Le sujet politique majeur qui suscite des débats intenses sous les chaumières au Cameroun reste incontestablement la modification de la loi n°96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972. Cette loi constitutionnelle avait elle-même été modifiée par la loi n°2008/001 du 14 avril 2008.
Ce projet de texte s’inscrit dans le prolongement du discours de prestation de serment prononcé par le président de la République, Paul Biya, le 06 novembre 2025. À cette occasion, le chef de l’État indiquait que : « Nous devrons également soumettre au Parlement certaines réformes permettant un fonctionnement plus efficient de l’État, grâce à une adaptation de nos institutions aux exigences de notre environnement ».
C’est dans ce contexte que s’inscrit la réforme proposée, qui vise l’instauration d’un poste de vice-président de la République. Cet aménagement institutionnel majeur rend nécessaire la modification de certaines dispositions de la Constitution afin de préciser le statut, les conditions d’entrée en fonction ainsi que les modalités de suppléance du vice-président.
Dans cette perspective, plusieurs dispositions de la Constitution sont concernées, notamment les articles 5, 6, 7, 10, 53 et 66. Les principaux éléments de la réforme proposée ont trait, entre autres, à la nomination du vice-président.
En effet, un vice-président peut être nommé par le président de la République, qui peut également mettre fin à ses fonctions. Le vice-président exerce les attributions qui lui sont confiées par le président de la République dans le cadre d’une délégation expresse. Contrairement au dispositif actuel qui encadre l’intérim assuré par le président du Sénat, le vice-président, une fois le mandat achevé, est autorisé à se porter candidat à l’élection présidentielle.
Quant à la durée des fonctions du vice-président, elle ne peut excéder celle du mandat du président de la République. En cas de vacance du pouvoir, le vice-président achève le mandat du président de la République, après prestation de serment dans les mêmes formes et conditions.
Dans ce cas, le vice-président devenu président nomme à son tour un vice-président pour l’assister dans l’exercice de ses fonctions. En cas d’empêchement du vice-président ou si le poste n’est pas pourvu, une élection présidentielle est organisée. Pendant cette période, l’intérim est assuré de plein droit par le président du Sénat. Sur le régime juridique du vice-président, l’on apprend que le vice-président est soumis au même régime d’incompatibilités que le président de la République.
Il est également justiciable de la Haute cour de Justice et tenu à la déclaration de ses biens et avoirs. S’agissant du statut et avantages du vice-président, le projet de loi adopté mentionne que le régime des immunités, privilèges, avantages et autres éléments de traitement du vice-président seront fixés ultérieurement par une loi spécifique.
L’Indépendant n°1017 du 6 avril 2026









