et que cette beauté peut t’ouvrir des portes, lance-toi. Bref, c’est ma vision de la vie», ajoute-il.

Le phénomène est grandissant à Yaoundé. Et les gigolos se recrutent parmi les jeunes dont l’âge oscille entre 20 et 35 ans. «J’ai arrêté les études en terminale, je n’ai jamais eu mon baccalauréat. Je suis l’ainé d’une famille de 10 enfants. Mes parents n’ont rien, donc, je me bats», justifie- t-il. Il avouera d’ailleurs plus loin que «le métier» nourrit bien son homme. Après nos échanges, le rendez-vous est pris deux jours plus tard dans un club branché de la ville.

Il est 22h, nous retrouvons le jeune homme et cinq de ses amis dans un night-club huppé de la ville. La file d’attente est longue, à la mention du prénom de notre brave homme à l’entrée, des gros bras vous conduisent tout de suite au salon Vip. Brad est bien introduit dans les milieux nocturnes. C’est d’ailleurs le passetemps favori du jeune homme. Si c’est surtout à ces endroits qu’il peut rester avec ses amis, c’est surtout ici qu’il peut claquer l’argent de ses proies. La nuit avance, et les filles affluent, seules ou en bandes.

Ce qui excite les jeunes hommes qui sont comme au marché. Ils comparent, soupèsent et font leur choix. Sous la lumière rouge-sombre, ces dernières ondulent langoureusement leur corps, en parfait décalage avec le rythme de la voix d’un chanteur qui distribue les dédicaces pour les clients et leurs accompagnatrices. L’alcool coule à flots. Les « cadavres » de bières spéciales restent sur la table pour faciliter le décompte final. Malgré la fête, Brad reste collé à son téléphone portable. Il ne faut surtout pas irriter sa compagne. Cette dernière étant « d’une jalousie maladive », ironise Brad. Entre deux gorgées de whisky, il répond aux messages de cette dernière...



Achat du sexe



Le jeune homme ne se considère pas comme un prostitué. Il aime à se présenter comme un être qui rend la vie plus belle : «un escort de classe». «Toutes les femmes ont besoin d’attention. Qui dit que quand on vieillit on n’a plus rien à offrir ?», ironise le gigolo. Cela fait cinq ans qu’il enchaine les histoires d’amour. Ses conquêtes, des femmes actives ayant des postes à responsabilité et délaissées par leurs maris ou des vacancières. Il vit entièrement de ses services sexuels.

«Aujourd’hui, je côtoie trois femmes. Elles me le rendent bien. J’effectue même des voyages à l’extérieur. Comme pour dire qu’être un homme, un vrai a ses avantages», soutient Brad, tout sourire. Pour les touristes, le contrat tacite qui lie les deux êtres prend régulièrement fin, en fin de vacances...

Certaines des femmes qui fréquentent des gigolos acceptent de se dévoiler et la plupart, comme Christine, se sont tournées vers eux pour pallier une détresse sexuelle. Mariée, mère de deux enfants, elle est ingénieure en télécoms et fréquente le gigolo (Brad, Ndlr) depuis quelques mois. Autour d’un café, la jolie quadragénaire décrit un mari en décalage avec ses désirs et sa quête du plaisir qui lui a fait découvrir le jeune homme.

«Quand j’ai rencontré Brad, un jeune de 25 ans, j’avais une demande clairement sexuelle ; je voulais qu’il me coache afin que je découvre mon potentiel. Après la première rencontre, je me suis rendue compte qu’il avait déclenché en moi un brasier interne», admet-elle, sourire au coin des lèvres. Ses étreintes physiques avec le gigolo à l’hôtel lui suffisent. Pas besoin d’officialiser les choses.

Julie, silhouette longiligne, le teint hâlé, elle, est cadre dans une compagnie d’assurance. Elle ne souhaite pas dévoiler son vrai nom ; mais un large sourire illumine son visage lorsqu’elle cite son escort. Elle se confie d’ailleurs librement dans son appartement sur sa relation avec un « gigolo ». «Je n’avais qu’un partenaire et je voulais comparer la manière dont mon conjoint me faisait l’amour. Je peux tout demander à mon gigolo.

Même des trucs tordus », lance-t-elle en riant. Aujourd’hui, l’escort est le seul homme qu’elle fréquente depuis deux ans. Comme un vrai couple, Julie et Thomas se rendent au restaurant, au cinéma, flânent et font l’amour dans des hôtels. «Avec lui c’est un concentré de bons moments. Une sorte de lune de miel chaque jour. Dans un couple, on fait l’amour puis l’instant d’après on doit faire la vaisselle. Cela me fait vraiment pas vibrer», estime la dame. La relation est certes assumée par les deux protagonistes, la famille, elle, n’est pas d’avis. Le couple doit tous les jours lutter pour affirmer son amour et se faire accepter. «Les parents de mon «gigolo » sont des conservateurs.

Après des années de relations, ils ne m’acceptent toujours pas malgré les multiples cadeaux. Mais bon, je vis avec», ajoute-t-elle. Le jeune homme, très épris de sa nouvelle compagne, a d’ailleurs abandonné sa fiancée avec un bébé de trois mois. Une situation qui a suffi aux parents pour tirer un trait sur cette relation jugée incommode. Le phénomène de gigolo prend de l’ampleur.

Pour Henri Tedongmo Teko, sociologue, ce phénomène apparaît comme un renouveau culturel dont la forte vitalité dans la ville de Yaoundé est curieusement proportionnelle à la résurgence du phénomène des jeunes femmes qui se mettent en relation avec des hommes plus âgés.


«Le fait gigolo est la conséquence de l’inertie qui anime la mobilité sociale verticale et qui concentre l’essentiel des capitaux matériels et immatériels d’influences entre les mains des personnes âgées hommes et femmes», ajoute-il. Il touche d’ailleurs toutes les couches sociales, toutes les catégories socioprofessionnelles et tous les environnements sociaux, éclaire le sociologue.


Le phénomène connait de plus en plus d'ampleur ces dernières années dans la capitale
Se faire entretenir par des femmes plus âgées est le quotidien atypique de ces hommes dont l’âge oscille entre 20 et 35 ans.

Quartier Olézoa, non loin de l’ambassade de France, à Yaoundé. Il est 6h15 du matin, ce 23 septembre. Les rideaux métalliques des devantures des boutiques du lieu sont encore baissés, sauf un. Celui de ce luxueux snack-bar situé en face de l’école Fustel de Coulanges. En toute quiétude, cinq lève-tôt avalent des boissons alcoolisées en devisant. Tous les sujets y passent. Deux heures plus tard, une voiture de marque Toyota, de couleur grise se gare de l’autre côté de la route.

Un groupe d’hommes sort du véhicule. Parmi eux, celui que nous appellerons Brad. Un bel étalon comme l’on n’en voit que peu dans nos rues. Du haut de ses 1m75, le jeune homme impose le respect. Ses triceps saillants et abdos galbés lui donnent un charisme indiscret. Vêtu d’un jean bleu assorti d’une chemise blanche et d’une bottine en Dain noir aux pieds, Brad fait tourner les têtes et passionne les foules.

Des passants sont sous son charme. Ses yeux de braise feraient fondre le cœur de n’importe quelle fille. D’une démarche assurée, le jeune homme s’avance et s’installe sur une table au côté du reporter de votre journal. Une fois les civilités d’usages échangées, c’est un silence de cimetière sur la table. Seule la note d’une musique douce jouée en fond sonore rompt le calme. Brad a le regard baladeur. On dirait qu’il attend quelqu’un. Il observe avec beaucoup d’intérêt les entrées et sorties, des femmes venues laisser leurs enfants à l’école, ce mercredi 13 septembre.


Escort boy



Après plus d’une heure d’attente, une ressortissante occidentale, la soixantaine bien sonnée fait son apparition. Une brune aux cheveux châtains et aux yeux bleus. Malgré son âge avancé, la dame a des allures de mannequin... Le combi-short moulant au col tombant qu’elle arbore présente une poitrine généreuse, mais aux articulations flasques et asséchées par le poids de l’âge. Elle attire très vite l’attention du jeune homme. «Vous êtes tellement chargée, je peux vous aider ?» lance Brad. «Ah oui, allez-y, merci, c’est gentil », répond celle que nous nommerons Virginie. Après quelques minutes d’échanges, Brad va obtenir le numéro de la jolie brune.

De retour sur la table, un fin sourire en coin, Brad ne boude pas son plaisir à vanter son exploit. Il est satisfait de ce qui vient de lui arriver. «Ma chérie, aucune femme ne me résiste. Tu me plais et tu es belle comme femme, mais ta beauté ne peut guère me suffire. Je cherche des femmes friquées pour m’entretenir», déclare Brad. «Ah c’est ça. Ta beauté est un danger, désolé, mais, moi je préfère encore rester célibataire», répond votre reporter avec gêne. Après quoi, nous décidons de plonger dans le quotidien des jeunes hommes gigolos, de «profession».

Ambitieux, c’est l’adjectif qui revient en tête lorsque vous écoutez les déclarations de Brad. «Cette vie demande beaucoup de sacrifices, de virilité, mais surtout, il faut être attentif aux détails», explique Brad, qui plastronne presque. «Il faut savoir tirer profit de ses atouts. Si tu es belle et que cette beauté peut t’ouvrir des portes, lance-toi. Bref, c’est ma vision de la vie», ajoute-il.

Le phénomène est grandissant à Yaoundé. Et les gigolos se recrutent parmi les jeunes dont l’âge oscille entre 20 et 35 ans. «J’ai arrêté les études en terminale, je n’ai jamais eu mon baccalauréat. Je suis l’ainé d’une famille de 10 enfants. Mes parents n’ont rien, donc, je me bats», justifie- t-il. Il avouera d’ailleurs plus loin que «le métier» nourrit bien son homme. Après nos échanges, le rendez-vous est pris deux jours plus tard dans un club branché de la ville.

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