Actualités of Thursday, 6 August 2026
Source: www.camerounweb.com
Les murs ont des oreilles. Cette affirmation s'est forgée sa propre légende au fil du temps, au grand dam des hommes et des femmes qui font des choses en cachette, entre quatre murs bien fermés, espérant que cela ne s'ébruite jamais. Didier Badjeck peut être mis parmi ces personnes-là et grande doit être sa surprise aujourd'hui que des pratiques, qui lui sont attribuées par l'ancien responsable de l'armée Effoudou, soient révélées au grand jour.
Le capitaine Effoudou n'est plus à présenter. L'ancien officier et chef du bureau de renseignement de l'état-major de la présidence de la République, s'est exilé en Europe depuis des années maintenant. En fait, il est visé par des poursuites judiciaires.
Pour avoir passé plusieurs années au sein de l'appareil militaire et dans la sphère politique, Effoudou sait beaucoup de choses. Il provoque un énorme scandale politique, avec de graves accusations qu'il a commencé par lancer courant juillet 2026 contre le sommet de l'État.
Par exemple, il est derrière les accusations contre Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la présidence de la République. Depuis l'étranger, l'ex-officier a mis en cause ce collaborateur direct de Paul Biya, l'accusant d'être le véritable commanditaire de l'assassinat de l'homme de média Martinez Zogo. Ce serait également Ngoh Ngoh qui sabote, et ce depuis de longues années, les pistes de résolution de la crise anglophone encore appelée la guerre au Nord-Ouest et au Sud-Ouest (Noso).
Entre autres révélations, Effoudou affirme que des pourparlers de paix avec des leaders séparatistes incarcérés, dont Ayuk Tabe, sont bloqués par l'entourage de la présidence. Celui est présenté par les autorités comme un déserteur visé par un mandat d'arrêt pour des affaires d'escroquerie, n'a pas fait que ses déclarations.
Il a pointé du doigt le Colonel à la retraite, Didier Badjeck, ancien chef de la Division de la communication au ministère de la Défense. Badjeck était un Officier supérieur et analyste des questions sécuritaires et politiques, connu pour ses prises de position médiatiques et ses interventions sur la géopolitique du continent.
Parlant du Colonel Badjeck, Effoudou dit devant la caméra : « Monsieur le Colonel, voulez-vous vraiment que nous sortons les cadavres des placards ? Vu que vous semblez connaître beaucoup de choses, je voudrais vous rafraîchir la mémoire. Au cours de votre passage au ministère de la Défense comme chef de la Division de la communication, vous vous êtes montré comme quelqu'un aux mœurs légères ». Ce n'est pas une petite déclaration.
Il continue en ces termes : « N'oubliez pas qu'au cours de vos responsabilités, vous n'étiez qu'un prédateur sexuel ». Le journaliste, avec qui il s'entretenait, réplique : « Ah ouais ? C’est assez grave cette accusation ».
Oui, répond Effoudou, « en 2017, il y a un fait documenté selon lequel Monsieur Badjeck a agressé dans son bureau une de ses collaboratrices qui, pendant qu'elle se défendait dans ce bureau, a eu à déchirer son uniforme ».
« Vous parlez d'une tentative de viol ? », redemande l'intervieweur pour en être sûr. Confirmation faite à nouveau par Effoudou : « Effectivement et l'intéressée, la dame en question, a eu à porter plainte contre le ministère de la Défense. Donc, voyez-vous, ce n'est pas ce monsieur qui pourrait me donner des leçons. Je n'ai pas de leçon à recevoir de lui. Je n'ai pas de leçon à recevoir de quelqu'un qui agresse les femmes ».
Nous avons mené une petite enquête. Une autre source, préférant garder son anonymat, avoue que les confidences d'Effoudou sont fondées. Elle indique qu'à l'époque, Une caméra de surveillance était placée pas très loin du bureau de Didier Badjeck et avait filmé des mouvements. Elle a pris le son qui sortait de la pièce et pris en images la collaboratrice lorsqu'elle est sortie du bureau, toute furieuse et apeurée.
Jusqu'ici, cette affaire n'avait pas été révélée dans la presse. Si elle est vraie, elle a dû, anormalement, être étouffée vu la personnalité publique et politique qu'elle implique. Ce ne serait malheureusement pas la première fois que l'appareil judiciaire fait l'impasse sur un dossier sensible qui mérite pourtant toute la rigueur du monde.