Le président du mouvement Jouvence, Valère Bessala, a vivement critiqué la gestion des investissements publics au Cameroun lors de son passage dans l’émission Libre Expression sur InfoTV, consacrée à la Ligne 94.
C’était ce dimanche, dans l’émission Libre Expression sur InfoTV. Réagissant au thème du débat consacré à la ligne 94, Valère Bessala a provoqué une interruption du signal d’InfoTV. Pendant près de dix minutes, le signal de la chaîne a été coupé alors que l’invité poursuivait son intervention. Et pour cause, selon lui, l’image du « saint des saints », la coqueluche des médias, des hommes d’affaires et des politiciens, était mise à mal.
Selon le président du mouvement Jouvence, le problème des lignes 94 est si grave qu’il mérite une attention particulière de la part des Camerounais.
Au cours de son intervention, il a expliqué qu’en 2007, alors qu’il venait d’être nommé à la tête du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT), l’actuel ministre des Finances aurait présenté, à son oncle, le président de la République, le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), avec la promesse de faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035. Valère Bessala a comparé cette démarche à celle des « feymen », selon ses propres termes.
Malheureusement, précise-t-il, à neuf ans de l’échéance de 2035, aucun des projets lancés il y a plus de quinze ans ne serait opérationnel de manière optimale.
Le président du mouvement Jouvence s’est également attaqué à la relation entre Louis Paul Motaze et Jean Sylvain Mvondo, directeur de la Programmation des investissements publics (DPIP) au MINEPAT.
Selon ses déclarations, Jean Sylvain Mvondo serait devenu un acteur central de la programmation des investissements publics, au point de limiter la marge de manœuvre des ministres qui se sont succédé à la tête du MINEPAT, notamment Emmanuel Nganou Djoumessi et Alamine Ousmane Mey. Il affirme que ce responsable, présenté comme un proche du ministre des Finances, occupe ce poste depuis près de dix-huit ans.
Louis Paul Motaze, quant à lui, a piloté de grands projets depuis le secrétariat général des services du Premier ministre, alors que Jean Sylvain Mvondo conservait ses fonctions. En 2015, Louis Paul Motaze est retourné au MINEPAT avant d’être nommé, par la suite, ministre des Finances.
C’est dans ce contexte que Valère Bessala dénonçait ce qu’il considère comme la responsabilité de ces deux personnalités, le ministre des Finances et son allié Jean Sylvain Mvondo, dans de présumés crimes économiques liés à la gestion des investissements publics. C’est alors que, selon le récit de cette intervention, le signal d’InfoTV aurait été interrompu.
Depuis le décès de Christian Penda Ekoka, Valère Bessala semble être l’une des personnalités politiques qui mettent publiquement en cause la responsabilité du ministre des Finances dans la gestion des ressources publiques, notamment autour des lignes 94. Un sujet sensible, alors que la distribution de ces ressources suscite des interrogations et des critiques.
Albin Michel Njilo









